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Israël permet aux forces syriennes d’accéder à Soueïda pour 48 heures ; nouveaux affrontements

Les violences entre Druzes et Bédouins ont repris dans la province du sud-Syrie malgré le cessez-le-feu de jeudi ; Israël envoie de l'aide humanitaire de l'autre côté de la frontière

Des combattants de tribus bédouines se rassemblent près d'un bâtiment en feu dans le village d'al-Mazraa, dans le gouvernorat de Soueïda, dans le sud de la Syrie, alors que les affrontements avec des hommes armés druzes se poursuivent le 18 juillet 2025 (Crédit : Omar Haj Kadour / AFP)
Des combattants de tribus bédouines se rassemblent près d'un bâtiment en feu dans le village d'al-Mazraa, dans le gouvernorat de Soueïda, dans le sud de la Syrie, alors que les affrontements avec des hommes armés druzes se poursuivent le 18 juillet 2025 (Crédit : Omar Haj Kadour / AFP)

Israël a annoncé vendredi qu’il autorisait les forces de sécurité syriennes à accéder au gouvernorat de Soueïda pendant 48 heures, invoquant les troubles en cours dans le sud de la Syrie.

« Au vu de l’instabilité persistante dans le sud-ouest de la Syrie, Israël a convenu de permettre aux forces de sécurité intérieures [syriennes] d’accéder au district de Soueïda pendant les prochaines 48 heures », a déclaré à la presse un responsable qui a préféré rester anonyme.

Des violences meurtrières ont secoué la province de Soueïda depuis dimanche, opposant des combattants druzes et des tribus bédouines sunnites – ensuite rejointes par les forces gouvernementales. Le groupe de surveillance du Réseau syrien pour les droits de l’Homme a indiqué avoir recensé 254 morts en quatre jours de combats, parmi lesquels des personnels médicaux, des femmes et des enfants.

La communauté des Druzes d’Israël a exhorté Jérusalem à intervenir pour protéger ses frères de l’autre côté de la frontière alors que, selon des informations provenant de Soueïda, les forces du régime tuaient des femmes et des garçons, pillaient des maisons et rasaient les visages des religieux druzes. Des vidéos ont également montré des combattants druzes frappant des membres de l’armée gouvernementale capturés, et posant près de leurs corps.

Les troupes syriennes se sont retirées mercredi de Soueïda, après l’annonce d’une trêve. Mais les affrontements ont repris jeudi soir entre les combattants des tribus bédouines et les Druzes, qui font partie d’une minorité religieuse en Syrie, avec des partisans au Liban et en Israël. Dans certaines parties de la province de Soueïda, les affrontements se sont poursuivis vendredi, ont fait savoir les habitants de Soueïda et Ryan Marouf, responsable du média d’information local Sweida24.

À la suite de ces violences, Jérusalem a annoncé qu’elle n’autoriserait pas la présence des forces militaires du régime au sud de Damas. C’est vraisemblablement pour cette raison que le bureau du Premier ministre a évoqué la sécurité « intérieure » dans sa déclaration.

En contradiction apparente avec les commentaires du bureau du Premier ministre, le porte-parole du ministère syrien de l’Intérieur a pour sa part affirmé que les forces gouvernementales ne se préparaient pas à se déployer à Soueïda, a rapporté l’agence de presse officielle. Noureddin al-Baba a démenti un précédent article de Reuters qui citait un responsable des médias du ministère de l’Intérieur. Selon cet article, les forces de sécurité se préparaient à se redéployer dans la région afin de réprimer les nouveaux affrontements entre tribus bédouines et Druzes, ces derniers appartenant à une minorité religieuse en Syrie avec des partisans au Liban et en Israël.

Cette photographie aérienne montre de la fumée s’élevant au-dessus des bâtiments du village d’al-Mazraa, dans le gouvernorat de Soueïda, dans le sud de la Syrie, alors que les affrontements entre combattants des tribus bédouines et hommes armés druzes se poursuivent le 18 juillet 2025 (Crédit : Omar Haj Kadour / AFP)

Cette semaine, face aux affrontements, Israël a lancé des frappes aériennes visant les troupes syriennes à Soueïda et le ministère syrien de la Défense, et touchant un point proche du palais présidentiel à Damas.

Les soldats syriens se sont retirés de Soueïda après l’annonce de la trêve, mais les combats ont repris jeudi soir entre les tribus bédouines et les Druzes.

