Le secrétaire US à l’Énergie annule sa visite après la suspension par Israël de l’accord gazier avec l’Égypte
Eli Cohen vante son refus de signer un accord d'exportation de gaz naturel vers l'Égypte tant que "des prix équitables n'auront pas été convenus pour le marché israélien", résistant à la pression US
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Lazar Berman est le correspondant diplomatique du Times of Israël

Vendredi, le secrétaire américain à l’Énergie, Chris Wright, a annulé sa visite de six jours en Israël après que le ministre de l’Énergie, Eli Cohen, a refusé de signer un accord massif d’exportation de gaz récemment conclu entre Jérusalem et Le Caire, a déclaré le bureau de Cohen.
En août, le champ gazier israélien de Léviathan a signé un accord d’une valeur de 35 milliards de dollars d’exportation de gaz naturel vers l’Égypte, le plus important de ce type de l’histoire d’Israël.
Mais le bureau de Cohen a annoncé qu’il n’approuverait pas l’accord tant que « des prix équitables n’auront pas été convenus pour le marché israélien ». Il a précisé que l’administration Trump avait exercé une pression importante sur Cohen et le Premier ministre Benjamin Netanyahu pour qu’ils donnent leur approbation à cet accord.
Le géant américain de l’énergie Chevron, qui exploite le champ gazier, faisait également pression sur Israël pour qu’il ratifie l’accord, a rapporté Israel Hayom.
Cohen « a exigé que les prix pour le marché israélien restent attractifs », a fait savoir son bureau. « Les négociations restant encore ouvertes, Cohen a refusé d’approuver l’exportation tant que la question n’aura pas été résolue. »
Ce communiqué du bureau de Cohen est un exemple rare d’un ministre exposant publiquement son rôle dans le bouleversement des relations entre Israël et une administration américaine. Ses propos risquaient de créer des tensions avec la Maison Blanche du président américain Donald Trump, alors même que les responsables américains travaillent avec Israël pour faire avancer le plan de paix de Trump pour Gaza.
Le bureau de Wright n’a encore fait aucun commentaire sur la question.
Dans sa forme actuelle, cet accord gazier devait rapporter des centaines de millions de shekels aux caisses de l’État, en redevances et taxes sur le gaz.
Cet accord intervient alors que les besoins énergétiques croissants du pays ont suscité de vifs débats sur les exportations de gaz naturel.
Ces dernières années, Israël et l’Égypte sont tous deux devenus des exportateurs de gaz, à la suite d’importantes découvertes de gisements offshore. Selon les données de la Joint Organisations Data Initiative, le gaz israélien représente environ 15 à 20 % de la consommation égyptienne.
Au début de l’année, le ministère des Finances a prévenu qu’Israël risquait de connaître une pénurie de gaz naturel au cours des 25 prochaines années. Les besoins énergétiques nationaux croissent en effet plus rapidement que prévu, et les ventes de gaz à l’exportation sont importantes. Or, une pénurie entraînerait une hausse des prix de l’électricité pour les consommateurs.
Le gaz naturel provenant du gisement de Léviathan, l’un des plus importants gisements de gaz en eaux profondes au monde, a commencé à être acheminé à destination du marché intérieur israélien en décembre 2019.
Les partenaires du gisement de Leviathan ont débuté les exportations de gaz naturel vers l’Égypte en janvier 2020, après la signature d’un accord portant sur 60 milliards de mètres cubes, à fournir d’ici le début des années 2030.
En septembre 2025, le Léviathan avait exporté 23,5 milliards de mètres cubes de gaz sur le marché égyptien.
« Parallèlement, des efforts sont en cours pour régler les aspects diplomatiques entre Israël et l’Égypte », a indiqué le bureau de Cohen.
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