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Washington refuse d’accorder des visas à 80 responsables de l’AP, dont Mahmoud Abbas

Marco Rubio a expliqué que les responsables de l'Autorité palestinienne et de l'OLP, qui "internationalisent" le conflit, se verront interdire l'accès au siège de l'ONU le mois prochain

Le dirigeant de l'Autorité palestinienne, Mahmoud Abbas, s'exprimant lors de la 74ème Assemblée générale de l'ONU, à New York, le 26 septembre 2024. (Crédit : Stephanie Keith/Getty Images/AFP)
Le dirigeant de l'Autorité palestinienne, Mahmoud Abbas, s'exprimant lors de la 74ème Assemblée générale de l'ONU, à New York, le 26 septembre 2024. (Crédit : Stephanie Keith/Getty Images/AFP)

Les États-Unis ont refusé ou révoqué des visas à quelque 80 Palestiniens, dont le dirigeant de l’Autorité palestinienne (AP), Mahmoud Abbas, pour l’Assemblée générale de l’ONU en septembre à New York, a indiqué samedi un responsable du département d’État.

La diplomatie américaine avait annoncé vendredi soir que son secrétaire d’État, Marco Rubio, « révoquait et refusait l’octroi de visas pour les membres de l’Organisation de libération de la Palestine [OLP] et de l’Autorité palestinienne ».

Ce responsable a précisé samedi qu’Abbas était concerné par cette mesure, tout comme environ 80 autres responsables de l’AP.

Cette mesure sans précédent a été prise un mois après que le département d’État a annoncé pour la première fois qu’il allait mettre en œuvre cette politique, qui semble désormais être appliquée.

« Avant de pouvoir être prises au sérieux en tant que partenaires pour la paix, l’AP et l’OLP doivent renoncer au terrorisme, aux campagnes de guérilla judiciaire devant la Cour pénale internationale et la Cour internationale de justice, ainsi qu’à la quête de la reconnaissance unilatérale d’un État palestinien », a précisé dans un communiqué le porte-parole adjoint du département d’État, Tommy Pigott.

Il a toutefois déclaré que la « mission de l’AP aux Nations unies » à New York, dont le chef est l’ambassadeur palestinien Riyad Mansour, « recevrait des exemptions de visas en vertu d’un accord entre l’ONU et le département d’État », ce qui permettrait aux responsables de l’AP de la mission de continuer à travailler dans la plus grande ville des États-Unis.

L’envoyé spécial de l’Autorité palestinienne auprès des Nations unies, Riyad Mansour (au centre), s’exprimant lors d’une réunion du Conseil de sécurité des Nations unies sur le conflit au Moyen-Orient, au siège des Nations unies, à New York, le 5 août 2025. (Crédit : Angela Weiss/AFP)

Abbas avait prévu de se rendre à New York pour assister à l’Assemblée générale annuelle, au siège de l’ONU à Manhattan. Il devait également participer à un sommet organisé par la France et l’Arabie saoudite, au cours duquel le Royaume-Uni, la France, l’Australie et le Canada prévoient de reconnaître officiellement un État palestinien.

Vendredi soir, l’AP a exprimé « son profond regret et son étonnement » face à cette décision, qu’elle estime « en contradiction avec le droit international », et a appelé Washington à revenir sur sa décision.

L’Union européenne (UE), dont la France doit plaider en faveur de la reconnaissance d’un État palestinien lors de l’Assemblée générale de l’ONU fin septembre, a appelé samedi les États-Unis à « reconsidérer » leur refus de visas.

« Nous demandons instamment que cette décision soit reconsidérée, conformément au droit international », a déclaré la cheffe de la diplomatie de l’UE, Kaja Kallas, à l’issue d’une réunion des ministres des Affaires étrangères des 27 États membres à Copenhague.

Ce geste a également été dénoncé samedi à Copenhague par le ministre français des Affaires étrangères, Jean-Yves Le Drian, pour qui « le siège des Nations unies est un lieu de neutralité […] un sanctuaire au service de la paix ».

« Une assemblée générale des Nations unies ne saurait souffrir d’aucune restriction d’accès », a-t-il insisté.

« On doit pouvoir discuter ensemble. On ne peut pas nous prendre en otage », a lancé de son côté son homologue luxembourgeois, Xavier Bettel, suggérant d’organiser à Genève, en Suisse, une session spéciale de l’Assemblée générale de l’ONU pour s’assurer de la présence des Palestiniens.

Le dirigeant de l’Autorité palestinienne Mahmoud Abbas (au centre) récitant une prière lors d’une réunion avec les membres du comité exécutif de l’Organisation de libération de la Palestine (OLP), à Ramallah, en Cisjordanie, le 24 juin 2024. (Crédit : Thaer Ghanaim/PPO/AFP)

Cette mesure extraordinaire de Washington rapproche encore davantage l’administration du président américain Donald Trump du gouvernement israélien. Ce dernier rejette catégoriquement l’idée d’un État palestinien et cherche à mettre sur le même pied l’AP, basée en Cisjordanie, et le groupe terroriste palestinien du Hamas, à Gaza.

La guerre à Gaza a éclaté lorsque quelque 6 000 Gazaouis dont 3 800 terroristes dirigés par le Hamas ont pris d’assaut le sud d’Israël le 7 octobre 2023, tué plus de 1 200 personnes, principalement des civils, enlevé 251 otages de tous âges, et commis de nombreuses atrocités et en utilisant la violence sexuelle comme arme à grande échelle.

Les groupes terroristes de la bande de Gaza détiennent toujours 48 otages, dont 47 des 251 personnes enlevées par des terroristes du Hamas le 7 octobre 2023.

Parmi eux se trouvent les corps d’au moins 26 personnes dont le décès a été confirmé par l’armée israélienne, et 20 seraient encore en vie. Les autorités israéliennes ont exprimé de vives inquiétudes concernant le sort de deux autres personnes. Le Hamas détient également le corps d’un soldat de Tsahal tué à Gaza en 2014.

Plus de 63 000 personnes seraient mortes à Gaza depuis le début de la guerre, selon le ministère de la Santé du Hamas. Les chiffres publiés par le groupe terroriste sont invérifiables, et ne font pas de distinction entre civils et terroristes. Israël affirme avoir tué 22 000 terroristes au combat depuis janvier, et 1 600 autres terroristes à l’intérieur du pays le 7 octobre 2023.

La condamnation de ce refus de visas est un des rares sujets qui a fait l’unanimité parmi les 27 États membres de l’UE samedi à Copenhague. Les dirigeants du bloc européen peinent à s’entendre depuis des mois pour sanctionner Israël face à la situation humanitaire catastrophique à Gaza, où l’ONU a déclaré l’état de famine en août.

Israël conteste l’existence d’une famine à Gaza, accuse le Hamas de piller les livraisons d’aide humanitaire destinées à la bande de Gaza et rend le groupe terroriste responsable des morts civiles dans la région. Il affirme que le Hamas utilise les Gazaouis comme boucliers humains et s’installe dans des infrastructures civiles, notamment des hôpitaux et des écoles.

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