Katz : Tsahal restera dans les camps de réfugiés du nord de la Cisjordanie jusqu’à la fin de l’année
« Aujourd'hui, il n'y a plus de terroristes dans les camps », assure le ministre de la Défense ; un Arabe israélien originaire de Nazareth aurait été tué par Tsahal à Jéricho samedi
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Le ministre de la Défense, Israel Katz, a déclaré dimanche que les soldats israéliens resteraient déployées à l’intérieur des camps de réfugiés du nord de la Cisjordanie jusqu’à la fin de l’année au moins et que les militaires israéliens maintiendraient une présence dans les villes palestiniennes les plus densément peuplées pendant plusieurs mois encore.
Par ailleurs, les forces de sécurité israéliennes ont annoncé l’arrestation de trois habitants de Cisjordanie qui préparaient un attentat terroriste de grande ampleur en Israël et contre les forces de sécurité en Cisjordanie.
En janvier, l’armée a lancé dans le nord de la Cisjordanie une offensive contre les terroristes du nom d’« Opération Mur de fer », qui a commencé dans le camp de réfugiés de Jénine, tout près de la ville du même nom, et s’est étendue aux camps de réfugiés de Tulkarem et Nur Shams, situés non loin de la ville de Tulkarem, dans l’ouest de la Cisjordanie.
Cette offensive était une réponse aux pics de violences enregistrés en Cisjordanie depuis le 7 octobre 2023. En effet, depuis le pogrom commis par le Hamas, l’armée a procédé à l’interpellation de 6 000 Palestiniens en Cisjordanie, dont plus de 2 350 affiliés au Hamas.
Selon Katz, les camps de Jénine, Tulkarem et Nur Shams étaient des foyers terroristes financés et armés par l’Iran, pour ouvrir un autre front contre Israël.
Il existe 20 camps de réfugiés en Cisjordanie, tous établis peu après 1948, qui abritent les Palestiniens qui ont fui ou ont été expulsés de ce qui est aujourd’hui l’État d’Israël lors de la guerre d’indépendance. Au fil des ans, ces camps se sont densément peuplés et ont été fermés.
Ces huit derniers mois, a poursuivi Katz, l’armée israélienne a mené une offensive « intense » pour les besoins de laquelle les habitants des camps ont été évacués, des hommes armés ont été tués et des infrastructures utilisées par les groupes terroristes détruites.
« L’armée israélienne restera à l’intérieur des camps jusqu’à la fin de l’année au moins, selon ce que je déciderai », a précisé Katz.
« Aujourd’hui, il n’y a plus de terroristes dans les camps et les alertes terroristes en Judée-Samarie [Cisjordanie] ont chuté de 80 % », a-t-il ajouté.
En mai dernier, l’armée a revendiqué la mort plus de 100 terroristes et l’interpellation de 320 suspects, ainsi que la saisie de 450 armes dans le nord de la Cisjordanie. Depuis, l’armée israélienne n’a pas donné de nouveaux chiffres bien que ses opérations se soient poursuivies.
Le même mois, l’agence des Nations Unies pour les réfugiés palestiniens, l’UNRWA, a déclaré que les opérations de Tsahal avaient eu pour conséquence de déplacer 40 000 habitants de ces camps, réinstallés dans les villages voisins ou les villes de Jénine et Tulkarem.
En juillet, l’UNRWA a déclaré que les déplacements de grande ampleur en Cisjordanie avaient atteint des niveaux historiques depuis la prise de contrôle militaire du territoire palestinien par Israël, il y a près de 60 ans, et que « près de 30 000 Palestiniens demeuraient déplacés contre leur volonté ».
Dans le même temps, les forces de sécurité israéliennes ont émis des ordres de démolition pour près de 1 400 logements dans le nord de la Cisjordanie, a indiqué le porte-parole de l’ONU, qualifiant ces chiffres d’« alarmants ».
Arrestations de personnes soupçonnées de terrorisme
Dimanche toujours, des policiers et des agents du Shin Bet ont procédé à l’arrestation de trois personnes, dont un père et son fils, soupçonnées de projets d’attentats contre des civils et des forces de sécurité israéliennes.
