La police empêche des militants de gauche de récolter les olives en Cisjordanie
Après que la zone autour du village palestinien de Burin a été déclarée zone militaire fermée, des centaines de militants ont improvisé des manifestations contre l'impunité des résidents d'implantations
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Vendredi, l’armée israélienne a décrété une nouvelle zone militaire fermée autour du village palestinien de Burin, en Cisjordanie, un peu avant l’arrivée de centaines de militants et bénévoles de gauche pour aider les Palestiniens à récolter les olives en toute sécurité, dans un contexte de violences répétées contre les cueilleurs de la part d’extrémistes israéliens.
Privés d’accès à leur destination, les militants ont spontanément décidé de manifester, reprochant une nouvelle fois aux forces de l’ordre de ne pas empêcher les résidents d’implantations extrémistes de mener ces attaques. Ils ont été rejoints par le député Gilad Kariv, membre de l’alliance des démocrates de gauche.
Depuis le début de la cueillette des olives, le mois dernier, l’armée israélienne a décrété plusieurs zones militaires d’exclusion en Cisjordanie, ce qui a empêché grand nombre de Palestiniens de se rendre sur leurs terres pour récolter les olives, alors même que la récolte promettait d’être mauvaise à cause des faibles précipitations enregistrées l’hiver dernier.
Le mouvement d’aide aux Palestiniens de Burin, près de Naplouse, est l’œuvre d’organisations de gauche, notamment La Paix maintenant et Rabbis for Human Rights. Au total, sept bus remplis de militants étaient attendus, lesquels n’ont pas été informés de la fermeture de la zone par l’armée.
Tsahal et la police israélienne ont choisi d’arrêter les bus à mi-chemin, alors qu’ils se trouvaient déjà en Cisjordanie.
La Paix Maintenant a publié une photo sur X de l’ordre de fermeture de la zone militaire remis aux militants, en soulignant que les résidents d’implantation n’avaient jamais rien reçu de tel continuaient de « se promener librement » malgré les violentes attaques perpétrées contre les Palestiniens.
לא יאומן – הוציאו לנו עכשיו צו הגבלת תנועה!
המחבלים מהמאחזים עדיין מסתובבים חופשי אבל 7 אוטובוסים של פעילי שלום עוצרים במחסום.
ממשלת הטרור היהודי pic.twitter.com/HA835HmSVm— שלום עכשיו (@PeaceNowIL) November 14, 2025
L’armée à répondu à une question du Times of Israel portant sur la création de la zone fermée juste avant l’arrivée des militants en évoquant le « regain, en nombre et en gravité, des incidents violents » pendant la récolte des olives de cette année.
L’armée a ajouté que cet ordre faisait suite à des périodes de tensions qui lui avaient valu de faire face à des frictions entre Israéliens et Palestiniens, et qu’il avait été décidé d’empêcher l’accès au lieu des récoltes à toute personne étrangère à la région ou propriétaire d’une parcelle.
« La décision a été prise à l’issue d’une évaluation de la situation, compte tenu des forces disponibles dans la région, aux fins de garantie de la sécurité publique », a-t-elle précisé.
Incapables d’aller plus loin mais refusant de faire demi-tour, les centaines de militants ont décidé d’improviser une manifestation contre les violences incontrôlées des résidents d’implantation et ce qu’ils ont qualifié de sanctions à géométrie variable, alors que d’autres véhicules étaient autorisés à poursuivre leur route.
Selon Ynet, les militants ont bloqué la circulation dans les environs de plusieurs points de contrôle de sécurité en Cisjordanie pendant une vingtaine de minutes avant que les routes ne rouvrent et que les manifestants ne soient forcés à se replier sur les bas-côtés.
Les manifestants ont été rejoints par Kariv, qui a accusé la police « d’empêcher la tenue d’une action politique légitime ».
« Nous assistons à la prise de contrôle politique du [ministre de la Sécurité intérieure Itamar] Ben Gvir et sa clique sur les forces de police israéliennes », a fulminé Kariv. « Le fait d’empêcher des bus de se rendre aux récoltes est totalement arbitraire, fait pour empêcher la tenue d’une action politique légitime. »
Il a suggéré que les forces de police de Cisjordanie « fassent preuve de la même détermination envers les résidents d’implantations extrémistes qui, chaque jour, commettent des crimes nationalistes dans les territoires ».
Ce n’est pas la première fois que l’armée israélienne limite l’accès aux oliveraies palestiniennes cette année. Elle affirme le faire pour éviter des affrontements entre cueilleurs et les résidents d’implantations, mais selon les militants et les habitants, les attaques des extrémistes israéliens se poursuivent malgré tout.
Début novembre, 15 personnes ont été blessées lors d’attaques de résidents d’implantations, dont des Palestiniens, des militants israéliens et étrangers, ainsi qu’un photographe de presse de Reuters. Un réserviste de Tsahal qui n’était pas en service et qui était venu prêter main forte aux récoltes et un médecin du Croissant-Rouge palestinien ont également été blessés.
Sur des images des attaques survenues près de Burin et de la ville voisine de Beita, on peut voir des hommes masqués en train de frapper des Palestiniens à l’aide de matraques ou d’abattre ou de brûler des oliviers.
Ces attaques au moment de la récolte des olives confirme et conforte le regain du nombre d’attaques de résidents d’implantations envers des Palestiniens, pour l’essentiel impunies en dépit des récentes condamnations du chef de l’armée israélienne, Eyal Zamir, et du président Isaac Herzog, qui estiment que les violences des résidents d’implantations sont l’œuvre de quelques individus extrémistes.
la Communauté du Times of Israël !







