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Analyse

La chaleur des liens entre Trump et Sharaa met Israël au pied du mur face à la Syrie

Poussée à conclure un accord avec l'ancien chef djihadiste syrien, Jérusalem, méfiante, cherche à sécuriser sa frontière, à protéger les Druzes et à contenir la Turquie

Le président américain Donald Trump, à droite, s’entretient avec le président syrien Ahmad al-Sharaa, à la Maison Blanche à Washington, le 10 novembre 2025. (Crédit : Service de presse de la présidence syrienne/AP)
Le président américain Donald Trump, à droite, s’entretient avec le président syrien Ahmad al-Sharaa, à la Maison Blanche à Washington, le 10 novembre 2025. (Crédit : Service de presse de la présidence syrienne/AP)

Le président syrien Ahmed al-Sharaa aime agir rapidement.

Il y a onze mois, ses forces avaient précipitamment pris d’assaut Damas pour y renverser le dictateur syrien de longue date Bachar al-Assad – déclenchant l’ascension vertigineuse de cet ancien chef de guerre djihadiste devenu soudainement un homme d’État respectable et respecté par ses pairs. En l’espace de quelques semaines, Washington avait supprimé la mise à prix de 10 millions de dollars de cet ancien commandant d’Al-Qaïda et la semaine dernière, Sharaa est devenu le tout premier chef d’État syrien à être reçu par un président américain dans le Bureau ovale.

Pour beaucoup, cette scène a été un spectacle curieux – mais pour Israël, cette rencontre a été une nouvelle preuve des implications importantes que peut avoir l’ascension de Sharaa en matière de sécurité nationale. Jérusalem doit relever le défi de redéfinir son approche face à une Syrie en pleine mutation, tout en préservant ses propres intérêts vis-à-vis de son voisin du nord.

Pour l’État juif placé sous la direction du Premier ministre Benjamin Netanyahu, cela signifie veiller à ce qu’une série de lignes rouges restent inviolables. Cela veut aussi dire assurer la protection des minorités vulnérables et empêcher d’éventuelles forces hostiles de prendre pied dans certaines parties de la Syrie situées à proximité des frontières israéliennes.

Alors que l’administration Trump a presque instantanément considéré Sharaa comme un partenaire pragmatique en capacité de stabiliser la Syrie et de contenir les menaces extrémistes — une administration par ailleurs confiante dans sa capacité à s’en débarrasser si nécessaire, comme elle l’avait fait avec Mouammar Kadhafi en Libye ou Manuel Noriega au Panama — Israël ne peut pas s’offrir ce luxe.

Au lieu de cela, Jérusalem tente de trouver un équilibre entre une approche plus prudente et la nécessité de s’adapter rapidement à un jeune leader dont le parcours idéologique reste flou mais dont l’avenir pourrait redessiner la sécurité de la frontière nord d’Israël et au-delà.

D’Idlib à Washington

Avant de s’emparer du pouvoir lors d’une offensive-éclair de onze jours, l’année dernière, Sharaa était à la tête de Hayat Tahrir al-Sham, un groupe rebelle islamiste issu de la branche syrienne d’Al-Qaïda. Après que le groupe a rompu tous ses liens avec Al-Qaïda en 2016, Sharaa avait passé plus d’une décennie à combattre l’État islamique, supervisant les arrestations et les raids lancés contre les cellules de l’EI dans la province d’Idlib, alors placée sous le contrôle de HTS.

Les combattants de l’opposition syrienne célèbrent la chute du gouvernement à Damas, en Syrie, le 8 décembre 2024. (Crédit : AP Photo/Omar Sanadiki)

Longtemps écartés de Damas par les alliances conclues par Assad avec la Russie et l’Iran, les États-Unis ont finalement perçu en Sharaa une opportunité de remodeler le paysage sécuritaire syrien et de gagner un client important – ramenant ainsi dans l’orbite occidentale un pays qui faisait partie de ce que George W. Bush appelait « l’axe du mal ».

Mais le passé de Sharaa continue de susciter le scepticisme d’Israël.

