Lecornu rejette les accusations de « complicité de génocide » sans clarifier la position officielle de la France
Dans une intervention à l'Assemblée nationale, le nouveau Premier ministre a semblé laissé entendre qu'il pensait qu'un "génocide" avait eu lieu dans l'enclave palestinienne
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Le Premier ministre français, Sébastien Lecornu, a rejeté mardi 14 octobre à l’Assemblée nationale les accusations de Mathilde Panot, présidente du groupe La France insoumise (LFI), qui l’accusait de faire de la France une
« complice d’un génocide » à Gaza.
« Je ne peux pas accepter de dire que la France a participé à un génocide à Gaza (…). Arrêtez de caricaturer et de mentir sur la position de la France sur un sujet aussi grave », a-t-il déclaré.
« Pas une arme française n’est allée à destination de Tsahal », a rappelé l’ancien ministre des Armées (2022‑2025).
Si Sébastien Lecornu a rejeté les accusations, il n’a pas clarifié la position officielle de la France, qui ne reconnaît pas juridiquement la qualification de « génocide » pour les opérations militaires israéliennes à Gaza.
Pour autant, plusieurs ONG et juristes questionnent la responsabilité de la France dans le conflit, notamment à travers la fourniture de matériel militaire à Israël.
Amnesty International a accusé Israël de « commettre un génocide » et appelé la communauté internationale à ne pas en être « complice ». Cette accusation a été rejetée par le gouvernement israélien, tout comme par les États-Unis, qui jugent les allégations « infondées ».
D’autres pays européens adoptent une posture similaire ou prudente. L’Allemagne, par exemple, a officiellement rejeté la qualification de génocide, estimant qu’il n’existait « pas d’intention claire d’exterminer un groupe ethnique », condition nécessaire pour qu’un acte soit juridiquement qualifié de génocide selon la Convention de 1948. De même, le Parlement européen a rejeté en septembre 2025 une résolution visant à qualifier les actions israéliennes à Gaza de génocide.
Dans une lettre rendue publique en septembre 2025, le gouvernement britannique considère que, malgré l’ampleur des destructions et le nombre élevé de victimes civiles à Gaza, les actions d’Israël ne constituent pas un « génocide », faute de preuve d’une « intention spécifique » d’exterminer un groupe, conformément à la définition de la Convention sur le génocide.
La guerre qui a débuté le 7 octobre lorsque quelque 6 000 Gazaouis dont 3 800 terroristes dirigés par le Hamas, ont attaqué le sud d’Israël, tuant plus de 1 200 personnes, principalement des civils, et enlevant 251 otages. En représailles, les opérations militaires israéliennes à Gaza ont fait au moins 67 000 morts, selon le ministère de la Santé du Hamas. Les chiffres publiés par le groupe terroriste sont invérifiables, et ils incluraient ses propres terroristes, tués en Israël et à Gaza, et les civils tués par les centaines de roquettes tirées par les groupes terroristes sur le territoire israélien mais qui sont retombées à l’intérieur de la bande de Gaza.
Un accord de cessez-le-feu entre les deux parties en lice a finalement été finalisé par les États-Unis en Égypte, et il est entré en vigueur lundi.
Le Premier ministre espagnol Pedro Sanchez a déclaré mardi que le cessez-le-feu entre le Hamas et Israël ne devait pas se faire au détriment de la poursuite des responsables du « génocide » à Gaza.
« Les personnes qui ont été les acteurs principaux du génocide qui a été perpétré à Gaza (…) devront répondre devant la justice et il ne peut donc pas y avoir d’impunité », a-t-il ajouté, alors qu’il était interrogé sur l’opportunité de poursuites judiciaires pour son homologue israélien Benjamin Netanyahu qui fait l’objet d’un mandat d’arrêt émis par cpi pour crimes contre l’Humanité et de crimes de guerre.
Israël a toujours affirmé s’efforcer de minimiser les pertes civiles et souligne que le Hamas utilise les Gazaouis comme autant de boucliers humains, en menant ses combats depuis des zones civiles, notamment des maisons, des hôpitaux, des écoles et des mosquées. L’armée a par ailleurs indiqué avoir éliminé au moins 18 000 terroristes.
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