La Knesset double le budget des organisations d’aide aux soldats handicapés
La loi prévoit un budget annuel d'au moins 10 millions de shekels pour les ONG mobilisées en faveur des anciens combattants handicapés et des victimes de guerre
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Une loi doublant le budget israélien des organisations travaillant au profit des soldats handicapés et victimes de guerre a été adoptée mardi par 14 voix contre 0 en séance plénière de la Knesset.
La loi, présentée par le whip de la coalition Ofir Katz (Likud), oblige l’État à allouer au moins 150 millions de shekels par an aux organisations qui proposent des activités sportives et de rééducation aux soldats handicapés de Tsahal, ainsi que des activités culturelles et sociales.
Ces fonds serviront par ailleurs à financer des activités destinées à promouvoir, améliorer et respecter les droits des personnes handicapées, ainsi que la rénovation et la construction de centres pour les anciens combattants handicapés connus sous le nom de Warriors Homes. Selon les dispositions de cette loi, 10 millions de shekels au moins iront chaque année aux organisations mobilisées envers les victimes de guerre et leurs familles.
« Le pays compte près de 78 000 soldats de Tsahal handicapés. La réhabilitation des soldats handicapés est un long processus », a souligné la députée d’Yisrael Beytenu, Sharon Nir, co-autrice de cette loi.
Un besoin de soins qui va croissant
Ces deux dernières années, il s’est avéré particulièrement difficile d’apporter des soins appropriés à tous les blessés, que ce soit sur le plan mental ou physique.
Depuis le début de la guerre à Gaza, le 7 octobre 2023, a indiqué aux députés le Service de la réhabilitation du ministère de la Défense, Israël a manqué de ressources pour prendre en charge la totalité des blessés et traumatisés.
« Sans ressources ou personnels supplémentaires, nous ne pourrons pas prendre en charge tout le monde », déclarait dès décembre 2023 un représentant du ministère devant la commission du travail et du bien-être de la Knesset.
En août 2024, le Service de réhabilitation du ministère de la Défense annonçait avoir reçu 10 056 soldats depuis le début de la guerre, dont 35 % souffraient de syndrome de stress post-traumatique ou d’autres troubles liés à des traumatismes. En avril 2025, ce nombre était passé à 16 500 blessés, dont près de la moitié traités pour un syndrome de stress post-traumatique. En comparaison, le service prenait en charge 62 000 soldats blessés avant le 7 octobre, dont seulement 25 % souffraient de séquelles psychologiques.
Le service de réadaptation offre une ample gamme de services, dont un centre d’appels ouvert 24 heures sur 24 et 7 jours sur 7, l’accès à des spécialistes des soins psychologiques et une application appelée « The PTSD Guide », offrant de nombreuses ressources dans le champ de la santé mentale.
Une pénurie de ressources
Toutefois, dès cette époque, Idan Kaliman, président de l’Organisation des anciens combattants handicapés de Tsahal, avait expliqué que le Service de réadaptation et les organisations partenaires ne pourraient pas faire plus sans les budgets et ressources appropriés.
« Tant que le service de réadaptation sera en sous-effectif », les suicides évitables, liés à un syndrome de stress post-traumatique d’origine militaire, continueront, avait-il dit en guise de mise en garde.
Selon les chiffres de Tsahal, le nombre de suicides présumés, au sein de la population des soldats israéliens, a fortement augmenté depuis le pogrom du Hamas du 7 octobre.
Le mois dernier, l’armée a actualisé ses chiffres en annonçant la prise en charge de quelque 20 000 soldats blessés depuis le début de la guerre, dont plus de la moitié souffrent de problèmes de santé mentale.
Selon le ministère de la Défense, près de 56 % des personnes traitées par les centres de réadaptation pendant la guerre souffrent de syndrome de stress post-traumatique et d’autres problèmes de santé mentale.
Le budget du Service de réadaptation s’élève à 8,3 milliards de shekels, dont 4,1 milliards de shekels vont aux personnes souffrant de problèmes de santé mentale, a indiqué le ministère.
Les responsables du service de réadaptation estiment que « dans les années à venir, au-delà de l’augmentation du nombre de blessés, de la poursuite de la guerre, du traitement des personnes souffrant de problèmes de santé mentale, des risques de suicide et de la pénurie de thérapeutes, des questions requièrent une réponse immédiate ».
Ces questions comprennent « le manque de personnel, avec un ratio d’un agent de réadaptation pour 750 blessés, la nécessaire simplification des formalités et de nouveaux besoins pour les nouveaux blessés ».
Compte tenu de tout cela, le ministre de la Défense, Israel Katz, et le ministre des Finances, Betzalel Smotrich, ont récemment annoncé la création d’un comité public dirigé par le professeur Shlomo Mor-Yosef, président des services de santé Leumit, pour formuler des recommandations pour améliorer la prise en charge et la réhabilitation des soldats de Tsahal blessés.
Un appel à l’aide
Certains réservistes se sentent abandonnés par leur propre pays.
Lors d’une réunion de la commission du travail et du bien-être de la Knesset, le mois dernier, d’anciens combattants ont versé des sacs de médicaments sur la table de réunion pour appeler l’attention sur le risque de suicides lors des fêtes de fin d’année si les choses ne changeaient pas.
Lors d’une autre audience sur cette question en commission des affaires étrangères et de la défense à la Knesset, Itzik Saidyan, un vétéran de Tsahal ayant tenté de s’immoler par le feu devant un bureau du ministère de la Défense pour les soldats blessés, il y a de cela quatre ans, a reproché au gouvernement de ne pas traiter la question de manière satisfaisante.
« Cela fait plus de 15 ans que l’on parle de la prise en charge des victimes de traumatismes de combat. Les discussions se suivent et se ressemblent. Quand allez-vous comprendre qu’il faut arrêter tous ces débats et se concentrer sur cela, et uniquenent sur cela ? », a-t-il demandé, exigeant que les députés « mettent fin à tout cela ».
Stav Levaton et Emanuel Fabian ont contribué à cet article.
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