Antonio Guterres menace d’inscrire des extrémistes juifs sur une liste noire
Le secrétaire-général de l'ONU a dénoncé "de graves violations à l'encontre des enfants palestiniens" ; Gideon Saar a annoncé la rupture des liens avec Kaja Kallas, qui a évoqué un "apartheid" israélien
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Le secrétaire général des Nations unies, Antonio Guterres, a averti mercredi que des groupes de résidents d’implantations pourraient être inscrits sur une liste noire mondiale pour leurs violations commises à l’encontre d’enfants. Il s’est dit alarmé face à l’augmentation « stupéfiante » des abus dont sont victimes les enfants palestiniens.
Le rapport annuel de l’Organisation mondiale sur « Les enfants et les conflits armés » (CAAC) a recensé 38 558 « violations graves » à l’échelle mondiale en 2025, des violations qui ont touché 24 174 enfants – ce dernier chiffre constituant un record depuis le début du mandat du CAAC, en 1996.
Les données indiquent que 14 224 enfants ont été tués ou mutilés, le nombre de morts ayant augmenté de 34 % par rapport à 2024 pour atteindre 6 266. Le rapport a précisé que les Nations unies ont pu vérifier le décès de 2 668 enfants palestiniens à Gaza et de 57 jeunes palestiniens en Cisjordanie.
La guerre à Gaza avait commencé le 7 octobre 2023, quand des terroristes placés sous la direction du Hamas avaient pris d’assaut le sud d’Israël, massacrant plus de 1 200 personnes – des civils en majorité -, dans le cadre d’attaques systématiques qui avaient pris pour cible des familles dans leurs habitations et les jeunes qui étaient venus faire la fête dans une rave. Israël avait riposté en lançant une campagne militaire de grande envergure qui a depuis entraîné la mort de dizaines de milliers de Gazaouis.
Jérusalem affirme avoir pris pour cible des terroristes du Hamas, qui se cachent parmi les civils et qui sont parfois eux-mêmes des mineurs.
« Les pays qui ont enregistré les niveaux de violations les plus élevés en 2025 ont été les Territoires palestiniens occupés, Israël, la République démocratique du Congo, le Nigeria, le Myanmar et la Somalie », a commenté un haut responsable de l’ONU lors d’une conférence de presse consacrée au rapport.
Les groupes du mouvement pro-implantations dans le collimateur
Israël figure déjà dans les annexes du rapport – des annexes surnommées la « liste de la honte » – pour des violations présumées, mais la dernière version, pour la toute première fois, a mis en avant les partisans du mouvement pro-implantations, susceptibles dorénavant d’intégrer, eux aussi, cette liste noire.
« Je suis consterné par l’ampleur des violations graves qui sont commises à l’encontre des enfants dans les territoires palestiniens occupés et en Israël, avec notamment l’utilisation généralisée d’armes explosives dans des zones peuplées », dit Guterres dans le rapport.
« Je suis profondément alarmé par l’augmentation vertigineuse des attaques menées par des colons israéliens, qui entraînent de graves violations à l’encontre des enfants palestiniens », ajoute-t-il.
Il annonce également, dans le rapport, que les groupes d’extrémistes juifs devront être inscrits sur la liste si le nombre élevé de violations se reproduit en 2026.
Le rapport indique que 9 465 violations graves ont été attribuées aux autorités israéliennes et 326 aux partisans du mouvement pro-implantations.
Les « violations graves » concernent notamment le meurtre et la mutilation d’enfants, le viol et d’autres formes de violence sexuelle, ainsi que les attaques visant des écoles et des hôpitaux.
La mission israélienne auprès de l’ONU n’a pas répondu à une demande de commentaire.
Le Hamas reste sur la liste noire
Le rapport maintient sur la liste noire la branche armée du Hamas et les factions qui lui sont affiliées pour avoir tué et mutilé des enfants, ainsi que pour des enlèvements. Il attribue, plus généralement, 2 806 violations à des groupes armés palestiniens.
Ce nouveau rapport est diffusé quelques semaines après que Guterres a provoqué la colère d’Israël en l’ajoutant à une autre liste noire de l’ONU qui répertorie les pays et les parties qui sont soupçonnés de commettre des violences sexuelles dans les zones de conflit – une décision qui a poussé le ministère des Affaires étrangères à annoncer qu’il romprait tous ses liens avec lui.
Guterres s’est dit alarmé par le nombre élevé d’enfants placés en détention par Israël et par les informations faisant état de violences physiques graves et de mauvaises conditions d’emprisonnement, affirmant que ces dernières « sont susceptibles de constituer des traitements ou des peines inhumains ou dégradants ».
Le fait d’être inscrit sur une liste noire n’entraîne pas automatiquement de sanctions, mais porte atteinte à la réputation et nécessite la négociation de plans d’action pour obtenir le retrait de la liste.
Israël annonce couper les contacts avec Kaja Kallas
De plus, le ministre israélien des Affaires étrangères a annoncé jeudi qu’il coupait tous les contacts avec la cheffe de la diplomatie de l’Union européenne, Kaja Kallas, lui reprochant d’avoir comparé son pays à l’ancien régime raciste sud-africain.
« Récemment, il a été rapporté que lors de sa visite au Mexique, elle avait comparé Israël au régime d’apartheid qui existait en Afrique du Sud », a écrit Gideon Saar sur son compte X.
« En conséquence, en tant que ministre des Affaires étrangères de l’État d’Israël, je n’ai pas d’autre choix que de couper tous les contacts avec Mme Kallas tant qu’elle ne se sera pas rétractée », a-t-il ajouté.
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