« Le régime d’al-Sharaa est une énigme », met en garde le major général Yaakov Amidror, militaire à la retraite, ancien conseiller à la sécurité nationale et chercheur au sein de l’Institut d’études stratégiques de Jérusalem. « Sharaa prétend avoir changé, mais il n’y a pas un seul cas dans l’histoire du Moyen-Orient où un groupe islamiste radical ait changé pour le meilleur après avoir pris le pouvoir ».

L’ascension de Sharaa a déclenché une réponse belliqueuse de la part d’Israël. L’armée israélienne s’est rapidement déployée dans le sud-ouest de la Syrie après la chute d’Assad, lançant une opération qui, selon le gouvernement, voulait être une mesure temporaire adoptée contre un éventuel effet de contagion dans un contexte de bouleversements intérieurs sur le sol syrien.

Au mois de mars, après que des centaines de civils appartenant à la minorité alaouite ont été tués lors d’affrontements entre les forces de Sharaa et les militants fidèles à Assad, le ministre des Affaires étrangères Gideon Saar a averti les dirigeants du monde que les nouveaux hommes forts de la Syrie « étaient des djihadistes et ils le sont restés, même s’ils portent désormais des costumes ».

Quelques mois plus tard, les forces israéliennes ont pris des mesures qui ont visé à empêcher les combattants soutenus par Sharaa d’entrer dans les régions druzes du territoire syrien, notamment en bombardant son quartier-général militaire à Damas.

Depuis, les tensions ont été reléguées au second plan par les efforts livrés par Washington qui tente de négocier un possible accord de sécurité entre Israël et la Syrie – voire peut-être plus encore. Toutefois, les militaires israéliens maintiennent leur présence de l’autre côté de la frontière, et les officiels continuent d’évoquer les éléments extrémistes et le traitement réservé par le régime aux minorités — en particulier aux Druzes — comme autant de raisons de faire preuve de la plus grande vigilance.

Mais à chaque visite faite par Sharaa dans une nouvelle capitale occidentale, la prudence d’Israël semble être de moins en moins en phase avec la retenue susceptible d’être affichée par les États-Unis et d’autres alliés.

Depuis leur première rencontre à Ryad, au mois de mai dernier, le soutien apporté par Trump à Sharaa n’a cessé de croître. Sharaa, de son côté, a effectué une tournée dans les capitales européennes et arabes et il a fait une entrée en matière confiante – et remarquée – à l’Assemblée générale des Nations unies.

« Il est de plus en plus difficile de contester la reconnaissance par la communauté internationale de Sharaa désormais et ce malgré toute la méfiance et tout le scepticisme qui s’expriment du côté israélien », déclare Carmit Valensi, de l’Institut d’études sur la sécurité nationale à Tel Aviv.

Le président américain Donald Trump (au centre) observant le prince héritier d’Arabie saoudite Mohammed ben Salmane (à droite) serrer la main du président par intérim syrien Ahmad al-Sharaa, à Ryad, en Arabie saoudite, le 14 mai 2025. (Crédit : Bandar Aljaloud/Palais royal saoudien via AP)

Pour sa part, Sharaa a adopté une approche résolument mesurée envers Israël, accordant la priorité à la stabilisation du sud-ouest de la Syrie et cherchant un accord de sécurité susceptible d’inclure un mécanisme qui viendrait mettre un terme aux frappes israéliennes. Alors qu’il se trouvait à Washington, ce mois-ci, il a indiqué qu’un accord de sécurité ou qu’un accord de normalisation étaient encore loin d’être conclus, sans néanmoins exclure aucune de ces deux possibilités.

Sa légitimité internationale croissante – associée à la volonté de l’administration Trump de rétablir l’ordre dans la région, de Gaza au Liban et maintenant en Syrie – pourrait offrir des opportunités à Israël, mais seulement si Jérusalem définit clairement et protège ses intérêts fondamentaux, selon les experts.

« Je pense qu’il y a là plus d’opportunités que de risques », estime Valensi. « Si nous pouvons parvenir à un accord de sécurité qui garantisse le calme le long de la frontière tout en nous laissant une certaine liberté d’action au cas où nous soyons amenés à identifier des menaces pour notre territoire — en particulier avec le soutien et sous la supervision des États-Unis — cela pourrait nous être bénéfique ».

