Les Houthis attaquent des pétroliers en mer Rouge alors que le CENTCOM frappe l’Iran pour la 12e nuit consécutive
Les terroristes soutenus par Téhéran disent avoir touché 2 navires saoudiens ayant violé leur blocus ; l'Iran dit avoir ciblé des installations militaires américaines au Koweït et en Jordanie en représailles à ces frappes
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Jeudi, les Houthis, soutenus par la République islamique d’Iran, ont frappé deux pétroliers saoudiens qu’ils accusaient d’avoir enfreint un blocus naval imposé par le groupe terroriste chiite yéménite. Cette attaque laisse entrevoir l’ouverture d’un nouveau front potentiel dans le conflit entre les États-Unis et l’Iran, alors que l’armée américaine frappait l’Iran pour la douzième nuit consécutive.
Cette attaque fait suite à l’annonce, lundi, par les Houthis, de l’imposition d’un blocus naval contre l’Arabie saoudite, une mesure susceptible d’élargir considérablement le champ de la guerre et de mettre à rude épreuve l’armée américaine.
Les Houthis ont déclaré avoir pris pour cible deux pétroliers saoudiens, l’Encelia et le Laylia, affirmant que ces navires avaient enfreint leur blocus naval.
L’Encelia a été pris pour cible alors qu’il naviguait en mer Rouge, provoquant un incendie à l’avant du navire, a rapporté l’agence de presse officielle saoudienne SPA, citant une source officielle de l’Autorité générale des transports.
La source a précisé que tous les membres d’équipage étaient sains et saufs et que les autorités avaient pris les mesures nécessaires pour assurer la sécurité du navire et de son équipage, ainsi que pour protéger l’environnement marin.
Les différends concernant la gestion du détroit d’Ormuz ont conduit à l’échec de l’accord-cadre conclu en avril entre Washington et Téhéran, ravivant ainsi le conflit qui couvait depuis cinq mois. Un blocus maritime des Houthis pourrait créer un deuxième point d’étranglement pour l’approvisionnement mondial en pétrole, parallèlement à la quasi-fermeture d’Ormuz par l’Iran.
Avant l’escalade des tensions dans la mer Rouge, le président américain Donald Trump avait menacé mercredi de bombarder un pont ou une centrale électrique iranienne en représailles à chaque attaque contre le trafic maritime dans le détroit d’Ormuz, réitérant ainsi sa menace de longue date de s’en prendre aux infrastructures iraniennes. Mardi, Trump avait déclaré qu’il « s’occuperait » des Houthis s’ils mettaient en œuvre leur menace de bloquer les ports saoudiens.
Le Corps des Gardiens de la Révolution islamique (CGRI), le bras armé du régime iranien, a déclaré jeudi avoir empêché trois pétroliers de transiter par le détroit d’Ormuz à la suite de l’attaque des Houthis contre des navires-citernes.
Jeudi, deux très grands pétroliers chinois transportant au total 4 millions de barils de pétrole saoudien se dirigeaient vers le détroit de Bab el-Mandeb, point d’entrée de la mer Rouge, selon des données maritimes.
Des millions de barils de pétrole saoudien par jour sont acheminés vers le port de Yanbu, sur la mer Rouge, pour contourner le détroit d’Ormuz. Si les cargaisons ne peuvent pas rejoindre la mer d’Arabie par le détroit de Bab el-Mandeb, il ne leur reste que la route nord, via le canal de Suez, ce qui allonge le trajet de plusieurs semaines et augmente les coûts.
Par ailleurs, les États-Unis ont déclaré avoir mené à bien leur dernière série de frappes contre l’Iran, sur ordre du président, dans la nuit de mercredi à jeudi.
« La mission se poursuivra afin de réduire davantage la capacité de l’Iran à menacer les marins et les navires commerciaux qui transitent dans la région », a déclaré le Commandement central des États-Unis (CENTCOM) dans un communiqué.
Selon ce communiqué, les frappes ont visé « les capacités maritimes iraniennes, les installations de stockage de missiles et de drones, les sites de surveillance côtière et les moyens de défense aérienne ».
« Ce mois-ci, les forces américaines ont frappé des dizaines de sites militaires iraniens sur le sol, tout en rétablissant le blocus maritime contre l’Iran », poursuit le communiqué.
