Rechercher

Les émissions de gaz à effet de serre d’Israël ont à peine bougé depuis 2015 – rapport

L’indice annuel de pollution révèle qu’en 2023 Israël a eu la plus forte part d’électricité issue de fossiles de l’OCDE, un coût estimé à 37 milliards de shekels

Sue Surkes est la journaliste spécialisée dans l'environnement du Times of Israel.

Temps brumeux en raison des niveaux élevés de pollution atmosphérique, à Tel Aviv, le 18 avril 2024. (Crédit : Avshalom Sassoni/FLASH90)
Temps brumeux en raison des niveaux élevés de pollution atmosphérique, à Tel Aviv, le 18 avril 2024. (Crédit : Avshalom Sassoni/FLASH90)

Les émissions de gaz à effet de serre d’Israël sont restées pratiquement inchangées en 2024 par rapport à 2015, année de référence pour les engagements transmis aux Nations unies, selon un rapport publié jeudi par le ministère de l’Environnement.

Cette stagnation contraste avec les baisses enregistrées dans d’autres pays occidentaux entre 2015 et 2023, dernière année pour laquelle des données internationales sont disponibles. Le Royaume-Uni a réduit ses émissions de près de 30 % pendant cette période, les pays de l’UE d’environ 20 % et les États-Unis de 10 %.

Le rapport annuel du ministère indique également que 85 % de la production d’électricité en Israël provenait de combustibles fossiles en 2024, ce qui représente le pourcentage le plus élevé parmi les pays de l’OCDE.

La production d’électricité a augmenté de 5 % en 2024, principalement pour alimenter les centres de données et les véhicules électriques. Les énergies renouvelables représentaient 14,7 % du mix électrique à la fin décembre.

Le gouvernement a l’intention de produire 19 % de l’électricité à partir de sources renouvelables d’ici 2030, contre un objectif initial de 30 %, et de ramener la baisse des émissions liées à l’électricité à 21 % au lieu des 30 % prévus.

Pour la première fois, la hausse des énergies renouvelables a cependant permis de stabiliser la part du gaz fossile.

Un nouveau champ solaire a été construit par EDF Renewables Israel, à Timna, dans le sud d’Israël, et officiellement inauguré le 15 décembre 2021. (Crédit : EDF Renewables Israël)

Le registre annuel des rejets et transferts de polluants ainsi que l’inventaire national des émissions atmosphériques sont basés sur les données de 560 grandes entreprises des secteurs de l’énergie, de la chimie, de la métallurgie, de l’agroalimentaire et de l’agriculture intensive, couvrant 74 types d’activités.

Le ministère analyse les émissions dans l’air, l’eau et le sol à l’aide de la méthodologie de l’OCDE et calcule à la fois les polluants et les gaz à effet de serre, responsables du dérèglement climatique.

Selon le rapport publié jeudi, les émissions d’oxydes d’azote et de soufre ont respectivement diminué de 13 % et 7 % en 2024 par rapport à 2023, grâce à une réduction de l’utilisation du charbon pour la production d’électricité.

Les niveaux d’oxydes d’azote par habitant restent toutefois supérieurs à ceux de quatorze États membres de l’UE.

Les villages bédouins non reconnus autour de la zone industrielle de Ramat Hovav, dans le sud d’Israël, souffrent d’un niveau élevé de pollution de l’air provenant des bassins d’évaporation chimique tout proches et de la centrale électrique de la Compagnie d’électricité d’Israël, le 28 décembre 2017. (Crédit : Yaniv Nadav/Flash90/Fichier)

Les oxydes d’azote, dont le protoxyde d’azote, également connu sous le nom de gaz hilarant, contribuent aux pluies acides et au réchauffement climatique. Ils aggravent également des maladies respiratoires telles que la bronchite ou l’emphysème. En outre, lorsqu’ils sont combinés aux composés organiques volatils en période d’ensoleillement, ils forment du smog qui est nocif pour les enfants, les asthmatiques et les travailleurs en extérieur.

En 2024, environ deux tiers des émissions de protoxyde d’azote provenaient encore de trois installations au charbon. La centrale électrique Orot Rabin, située à Hadera, dans le centre d’Israël, est en tête de liste, suivie de la cimenterie Nesher, à Ramle, et de la centrale électrique Rutenberg, au sud d’Ashkelon.

Les particules fines, polluantes qui peuvent provoquer des irritations des yeux et de la gorge, mais aussi augmenter le risque de cancer du poumon, d’accident vasculaire cérébral (AVC), de crise cardiaque et de décès prématuré, ont également diminué de 6 % grâce aux améliorations apportées à la centrale électrique de Rutenberg, aux mines de phosphate d’ICL Rotem (anciennement Rotem Amfert Neguev), aux carrières et aux décharges.

