Herzog : Israël a « l’obligation morale » de lutter contre la criminalité dans la société arabe
Dans le nord, le président rencontre des maires arabes et des familles endeuillées, alors que grèves, fermetures d’écoles et manifestations se multiplient face aux violences
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En visite dans le nord d’Israël, le président Isaac Herzog a rencontré jeudi des maires arabes et des familles de victimes d’homicides, alors que commerces et écoles ont fermé leurs portes dans plusieurs localités dans le cadre de grèves générales dénonçant la criminalité violente qui frappe la société arabe.
Selon son bureau, le président s’est entretenu avec plus d’une dizaine de maires arabes à Sakhnin, ces derniers jours. Herzog s’est également rendu chez Ali Zbedat, propriétaire d’une chaîne de supermarchés locale. Ce dernier a déclenché une grève générale après avoir dénoncé publiquement les menaces et les tentatives d’extorsion dont il était la cible de la part d’organisations criminelles.
Zbedat a fermé ses enseignes jusqu’à nouvel ordre, une décision rapidement imitée par d’autres entrepreneurs de la ville. Le mouvement a fait tache d’huile, se transformant en une grève générale suivie dans de nombreuses localités arabes à travers le pays.
Le chef de l’État a également rencontré Qasem Awad, le père du pédiatre Abdallah Awad. Ce dernier a été abattu au début de l’année dernière alors qu’il remplaçait un collègue dans une clinique de Kafr Yasif. En présentant ses condoléances, le président a qualifié ce meurtre « d’acte criminel et incompréhensible ».
Jeudi dernier, des dizaines de milliers de personnes ont défilé dans les rues de Sakhnin pour réclamer une action policière d’envergure. Il s’agissait de la plus importante manifestation de ces dernières années contre la hausse vertigineuse des homicides au sein de la communauté.
« La lutte contre la criminalité et la violence dans la société arabe doit figurer au premier rang des priorités nationales et être menée avec la plus grande détermination », a déclaré Herzog. « Il s’agit d’une mission nationale et d’une obligation morale. Nous devons effacer cette tache du visage de la société israélienne. »
S’adressant au président, Qasem Awad a affirmé que le gouvernement avait « l’obligation fondamentale » de protéger ses citoyens arabes.
« Ne nous reléguez pas au second plan. Nous sommes des citoyens respectueux des lois, des personnes qui veulent vivre en paix, dans la dignité et la sécurité », a-t-il déclaré. « Dès lors que le gouvernement décidera que la lutte contre la criminalité est une priorité absolue, il saura également comment s’y prendre. »
Ces déclarations s’inscrivent dans une série de prises de position publiques du président concernant la criminalité violente au sein de la société arabe. Le 7 janvier, suite au meurtre de quatre Arabes israéliens, Herzog avait déjà réuni des représentants des communautés juives et bédouines, affirmant que les citoyens arabes « méritaient de vivre en sécurité au même titre que les citoyens juifs ». Il avait alors qualifié cette vague de violence « d’inégalée » et de « catastrophe nationale ».
S’exprimant lors d’une conférence à Givat Haviva, il avait souligné que la perte de sécurité personnelle était un « défi national à tous les égards », pointant les inégalités sociales comme l’un des principaux moteurs du phénomène.
Depuis la semaine dernière, des manifestations ont lieu quotidiennement dans des localités arabes du nord et du centre d’Israël pour dénoncer la propagation des crimes violents. Mercredi, à Tamra, commerces et écoles ont notamment fermé leurs portes dans le cadre d’une grève locale, après une fusillade survenue à proximité d’une école. Un rassemblement de masse est par ailleurs prévu samedi à Tel Aviv.
Le début de l’année 2026 a déjà été marqué par 20 victimes, après une année 2025 record au cours de laquelle 252 personnes ont été tuées dans des incidents liés à la criminalité. Le taux d’homicides avait auparavant doublé en 2023, coïncidant avec l’entrée en fonction du ministre de la Sécurité nationale, Itamar Ben Gvir.
Lors des récents rassemblements, la colère des manifestants s’est d’ailleurs directement cristallisée contre le ministre. Brandissant des drapeaux noirs, la foule a scandé en arabe : « Ben Gvir, misérable, le sang arabe a un prix ».
la Communauté du Times of Israël !