Vendredi matin, l’armée israélienne a démenti les informations de l’agence de presse officielle syrienne SANA selon lesquelles l’État juif avait mené des frappes supplémentaires près de Soueïda jeudi soir.

Qualifiant les nouveaux dirigeants syriens de djihadistes à peine masqués, Israël, répondant aux appels de la minorité druze d’Israël, a promis de protéger des attaques la communauté druze de la région.

La profonde méfiance de l’État juif à l’égard du nouveau gouvernement syrien dirigé par des islamistes ne semble pas partagée par les États-Unis, qui ont fait savoir qu’ils ne soutenaient pas les récentes frappes israéliennes contre la Syrie.

Les États-Unis ont apporté leur aide afin de parvenir à une trêve entre les forces gouvernementales et les combattants druzes.

Le dirigeant syrien Ahmed al-Sharaa, qui s’est efforcé d’établir des liens plus étroits avec les États-Unis, a accusé Israël d’essayer de fracturer la Syrie. Il a par ailleurs promis de protéger la minorité druze de son pays.

Israël a annoncé vendredi l’envoi d’aide humanitaire dans la province de Soueïda.

Des combattants des tribus bédouines conduisent des motos sur une route du village d’al-Mazraa, dans le gouvernorat de Soueïda, dans le sud de la Syrie, alors que les affrontements avec des hommes armés druzes se poursuivent le 18 juillet 2025 (Crédit : Omar Haj Kadour / AFP)

« Au vu des récentes attaques visant la communauté druze de Soueïda et de la gravité de la situation humanitaire de la région, le ministre des Affaires étrangères Gideon Saar a ordonné l’envoi urgent d’aide humanitaire à la population druze locale », a indiqué le ministère des Affaires étrangères dans un communiqué.

Cet envoi d’une valeur de 2 millions de shekels comprend des colis alimentaires et des fournitures médicales, a précisé le ministère, ajoutant qu’il avait déjà envoyé une aide humanitaire aux Druzes en Syrie au mois de mars.

Dans un communiqué, le chef du Bureau du Haut-Commissariat aux droits de l’homme a exhorté vendredi les autorités intérimaires syriennes à garantir que les responsabilités soient établies et que justice soit faite pour ce qu’il a qualifié d’informations crédibles sur des violations généralisées des droits pendant les combats, notamment des exécutions sommaires et des enlèvements.

Au moins 13 personnes ont été assassinées durant un incident documenté le 15 juillet, lorsque des affiliés des autorités intérimaires ont ouvert le feu sur une famille réunie, a souligné le HCDH. Six hommes ont été sommairement exécutés près de chez eux le même jour.

Vendredi, l’Agence des Nations Unies pour les réfugiés a appelé toutes les parties à ouvrir l’accès à l’aide humanitaire, un accès qui, selon elle, s’est vu entravé par les violences.

Jeudi, le Premier ministre Benjamin Netanyahu a fait valoir qu’Israël continuerait à utiliser des moyens militaires afin de faire respecter ses deux lignes rouges en Syrie : la démilitarisation de la région au sud de Damas, près de la frontière israélienne, et la protection de la minorité druze du pays dans cette zone.

Des combattants de tribus bédouines se rassemblent près de véhicules camouflés le long d’une route, dans le village d’al-Mazraa, menant à la ville à majorité druze de Soueïda, dans le sud de la Syrie, le 18 juillet 2025 (Crédit : Sam Hariri / AFP)

Netanyahu a estimé que le régime de Damas, sous l’autorité de Sharaa, avait franchi ces deux lignes rouges ces derniers jours.

« Il a envoyé une armée au sud de Damas, dans une zone qui devrait être démilitarisée, et il a massacré les Druzes. Israël ne peut en aucun cas accepter cela », a-t-il martelé dans une déclaration filmée.

Le cessez-le-feu annoncé par Sharaa à Soueïda, qui impliquait le retrait des troupes du régime, « a été obtenu par la force. Pas par des demandes ni par des plaidoyers. Par la force », a-t-il ajouté.

« Nous avons agi et nous continuerons d’agir si cela s’avérait nécessaire », a promis Netanyahu.

Israël a attaqué mercredi des infrastructures militaires et des agents du régime syrien, exigeant le retrait des troupes du régime hors de Soueïda, où elles avaient été déployées en raison d’affrontements opposant Druzes et Bédouins. Ces combats auraient initialement éclaté après l’agression, dimanche, d’un primeur druze par des Bédouins armés.

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