En revanche, les substances cancérigènes ou suspectées de l’être ont augmenté de 16 %, principalement en raison de l’incinération illégale de déchets municipaux et du brûlage agricole à ciel ouvert. Israël affiche l’une des concentrations les plus élevées d’Europe pour ces substances.

La centrale électrique d’Orot Rabin, partiellement alimentée au charbon, à Hadera, dans le centre d’Israël, vue depuis le parc national de la rivière Hadera, le 25 avril 2025. (Crédit : Sue Surkes/Times of Israel)

Les composés organiques volatils non méthaniques (COVNM), notamment issus des activités d’ICL Rotem, ont également augmenté de 16 %. Irritants pour le système respiratoire et nocifs pour la végétation, ils comprennent des substances toxiques et cancérigènes telles que le benzène.

Les sites d’enfouissement ont contribué à une hausse de 9 % des émissions de méthane en 2024, tandis qu’une légère augmentation de l’utilisation des combustibles fossiles a entraîné une hausse de 0,2 % des émissions de dioxyde de carbone.

Un responsable du ministère de l’Environnement, Avi Haïm, a indiqué mercredi aux médias qu’un projet de réglementation visant à réduire les émissions de méthane des décharges serait soumis à consultation cette année.

Selon le rapport, la guerre en cours à Gaza, déclenchée par le pogrom meurtrier perpétré par le groupe terroriste palestinien du Hamas dans le sud d’Israël le 7 octobre 2023, a aussi eu des effets environnementaux.

Vue de la baie de Haïfa dans le nord d’Israël, le 24 avril 2018. (Crédit : Yossi Zamir/Flash90)

On peut notamment citer la baisse du trafic maritime dans les ports israéliens, qui a entraîné une diminution d’un tiers des émissions associées par rapport à 2023, le triplement des incendies de forêt, principalement près de la frontière libanaise dévastée par la guerre dans le nord d’Israël, la réduction du traitement des déchets de construction et une hausse de 30 % des gaz fluorés importés pour les besoins de refroidissement d’urgence.

Le ministère de la Santé estime que les dommages sanitaires et environnementaux liés à la pollution ont coûté 37 milliards de shekels en 2024, soit 2 % de moins que l’année précédente. Les transports et la production d’électricité représentaient plus de la moitié de cette facture.

En réaction, l’ONG environnementale Adam Teva VeDin a rappelé que 5 500 Israéliens meurent chaque année de la pollution atmosphérique, soit davantage que dans des accidents de la route ou des guerres.

Le Dr. Arye Vanger, scientifique en chef du groupe et expert en énergie et pollution atmosphérique, a déclaré : « Les succès et les améliorations environnementales observés il y a encore quelques années s’érodent. De nombreux indicateurs montrent une détérioration. Le ministère de l’Environnement et son ministre doivent se ressaisir et prendre des mesures fermes pour que la tendance puisse enfin s’inverser l’an prochain. »

En savoir plus sur :
Pour commenter, rejoignez
la Communauté du Times of Israël !
Rejoidre la Communauté du Times of Israël
Seuls les membres qui payent un abonnement peuvent commenter les articles. Alors rejoignez nous et profitez d'autres avantages !
Veuillez utiliser un email au format suivant : example@domain.com
Confirm Mail
Merci ! Consultez votre mail maintenant
Vous faites désormais partie de la Communauté du Times of Israël ! Un e-mail contenant votre lien de connexion a été envoyé à . Une fois configuré, vous pourrez profiter de vos avantages et commenter.

Merci pour votre fidélité !

Si vous voyez ce message, ça veut dire que vous faites partie de nos lecteurs les plus assidus. Pour continuer votre lecture, veuillez rejoindre notre Communauté. Rejoignez-nous maintenant !
image
Inscrivez-vous gratuitement
et continuez votre lecture
L'inscription vous permet également de commenter les articles et nous aide à améliorer votre expérience. Cela ne prend que quelques secondes.
Déjà inscrit ? Entrez votre email pour vous connecter.
Veuillez utiliser le format suivant : example@domain.com
SE CONNECTER AVEC
En vous inscrivant, vous acceptez les conditions d'utilisation. Une fois inscrit, vous recevrez gratuitement notre Une du Jour.
Register to continue
SE CONNECTER AVEC
Log in to continue
Connectez-vous ou inscrivez-vous
SE CONNECTER AVEC
check your email
Consultez vos mails
Nous vous avons envoyé un e-mail à .
Il contient un lien qui vous permettra de vous connecter.