Les inquiétudes d’Israël

Les priorités immédiates de l’État juif, dans le cadre d’un accord de sécurité avec Damas, sont d’empêcher toute force hostile de s’organiser dans le sud de la Syrie et de garantir la protection de la minorité druze du pays.

Israël, qui compte environ 150 000 Druzes, a invoqué la nécessité de protéger cette communauté au début de l’année lorsque Tsahal a lancé des frappes contre des sites militaires syriens au moment où, semble-t-il, des unités alignées sur le régime avaient massacré des civils à Sweida, un important centre de population druze dans le Golan syrien.

Tant que des mécanismes crédibles ne seront pas mis en place, Israël devra rester déployé dans la zone tampon qui avait été saisie à l’intérieur de la Syrie après le changement de régime et le pays devra agir pour empêcher l’émergence de toute force menaçante dans la région, dit Amidror.

Des personnes scandent des slogans tout en brandissant le drapeau druze lors d’un rassemblement hebdomadaire à Sweida, dans le sud de la Syrie, le 20 septembre 2025. (Crédit : AP Photo/Fahd Kiwan)

Même soumis aux pressions des États-Unis, souligne-t-il, Israël doit maintenir son droit à agir de manière indépendante si nécessaire : « Israël est un État souverain. Il peut dire aux Américains : ‘Vous êtes loin tandis que nous, nous sommes proches — nous ne changerons pas de positionnement tant que nous ne serons pas satisfaits’. »

De plus, le gouvernement de Sharaa est confronté à une instabilité persistante. Quelques heures avant son arrivée à la Maison Blanche, des informations avaient fait état de deux complots de l’État islamique qui avaient été déjoués, ces derniers mois, le groupe terroriste cherchant à l’assassiner – ce qui avait rappelé à quel point la transition en Syrie reste fragile après 14 ans de guerre civile et à quel point aussi la Syrie est instable depuis son indépendance en 1946.

« Israël est un État souverain. Il peut dire aux Américains : ‘Vous êtes loin tandis que nous, nous sommes proches — nous ne changerons pas de positionnement tant que nous ne serons pas satisfaits »

Jusqu’à la prise du pouvoir par Hafez al-Assad en 1970, le pays était ravagé par les coups d’État et par leurs répliques – et les 50 années de stabilité sous la dynastie Assad n’ont été maintenues que par un régime autocratique brutal.

Lors d’une visite faite à Damas le mois dernier, Michael Rubin, chercheur au sein de l’American Enterprise Institute, a prédit un conflit à venir en Syrie : « Presque tout le monde a aperçu des nuages sombres pointer à l’horizon… Israël doit également se préparer à une nouvelle guerre civile, probablement entre Damas et les Kurdes, et peut-être avec le soutien des Turcs et des Émiratis ».

Signes de progrès

Malgré de nombreux signaux avant-coureurs, certains indices peuvent laisser croire que Sharaa sera en capacité d’amener la Syrie vers une plus grande stabilité.

Sur le terrain, de nombreux Syriens considèrent que le redressement économique et la stabilité sont la priorité absolue. Aymenn al-Tamimi, chercheur indépendant dont le bureau se trouve dans le nord de la Syrie, explique que la visite faite par Sharaa à la Maison Blanche et l’assouplissement de certaines sanctions ont été accueillis comme autant de signes que la Syrie s’orientait dorénavant vers la reprise économique.

Les habitants du quartier de Jobar à Damas manifestent pour réclamer des investissements afin de reconstruire la zone, à Damas, en Syrie, le 15 octobre 2025. (Crédit : AP Photo/Ghaith Alsayed)

Il a souligné que HTS s’était modéré avant même l’arrivée au pouvoir de Sharaa, soulignant la nature plus progressive du changement opéré par le groupe.

