Israël démolit des bâtiments dans un hameau palestinien ciblé par des résidents d’implantations
Selon un habitant, 4 de ses bâtiments à Khallet a-Sidra, hameau bédouin presque abandonné de Cisjordanie, ont été rasés. L'Administration civile affirme qu'ils étaient illégaux.
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Dimanche, l’Administration civile, un service du ministère de la Défense, a démoli quatre bâtiments dans le hameau bédouin palestinien de Khallet a-Sidra, presque totalement abandonné depuis les violentes attaques de résidents d’implantations extrémistes en janvier dernier.
Selon Youssef Zawahreh, un ancien résident de ce hameau, les quatre bâtiments détruits à Khallet a-Sidra, situé juste au nord-est de Jérusalem, lui appartenaient.
« Tous mes bâtiments ont disparu. Le fruit de 20 ans de travail ; toute ma vie était là, il ne me reste plus rien », a déclaré Zawahreh au Times of Israel par téléphone.
L’Administration civile a confirmé qu’une opération d’« application de la loi » avait été menée sur ces structures, qu’elle a qualifiées d’illégales.
Zawahreh a expliqué avoir construit ces structures il y a de cela de nombreuses années, estimant que le moment choisi pour la démolition de ses bâtiments était destiné à l’empêcher de revenir vivre à Khallet a-Sidra. Il est le dernier, parmi les anciens habitants du hameau, à tenter d’en préserver l’existence.
Zawahreh et son épouse avaient été violemment battus par des résidents d’implantations en janvier dernier : ils vivent depuis dans des logements de fortune à Mukhmas, à proximité.
Depuis l’attaque du mois de janvier, les 15 familles qui vivaient à Khallet a-Sidra sont parties, suite à quoi Tsahal a mis en place des barrages sur la route menant du hameau à Mukhmas, rendant de facto extrêmement difficile pour les habitants de mener leurs activités quotidiennes s’ils devaient décider de rentrer chez eux.
Tsahal et l’Administration civile ont par ailleurs refusé d’autoriser les habitants à reconstruire les maisons incendiées par les résidents d’implantations.
Selon un récent rapport de l’ONU, plus de 2 200 Palestiniens ont été déplacés cette année en raison des violences des résidents d’implantations ou des restrictions d’accès, et des centaines d’autres l’ont été suite à la démolition de leur maison par les autorités israéliennes.
Quelques jours avant la publication de ce rapport, Amnesty International avait accusé Israël de mener, depuis ces trois dernières années et demie, une campagne de « nettoyage ethnique parrainée par l’État » à l’encontre des communautés bédouines et pastorales palestiniennes de Cisjordanie, de façon à faciliter l’annexion du territoire. Tsahal a rejeté cette accusation.
L’organisation avait cité des chiffres de l’ONU montrant que près de 117 communautés bédouines et pastorales palestiniennes avaient « été confrontées à un déplacement total ou partiel entre janvier 2023 et avril 2026 », soit plus de 5 910 personnes qui, selon Amnesty, l’ont été de force.
Le rapport a fait par ailleurs état d’une hausse impressionnante du nombre de nouvelles implantations autorisées par le gouvernement israélien, sans compter les avant-postes pastoraux illégaux établis par des résidents d’implantations, dans le cadre de ce qu’Amnesty qualifie de mesure destinée à chasser les Palestiniens de leurs terres — en particulier en zone C, là où Israël exerce un contrôle total sur la sécurité et les affaires civiles en vertu des accords d’Oslo, et ce qui constitue près de 60 % de la Cisjordanie.
Des voix critiques accusent le gouvernement et les forces de l’ordre de fermer les yeux sur les attaques violentes et confiscations de terres perpétrées par des résidents d’implantations extrémistes. Ces attaques, qui se produisent presque chaque jour, sont de plus en plus meurtrières, mais les arrestations sont rares et les poursuites plus rares encore.
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