Islamisme politique en France : un rapport parlementaire alerte sur des « connivences » avec des élus
Après une trentaine d’auditions, une commission d’enquête parlementaire signale, dans un rapport consulté par RTL, que l’islamisme politique constitue une menace « réelle et documentée »
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Après une trentaine d’auditions, la commission d’enquête parlementaire sur les liens entre responsables politiques et organisations diffusant l’idéologie islamiste a rendu un rapport consulté par RTL ce mercredi 17 décembre. Un document qui dresse un constat jugé préoccupant par ses auteurs.
Son rapporteur, Matthieu Bloch, député du groupe UDR, affirme au micro de RTL que « l’islamisme politique n’est pas un fantasme, pas une extrapolation, mais une menace réelle, documentée, visible ». Il souligne également que cette idéologie ne constitue pas un bloc homogène : « L’islamisme politique n’est pas un bloc unique : il est multiple, mouvant, stratifié. Il a un visage légaliste et un visage violent », déclare-t-il à RTL.
Dans ses conclusions, la commission estime que, s’il n’existe pas à ce stade de « liens structurés démontrables » entre partis politiques et mouvements islamistes, « il existe bien des connivences et des proximités affichées entre certains élus » et des individus promouvant cette idéologie. Selon le rapport, ces proximités concernent principalement des élus de La France insoumise (LFI), tout en précisant, comme le rapporte RTL, que « les convergences avec l’islamisme ne se limitent pas à l’extrême gauche » et peuvent ponctuellement toucher d’autres formations politiques.
Le rapport cite notamment la marche contre l’islamophobie de novembre 2019. À cette occasion, Yannick Jadot et François Ruffin avaient appelé à manifester avant de finalement s’abstenir d’y participer, tandis que des élus de LFI, également signataires de l’appel, étaient présents, rappelle RTL.
La commission d’enquête a toutefois été vivement critiquée par la gauche en raison de sa composition, son bureau étant exclusivement composé de députés du centre, de la droite et de l’extrême droite. Une critique que ses membres estiment infondée, affirmant s’appuyer sur des auditions et des éléments factuels.
À l’approche des élections municipales, le rapport évoque également le risque d’une instrumentalisation du vote communautaire. Si la création de listes explicitement communautaires est qualifiée de « phénomène marginal », la commission alerte, selon RTL, sur de possibles « consignes de vote dans les lieux de culte ». Elle estime que « les élections municipales peuvent (…) être l’occasion pour des militants islamistes de faire du vote musulman un enjeu électoral ».
Plus inquiétant encore, le rapport affirme que « dans certaines communes, des militants islamistes semblent avoir infiltré des conseils municipaux et se trouvent en capacité d’influencer la prise de décision municipale ». Les villes de Valenciennes et Douchy-les-Mines, dans le Nord, ainsi que Colombes, dans les Hauts-de-Seine, sont citées à titre d’exemples.
Le document s’inscrit dans un contexte de fortes tensions communautaires depuis le 7 octobre 2023. La commission note, comme le rapporte RTL, que « la composition des manifestations propalestiniennes a évolué », avec l’apparition de nouveaux collectifs issus de la mouvance islamiste, susceptibles, selon elle, de soutenir des modes d’action violents. Cette évolution constituerait un « terreau propice à l’exacerbation de l’antisémitisme et des actes anti-musulmans ».
Cité par RTL, le diplomate François Gouyette estime que « la tragédie du 7-Octobre et celle de Gaza ont radicalisé les positions de part et d’autre ». La Direction du renseignement observe également une hausse durable des actes antisémites, « manifeste immédiatement après le 7 octobre 2023 » et toujours présente aujourd’hui, avec un antisémitisme qui « s’incruste dans le tissu social ».
À l’issue de ses travaux, la commission formule 32 préconisations. Parmi elles figurent le renforcement du contrôle des établissements d’enseignement hors contrat en cas de signalements, ainsi qu’une harmonisation des législations européennes concernant la dissolution des associations menant des actions contraires aux valeurs européennes. Des propositions que les auteurs du rapport estiment nécessaires pour répondre à une menace qu’ils jugent désormais clairement établie.
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