L’écrivain italien Erri De Luca défend le sionisme et refuse le terme de « génocide » pour Gaza
L’auteur italien déplore que le sionisme soit devenu une injure dans une partie de l'Europe et dénonce une "distorsion historique" du conflit à Gaza
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L’écrivain italien Erri De Luca, invité au Festival international des écrivains de Jérusalem fin mai, a réaffirmé son attachement au sionisme et son refus de qualifier la guerre à Gaza de « génocide » dans un entretien accordé début mai au journal Israel Hayom.
« En Italie, et dans une grande partie de l’Occident aujourd’hui, le mot ‘sioniste’ est devenu une insulte », affirme De Luca, 76 ans. Il rappelle que le sionisme demeure avant tout « la reconnaissance du droit des Juifs à un foyer national » et du droit d’Israël à exister et à se défendre.
L’écrivain explique avoir récemment refusé de participer à un événement culturel en Italie où certains intervenants prévoyaient d’évoquer un « génocide » à Gaza. « Je sais très bien ce qu’est un génocide. Appliquer ce terme à la guerre de Gaza est une distorsion historique », déclare-t-il, tout en notant le caractère « terrible » du nombre de victimes civiles.
De Luca souligne que la guerre menée par Israël s’inscrit dans le cadre d’un conflit urbain contre une organisation armée opérant au sein de zones densément peuplées, comparable aux batailles de Mossoul, Raqqa ou Marioupol.
Dans une tribune publiée récemment dans Le Figaro, le journaliste et écrivain Salomon Malka a apporté son soutien à l’auteur italien. Malka note que De Luca refuse « l’instrumentalisation » du terme sionisme et rappelle que l’écrivain a toujours défendu le droit à l’existence de l’État juif, tout en conservant son indépendance de pensée.
Né dans une famille catholique de Naples, De Luca entretient depuis des décennies une relation singulière avec la culture juive. Passionné d’hébreu biblique et de yiddish, il raconte avoir effectué un test génétique afin de comprendre l’origine de cet intérêt, sans qu’aucune ascendance juive ne soit découverte. « J’ai choisi librement mes ancêtres spirituels », explique-t-il.
Interrogé sur le 7 octobre 2023, De Luca décrit l’attaque du Hamas comme un événement qui dépasse, selon lui, la notion traditionnelle de pogrom. Il pointe également ce qu’il considère comme un grave échec des autorités israéliennes dans la préparation et la protection des communautés frontalières.
L’écrivain estime par ailleurs que la défaite du Hamas pourrait constituer une condition nécessaire à l’émergence d’une nouvelle réalité politique palestinienne, établissant un parallèle avec la chute de régimes autoritaires après des défaites militaires au XXe siècle.
Malgré son engagement dans le débat public, De Luca reste convaincu que la littérature ne peut pas résoudre les conflits. « La littérature ne peut pas sauver le monde », affirme-t-il. « Mais elle peut nous aider à voir plus clairement et à résister à la propagande et aux mensonges. »
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