Les suspects – tous placés en détention – prévoyaient de perpétrer un attentat à la bombe à un poste de contrôle du nord de Jérusalem, d’assassiner un présumé pilote de l’armée de l’air israélienne et de tirer sur une boîte de nuit du centre d’Israël, a annoncé la police.
Un policier a déclaré à Ynet que cette enquête était « l’une des plus graves jamais menées par cette unité » et que l’interpellation de ces trois suspects avait permis d’éviter un attentat qui aurait fait de nombreuses victimes.
L’enquête a été ouverte après que le père, qui vivait avec son fils à Kufr Aqab, à Jérusalem-Est, a contacté un policier infiltré pour lui proposer des explosifs destinés à des attentats terroristes.
Père et fils travaillaient comme cuisiniers, respectivement dans un restaurant et une maison de retraite du centre d’Israël, explique Ynet.
Selon le média, le père est un musulman arabe un temps marié à une juive israélienne avec laquelle il a eu un fils, juif de par sa mère. Le couple a fini par divorcer et le fils, actuellement en détention, se serait converti à l’islam après s’être vu refuser de faire son service miniltaire dans les rangs de l’armée israélienne pour une raison qui reste à éclaircir.
Les deux hommes ont été arrêtés par l’unité d’enquêtes et de renseignement de la police de Jérusalem fin juin. Les policiers ont saisi des composants pour bombes, des munitions et des bombes artisanales prêtes à l’emploi lors de perquisitions dans des logements occupés par le père et son fils, a précisé la police.
Le troisième suspect, qui vit à Jérusalem-Est et est âgé d’une vingtaine d’années, est soupçonné d’avoir fabriqué des explosifs avec le père et de les avoir cachés à son domicile. Il aurait lui aussi eu des projets d’attentat contre les forces de sécurité, indiquent les autorités.
Une plainte a été déposée contre les trois hommes, qui seront inculpés d’infractions à la sécurité dans les tout prochains jours, ont annoncé les forces de l’ordre.
Un Arabe israélien tué par l’armée israélienne
En Cisjordanie toujours, un Arabe israélien originaire de Nazareth aurait été tué par les soldats israéliens à Jéricho samedi soir, ont annoncé ce dimanche les médias arabes.
Abdallah Atiyat, 24 ans, rendait visite à sa tante, à Jéricho, ce week-end lorsqu’il a reçu une balle dans la tête lors d’affrontements en marge d’une descente de l’armée israélienne dans le centre-ville de Jéricho, explique la station de radio arabe israélienne Radio Shams.
Lors d’une interview accordée à la chaîne, la mère d’Atiyat, Amina, a déclaré que son fils tentait tant bien que mal de rentrer à Nazareth malgré le bouclage de la zone imposé par la descente de Tsahal. Il aurait été tué en cherchant un taxi pour le reconduire chez lui.
Il a été transporté dans un état critique dans un hôpital de Jéricho, puis à l’hôpital Hadassah de Jérusalem, où il a succombé à ses blessures.
En réponse à une demande du Times of Israel, l’armée israélienne a déclaré que ses soldats opéraient dans le secteur de Jéricho samedi soir lorsqu’Atiyat a été tué.
Au cours de cette opération militaire, les soldats israéliens « ont identifié un suspect en approche représentant une menace. Ils ont tiré sur le suspect et un coup a été attesté : l’incident fait en ce moment-même l’objet d’une enquête », a déclaré un porte-parole.
Les violences en Cisjordanie ont atteint des niveaux des plus élevés depuis le pogrom commis par le Hamas le 7 octobre 2023, qui a déclenché la guerre à Gaza.
Selon le ministère de la Santé de l’Autorité palestinienne, plus de 950 Palestiniens de Cisjordanie ont été tués au cours de cette période. Selon l’armée israélienne, la grande majorité des victimes étaient des hommes armés tués lors de tirs, des émeutiers s’étant affrontés aux soldats ou encore des terroristes.
Lors de cette même période, 53 personnes, dont des membres des forces de sécurité israéliennes, ont été tuées dans des attentats terroristes en Israël et en Cisjordanie. Par ailleurs, huit membres des forces de sécurité ont été tués lors d’affrontements avec des terroristes en Cisjordanie.
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