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La police obtient les enregistrements à l’origine de l’enquête sur le chef de cabinet

La Cour rejette la requête d’un journaliste de Kan contre la remise de l’interview de Feldstein à la police, mais exclut les propos tenus hors micro

Eli Feldstein, ancien conseiller médiatique du Premier ministre Benjamin Netanyahu, suspect dans l'enquête dite du « Qatargate » et accusé dans le scandale des fuites au journal Bild, s'exprimant dans une interview diffusée sur la chaîne publique Kan le 22 décembre 2025. (Crédit : Capture d'écran/Kan)
Eli Feldstein, ancien conseiller médiatique du Premier ministre Benjamin Netanyahu, suspect dans l'enquête dite du « Qatargate » et accusé dans le scandale des fuites au journal Bild, s'exprimant dans une interview diffusée sur la chaîne publique Kan le 22 décembre 2025. (Crédit : Capture d'écran/Kan)

Le tribunal central de Lod a rejeté mercredi la requête du journaliste Omri Assenheim visant à empêcher la remise à la police du contenu non édité d’une interview filmée ayant conduit à l’ouverture d’une enquête visant le chef de cabinet du Premier ministre, Tzachi Braverman.

Assenheim, journaliste à la chaîne publique Kan, avait fait appel d’une décision rendue le mois dernier par le tribunal de première instance de Rishon Lezion lui ordonnant de remettre l’intégralité des images de l’ancien porte-parole de Netanyahu, Eli Feldstein, soupçonné d’avoir divulgué des documents classifiés au journal allemand Bild.

Dans cette interview diffusée en décembre, Feldstein affirmait que Braverman lui avait donné, en septembre 2024, rendez-vous dans un parking souterrain du quartier général de Tsahal à Tel Aviv, au cours duquel il lui aurait indiqué qu’il pouvait faire « classer » l’enquête le visant.

Dans son arrêt, la cour a estimé que l’ensemble du matériel devait être transmis à la police, à l’exception des propos tenus hors micro par Feldstein, qui seront d’abord examinés par le tribunal.

La juge Sharon Geller a rejeté l’argument d’Assenheim fondé sur la confidentialité journalistique, estimant que « la confidentialité absolue est exceptionnelle et rare dans le système juridique israélien ».

« La police, en tant qu’organe d’enquête, est tenue d’épuiser toutes les pistes en examinant tous les éléments et preuves pertinents et essentiels concernant la personne faisant l’objet de l’enquête et tous les suspects dans l’affaire », a-t-elle déclaré. « Cela est particulièrement vrai lorsque nous traitons des informations non éditées liées à Feldstein, personnage central des deux affaires faisant l’objet de l’enquête, et il est à la fois justifié et nécessaire d’examiner attentivement tous les éléments de preuve existants concernant ses versions afin de faire avancer et de mener à bien les enquêtes dans ces affaires. »

Le chef de cabinet du Premier ministre, Tzahi Braverman, à la Knesset, Jérusalem, le 11 novembre 2024. (Crédit : Chaïm Goldberg/Flash90)

Geller a ajouté qu’un acte d’accusation avait déjà été déposé contre Feldstein dans l’affaire des fuites vers Bild, tandis que Braverman faisait l’objet d’investigations concernant leur rencontre présumée.

Il est du devoir de la police « d’examiner la question de manière approfondie, sinon elle ne sera pas en mesure de mener à bien l’enquête sur des questions clés et concernant des personnalités clés, ce qui entraînera un échec de l’enquête », a-t-elle réitéré.

Feldstein faisait l’objet d’une enquête en tant que suspect dans la fuite de documents classifiés au journal Bild en Allemagne à l’été 2024, qui aurait été organisée dans le but d’influencer l’opinion publique israélienne afin qu’elle s’oppose à un accord avec le groupe terroriste palestinien du Hamas sur la libération des otages. Le quotidien allemand avait présenté ces documents comme démontrant que le Hamas n’était pas intéressé par un accord avec Israël sur la libération des otages.

En janvier, la police a ouvert une enquête à la suite des accusations de Feldstein concernant Braverman, qui a depuis été interrogé puis libéré sous conditions restrictives. Il est soupçonné d’ingérence dans une enquête, de transmission d’informations officielles par un fonctionnaire, ainsi que de fraude et d’abus de confiance.

La décision intervient un jour après la prolongation par le tribunal, des conditions restrictives de libération de Braverman, les juges estimant que les éléments recueillis par la police au cours de l’enquête avaient « considérablement renforcé » les soupçons à son encontre.

Ces restrictions, prolongées jusqu’au 24 février, lui interdisent notamment de se rendre au cabinet du Premier ministre ou au quartier général de Tsahal à Tel Aviv, de contacter Feldstein, Netanyahu et plusieurs membres du cabinet, ainsi que de quitter le pays.

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu (à gauche) s’entretenant avec son secrétaire du cabinet de l’époque, Tzahi Braverman, lors d’un Conseil des ministres au siège des services du Premier ministre, à Jérusalem, le 17 juin 2018. (Crédit : Marc Israel Sellem/Pool)

Braverman aurait dû être nommé ambassadeur au Royaume-Uni, mais les restrictions qui lui sont imposées pour quitter le pays ont retardé cette nomination.

L’enquête sur Braverman s’inscrit dans le cadre d’une enquête plus large sur l’affaire des documents divulgués par Bild, dans laquelle Feldstein et un sous-officier réserviste qui lui a divulgué les documents ont déjà été inculpés, et dans laquelle deux autres proches collaborateurs de Netanyahu, Jonatan Urich et Israel Einhorn, sont les principaux suspects.

Les documents avaient pour but de démontrer que les dirigeants du Hamas n’étaient pas intéressés par un accord de cessez-le-feu et de libération des otages, et ont été divulgués dans le but de soutenir l’affirmation de Netanyahu selon laquelle ce n’était pas lui qui bloquait un tel accord.

Feldstein, Urich et Einhorn sont également impliqués dans l’affaire dite Qatargate, dans laquelle ils sont soupçonnés d’avoir accepté des fonds pour promouvoir une image favorable du Qatar pendant plus d’un an après le pogrom perpétré par le Hamas dans le sud d’Israël le 7 octobre 2023, malgré les liens étroits entre cet État du Golfe et le groupe terroriste, et alors que Feldstein et Urich travaillaient comme conseillers de Netanyahu.

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