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Herzog : Je respecte l’opinion de Trump sur la grâce de Netanyahu, mais Israël est un pays souverain

Le président en route pour NY dit à Politico être "très préoccupé par les déclarations du maire élu Mamdani" et affirme qu'Israël lutte contre une "machine internationale de lavage de cerveau"

Le président Donald Trump (au centre) marche avec le président Isaac Herzog (à gauche) et le Premier ministre Benjamin Netanyahu à l'aéroport Ben Gurion, le 13 octobre 2025, près de Tel-Aviv. (AP/Evan Vucci)
Le président Donald Trump (au centre) marche avec le président Isaac Herzog (à gauche) et le Premier ministre Benjamin Netanyahu à l'aéroport Ben Gurion, le 13 octobre 2025, près de Tel-Aviv. (AP/Evan Vucci)

Dans une interview publiée samedi, le président Isaac Herzog a fait savoir que, s’il respecte l’opinion du président américain Donald Trump selon laquelle il devrait gracier le Premier ministre Benjamin Netanyahu dans son procès pour corruption, Israël est un pays souverain, et la décision d’accorder ou non l’amnistie au Premier ministre sera fondée sur « le bien du peuple israélien ».

« Chacun pourra comprendre qu’une grâce préventive doit être examinée au cas par cas », a déclaré le président au site d’information Politico, s’engageant à « traiter cette question avec le plus grand sérieux ».

« Je respecte l’amitié du président Trump ainsi que son opinion », a-t-il déclaré, faisant référence aux demandes répétées de Trump pour qu’il gracie Netanyahu.

« Pourquoi ? Parce que, comme je le dis à de nombreux Israéliens, il s’agit de ce même président Trump que nous avons supplié de ramener nos otages, et qui a courageusement pris une décision d’une importance considérable pour assurer le retour de nos otages et faire adopter la résolution du Conseil de sécurité des Nations unies. Mais Israël reste un pays souverain, et nous respectons pleinement le système juridique israélien, ainsi que ses exigences. »

« Le bien-être du peuple israélien est ma première, ma deuxième et ma troisième priorité », a ajouté Herzog, dans des propos supplémentaires accordés au site après avoir reçu la demande officielle de grâce du Premier ministre. Celui-ci, s’il a demandé la grâce dimanche dernier, n’a en revanche pas reconnu sa culpabilité.

Netanyahu doit répondre, dans trois affaires distinctes, d’un chef de corruption et de trois chefs de fraude et d’abus de confiance. Les accusations portent sur des allégations de manipulation abusive de la presse et de réception de cadeaux illicites en échange de faveurs gouvernementales.Le Premier ministre réfute toute malversation, faisant valoir que ces accusations avaient été fabriquées de toutes pièces, dans le cadre d’une tentative de coup d’État politique menée par la police et le ministère public.

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu assistant à une audience dans le cadre de son procès pour corruption, au tribunal de Tel Aviv, le 15 octobre 2025. (Crédit : Reuven Kastro/POOL)

Herzog « extrêmement préoccupé » par les déclarations de Mamdani

Cette interview à Politico a été réalisée avant le départ de Herzog pour New York, où la récente élection du socialiste Zohran Mamdani au poste de maire a provoqué une onde de choc au sein des communautés juives et pro-Israël.

Si Mamdani a d’abord refusé de condamner des slogans tels que « mondialiser l’Intifada » ou d’appeler au désarmement du Hamas, il est ensuite revenu sur ses positions suite à un vif tollé, annonçant qu’il « découragerait » désormais l’utilisation de cette expression, et que le Hamas devrait rendre ses armes. Il a déclaré soutenir le droit d’Israël à exister, tout en refusant d’approuver son statut d’État juif, affirmant être opposé à toute « hiérarchie de citoyenneté ».

Mamdani a également juré d’arrêter Netanyahu si le Premier ministre se rendait à New York, invoquant un mandat de la Cour pénale internationale – même si la législation américaine ne lui permet pas de le faire. Aux termes du mandat, Netanyahu est accusé d’avoir supervisé des crimes de guerre à Gaza, des accusations qu’Israël rejette vigoureusement.

« Je suis extrêmement préoccupé par les déclarations du maire élu Mamdani », a confié Herzog à Politico. « Les droits des Juifs, du peuple juif, à l’autodétermination et à l’indépendance, ne dépendent pas de Zohran Mamdani. »

Herzog a rappelé que son père, alors qu’il était envoyé spécial d’Israël à l’ONU, avait déchiré une résolution – annulée depuis – qui déclarait le sionisme comme représentant une forme de racisme. « Il a également évoqué les personnes qui, à travers les âges, ont nié les droits du peuple juif – et qui ont toutes disparu, tout comme leurs opinions », a poursuivi le président.

Lorsqu’on lui a demandé s’il inviterait Mamdani à visiter Israël, Herzog a répondu : « Je pense que le maire élu Mamdani devrait comprendre que dans sa propre ville, très nombreux sont ceux qui ont Israël inscrit dans leur ADN, dans leur amour pour l’Amérique et Israël. Il devrait mieux étudier et mieux comprendre leurs points de vue, et ne pas faire preuve d’une telle aversion et d’une telle haine. »

Le maire élu de New York, Zohran Mamdani, pose pour des photos alors qu’il assiste à un événement de distribution de chocolat chaud à New York, le 4 décembre 2025. (Crédit : CHARLY TRIBALLEAU / AFP)

Le président a de plus critiqué le sentiment anti-Israël croissant aux États-Unis en général, affirmant à Politico : « Cela vient de TikTok, d’un discours extrêmement superficiel sur la situation actuelle, d’images ou de points de vue, sans tenir compte de la situation dans son ensemble. »

Herzog a fait savoir qu’il « respectait le débat » autour de l’effort de guerre d’Israël, ajoutant néanmoins : « Tout ce que je demande, c’est une couverture médiatique équitable. Je ne veux ni fausses informations, ni couverture superficielle. On ne peut pas simplement accepter un message TikTok – qui, on le sait, blâme immédiatement Israël – sans comprendre ce qui se cache derrière. Nous agissons en légitime défense, conformément au droit international, et nous essayons de défendre nos citoyens »

« Des milliards et des dizaines de milliards de dollars sont investis dans cette machine à endoctrinement qui refuse de dire la vérité », a-t-il déploré. « Nous sommes peut-être seuls, mais nous continuerons à dire la vérité : nous n’avons pas cherché cette guerre. Nous ne voulions pas cette guerre. »

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