Le chef du renseignement de l’AP rencontre ses homologues de la CIA malgré l’interdiction de visa
Majed Faraj a dit à l'administration Trump que l'AP poursuivrait la lutte contre le terrorisme en Cisjordanie, que l'interdiction d'entrée sur le territoire soit levée ou non pour les responsables palestiniens
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WASHINGTON — Le chef des services de renseignement de l’Autorité palestinienne s’est rendu à New York la semaine dernière pour y rencontrer en toute confidentialité ses homologues de la CIA, quelques jours après que l’administration Trump a annoncé qu’elle interdisait l’entrée sur le territoire américain au président de l’Autorité palestinienne Mahmoud Abbas, ainsi qu’à des dizaines d’autres responsables palestiniens qui prévoyaient d’assister à l’Assemblée générale des Nations unies fin septembre, ont déclaré deux sources proches du dossier au Times of Israel.
Selon un responsable palestinien et une deuxième source proche du dossier, durant ces réunions, le chef des services de renseignement palestiniens, Majed Faraj, a fait savoir à l’administration américaine que, même si Ramallah espère que Washington reviendra sur sa décision de ne pas octroyer de visas, elle continuera quoiqu’il arrive à œuvrer pour la stabilité et la lutte contre le terrorisme en Cisjordanie.
Il s’agit là de la dernière initiative en date déployée par l’Autorité palestinienne pour conserver de bonnes relations avec l’administration Trump, même si celle-ci, pendant la majeure partie de ses huit premiers mois au pouvoir, a persisté à ignorer Ramallah ou à prendre des mesures contre l’Autorité palestinienne et les Palestiniens.
Les réunions suivies par Faraj, tout comme son autorisation d’entrer aux États-Unis, ont illustré le souhait de Washington de maintenir un certain degré de relations avec l’Autorité palestinienne, du moins en ce qui concerne les questions sécuritaires.
Ces réunions de la semaine dernière ne sont pas les seules auxquelles Faraj a participé aux États-Unis depuis le retour au pouvoir, en janvier, du président Donald Trump. Le chef des services de renseignement de l’Autorité palestinienne avait en effet rencontré ses homologues de la CIA à Langley, en Virginie, à la fin du mois d’avril.
Les porte-parole de Faraj et de la CIA n’ont pas répondu aux demandes de commentaires.
Au début de l’année, Abbas avait envisagé de limoger Faraj du poste qu’il occupait depuis 2009 dans le cadre d’une réorganisation plus large des services de sécurité de l’Autorité palestinienne. Faraj avait toutefois réussi à redresser la barre, contrecarrant ces projets.
Abbas a tenté plusieurs gestes à l’adresse de l’administration Trump, dans l’espoir d’éviter une nouvelle rupture des relations – ainsi que cela s’était produit durant le premier mandat du président.
Des gestes hélas passés largement inaperçus, Trump faisant une distinction entre Gaza d’une part et d’autre part la Cisjordanie et le conflit israélo-palestinien au sens plus large, alors qu’il s’efforce de mettre un terme à la guerre dans l’enclave côtière. Trump n’a eu aucun échange téléphonique avec Abbas depuis son retour à la Maison Blanche.
Les États-Unis ont également répondu aux projets de plusieurs pays occidentaux de reconnaître un État palestinien lors d’une conférence organisée le 22 septembre à l’ONU, avant une semaine de réunions de haut niveau de l’Assemblée générale, en interdisant l’octroi de visa à quelque 80 responsables palestiniens.
Le secrétaire d’État américain Marco Rubio, interrogé la semaine dernière sur cette décision et sur la question de savoir si les États-Unis considéraient l’Autorité palestinienne comme illégitime, a affirmé que l’Autorité palestinienne « devait gérer ses propres problèmes ».
Il a notamment évoqué le système social de Ramallah, qui prévoit le versement d’allocations aux prisonniers politiques et sécuritaires, dont le montant est fonction de la durée de leur peine dans les prisons israéliennes.
Mais, au mois de février, Abbas a signé un décret pour mettre fin à cette pratique. Il l’a remplacée par une nouvelle politique selon laquelle les allocations accordées sont strictement basées sur les besoins financiers.
En juin, l’Autorité palestinienne a invité les États-Unis à venir vérifier que cette nouvelle règle était désormais en vigueur. L’administration Trump n’a toutefois pas encore envoyé de délégation à Ramallah.
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