« L’une des raisons pour lesquelles les États-Unis n’ont pas activement poursuivi Sharaa avant la chute du régime était qu’ils le considéraient comme utile pour lutter contre l’État islamique et Al-Qaïda dans le nord-ouest de la Syrie », dit-il.

Les récentes initiatives qui ont été prises par Washington reflètent ce point de vue. Peu après sa visite à la Maison Blanche, la coalition menée par les États-Unis qui lutte contre l’EI a annoncé que la Syrie était son 90e membre. Jeudi, l’envoyé spécial américain Tom Barrack a écrit sur X que Damas aiderait Washington à lutter contre l’EI, les Gardiens de la révolution iranienne, le Hamas et le Hezbollah.

L’Europe perçoit également là-dedans une promesse timide. Un haut responsable de l’Union européenne a indiqué au Times of Israel que Bruxelles se félicitait des premiers engagements de Sharaa en faveur de relations pacifiques et en faveur du droit international, mais que l’UE éprouvait toutefois de la préoccupation face aux « vagues de violences qui ont eu lieu l’année dernière, notamment à Sweida ».

Le responsable a insisté sur le fait que les autorités de transition étaient tenues d’assurer la protection de tous les Syriens sans exception et qu’elles étaient dans l’obligation d’intégrer les groupes armés dans des forces nationales unifiées, tout en exprimant sa crainte : Les frappes israéliennes, a-t-il dit, « risquent actuellement d’alimenter le sectarisme et de compromettre la transition en Syrie ».

L’officiel a exhorté toutes les parties en lice à respecter l’accord de désengagement de 1974, qui avait créé une zone-tampon patrouillée par les Nations unies entre les forces des deux pays, et il a souligné le soutien apporté par l’Union européenne à la poursuite du dialogue entre Israël et la Syrie.

Rupture de la zone tampon

À moins de parvenir à un accord de sécurité avec la Syrie, Israël pourrait voir ses soldats déployés dans la zone-tampon, large de plusieurs kilomètres, risquant ainsi de répéter ce qui s’était produit dans le sud du Liban après 1982.

Après avoir fait face aux menaces palestiniennes à l’époque, Israël avait eu l’intention de maintenir une présence légère au Liban avec pour objectif de renforcer les capacités de ses alliés locaux. Le pays s’était toutefois retrouvé entraîné dans une occupation prolongée qui avait créé les conditions propices à l’émergence d’un ennemi plus dangereux : le Hezbollah.

Le ministre de la Défense Israël Katz, à gauche, et son secrétaire militaire, le généra de brigade Guy Markizeno, descendent d’un hélicoptère de l’armée de l’air israélienne dans la région du mont Hermon, dans le sud de la Syrie, le 11 mars 2025. (Crédit : Emanuel Fabian/Times of Israel)

Pour l’instant, la présence des forces israéliennes est pratiquement incontestée dans le sud de la Syrie. Mais cette situation pourrait se compliquer si Sharaa ou les insurgés cessaient de tolérer leur présence – ce qui pourrait devenir plus probable avec le temps, ont averti les experts.

Valensi lance une mise en garde, indiquant que le fait d’empêcher les forces syriennes de retourner à la frontière pourrait se retourner contre ces dernières en « sapant la légitimité d’al-Sharaa » – alimentant ainsi le discours qui, parmi les Syriens, laisse entendre que « sous la nouvelle direction d’al-Sharaa, Israël contrôle le territoire syrien et y agit en toute liberté ».

D’un autre côté, l’engagement et la coopération avec Damas sur les arrangements frontaliers pourraient ouvrir la voie à une éventuelle normalisation avec un ancien ennemi.

Selon la chaîne saoudienne al-Hadath, Netanyahu et le gendre de Trump, Jared Kushner, ont discuté des inquiétudes d’Israël concernant l’accord de sécurité potentiel avec la Syrie lors d’une réunion qui était consacrée au plan de Trump pour Gaza, la semaine dernière. Netanyahu aurait demandé à Kushner d’exercer des pressions sur la Syrie pour qu’elle avance dans la conclusion de l’accord de sécurité, dans la mesure où un tel progrès pourrait ouvrir la voie à l’adhésion de Damas aux accords de normalisation des « Accords d’Abraham ».

Si les États-Unis sont un acteur majeur qui disposent d’une influence significative à Damas, d’autres intérêts pèsent également sur les efforts qui visent à façonner l’avenir de la Syrie, notamment ceux qui sont livrés par la Turquie.

Principal soutien de l’insurrection qui a renversé Assad, Ankara conserve une influence significative dans le nord de la Syrie, une réalité qui inquiète profondément Jérusalem, en raison du soutien apporté par le président turc Recep Tayyip Erdogan aux Frères musulmans et au Hamas. La Turquie accueille les chefs du Hamas et Erdogan compare régulièrement Israël à l’Allemagne nazie.

Alors qu’Israël cherche à peser sur l’avenir de la Syrie, l’affaiblissement de l’influence turque risque de devenir un sujet de discorde majeur, même si Jérusalem a peu de chances d’y parvenir.

Al-Tamimi estime qu’Israël doit « modérer ses attentes quant au recul de l’implication turque », qu’il considère lui-même comme inévitable. Au lieu d’espérer marginaliser Ankara — ou de se concentrer sur des objectifs lointains comme la normalisation — il a fait valoir qu’Israël doit désormais s’attacher à définir les dispositions d’un accord de sécurité avec Damas.

Pas de retour en arrière

Il n’est pas certain que Sharaa puisse faire respecter un accord de sécurité dans le sud, et il est encore moins certain qu’il parvienne à stabiliser la Syrie à long terme. Malgré tout, les États-Unis devraient continuer à pousser Israël à s’engager davantage dans le nouvel accord et auprès du nouveau régime.

« Nous sommes déjà engagés sur la voie du dialogue, sur la voie de la conclusion d’un accord de sécurité. Nous ne pouvons y échapper, que cela nous plaise ou non, notamment en raison des pressions importantes qui sont exercées par les États-Unis », indique Valensi.

Nous sommes déjà engagés dans la voie du dialogue et de la conclusion d’un accord de sécurité. Nous ne pouvons y échapper, que cela nous plaise ou non

Pour que cette initiative puisse aboutir dans les meilleures conditions, il faudra ancrer les intérêts d’Israël dans l’accord, empêcher la reconstitution de groupes hostiles dans le sud de la Syrie, garantir la protection des Druzes et veiller à ce que l’armée puisse agir si de nouvelles menaces apparaissent – comme c’est le cas au Liban, où Israël conserve sa liberté opérationnelle s’agissant de frapper les menaces émergentes, même sans le consentement officiel de l’autre pays.

Amidror ajoute que la dépendance accrue de la Syrie vis-à-vis des États-Unis profite à Israël : « Plus al-Sharaa dépendra des États-Unis, mieux ce sera pour nous parce que les Américains ne veulent pas d’un régime de type Al-Qaïda dans ce pays ».

En attendant, l’incertitude plane toujours sur la métamorphose de Sharaa. Vendredi, le ministère des Affaires étrangères l’a ostensiblement désigné par son nom de guerre récemment abandonné, Abu Muhammad al-Julani, lorsqu’il a condamné l’invitation qui a été diffusée par le ministère syrien de la Culture en vue d’un événement qui célébrait le pogrom commis par le Hamas dans le sud d’Israël, le 7 octobre 2023.

Les responsables syriens ont précisé que cette invitation n’avait pas été autorisée et qu’elle avait été retirée en quelques heures, mais Israël a lancé un avertissement sans détour : « Ceux qui célèbrent un massacre cherchent à provoquer d’autres massacres, et non le changement ».

Difficile d’ignorer les traces qui ont été laissées par les forces hostiles qui ont façonné la Syrie avant l’arrivée au pouvoir de Sharaa. Dans la ville du nord de la Syrie où réside al-Tamimi, une fresque murale glorifiant l’attaque sanglante du 7 octobre recouvre toujours un mur – signe évident de l’influence iranienne et du Hezbollah qui s’est depuis longtemps ancrée dans le pays, et des tensions que Jérusalem devra impérativement garder à l’esprit en se préparant à affronter l’avenir.

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