Earlier tonight, U.S. military released this statement:
"At 10:30 p.m. ET on July 22, U.S. Central Command (CENTCOM) forces completed another round of strikes against Iran for the 12th consecutive night.
U.S. forces struck Iranian military targets including maritime… pic.twitter.com/riUYgFaSSW
— Open Source Intel (@Osint613) July 23, 2026
« À ce jour, le CENTCOM a détourné neuf navires commerciaux et en a immobilisé un afin d’empêcher les navires d’entrer ou de sortir des ports iraniens. »
Les médias d’État iraniens ont rapporté que deux missiles américains avaient frappé Bouchehr, où se trouve la seule centrale nucléaire civile du pays et qui est une cible fréquente de Washington, lors de frappes aériennes menées pendant la nuit.
Ils ont également affirmé que les États-Unis avaient attaqué Shalamcheh, à la frontière entre l’Iran et l’Irak, faisant deux morts.
En réponse à ces attaques, l’Iran a déclaré avoir mené des frappes par drones contre des bases koweïtiennes abritant des équipements militaires américains.
Le CGRI a revendiqué des attaques contre la base d’Ali al-Salem, le camp d’Udairi et une tour de télécommunications, tandis que l’armée a déclaré avoir pris pour cibles le camp de Doha, la base d’Ali al-Salem et le camp d’Arifjan, selon des communiqués distincts des forces armées diffusés par la télévision d’État.
Les Gardiens de la Révolution ont également déclaré avoir attaqué et détruit plusieurs installations militaires américaines en Jordanie, notamment un radar du système américain de défense antimissile THAAD, un système Patriot, un radar C-RAM et un hangar à hélicoptères, selon un communiqué diffusé par la télévision d’État.
L’armée koweïtienne a déclaré avoir intercepté des drones hostiles à la suite de plusieurs jours de frappes iraniennes.
« Les défenses aériennes koweïtiennes réagissent actuellement à des menaces de drones hostiles », indique l’armée dans un message publié cette nuit sur le réseau social X.
« Les explosions que l’on pourrait entendre sont le résultat de l’interception de cibles hostiles par les systèmes de défense aérienne. »
La Jordanie a déclaré avoir abattu quatre missiles et quatre drones, tandis que des sirènes d’alerte aérienne retentissaient à Bahreïn, où un correspondant de l’AFP à Manama a entendu une explosion.
Malgré les affirmations de Washington selon lesquelles il aurait anéanti militairement l’Iran, Téhéran a démontré qu’il conservait des capacités en matière de missiles et de drones.
Cette semaine, l’Iran a pilonné des usines vitales de dessalement d’eau et de production d’énergie au Koweït, ainsi que des installations militaires américaines dans ce pays, à Bahreïn et en Jordanie.
Chaque camp a également fait état d’un bilan humain de plus en plus lourd.
Selon un responsable du ministère iranien de la Santé, 53 personnes auraient été tuées et 592 blessées depuis la fin du mois dernier. Il n’a pas fait de distinction entre civils et membres du CGRI. Depuis que les États-Unis et Israël ont déclenché la guerre le 28 février, des milliers de personnes ont été tuées et des millions d’autres déplacées.
Les combats ont également causé la mort de 18 militaires américains et fait plus de 450 blessés parmi les troupes.
Mercredi, Trump a assisté à une cérémonie à la base aérienne de Dover, dans le Delaware, en hommage aux quatre militaires américains tués lors d’attaques iraniennes contre des bases militaires ces derniers jours : trois en Jordanie et un en Irak.
« Pour moi, c’est l’une des choses les plus difficiles à faire en tant que président. Mais il faut le faire », avait déclaré Trump avant de se rendre à la cérémonie.
Plus tard, lors d’un discours en Géorgie, Trump a adopté un ton différent, qualifiant la guerre « d’escarmouche ».
Le 28 février, les États-Unis et Israël ont lancé conjointement une campagne contre l’Iran afin d’affaiblir ses capacités militaires, de neutraliser les menaces que ce pays représente, notamment ses programmes nucléaires et de missiles balistiques, et de « créer les conditions » permettant au peuple iranien de renverser le régime, ont déclaré des responsables militaires et d’autres dirigeants israéliens.
Israël a respecté le cessez-le-feu entre les États-Unis et l’Iran, entré en vigueur le 8 avril. Bien qu’il n’ait pas été associé au processus de négociation du mémorandum américano-iranien signé le mois dernier, le gouvernement ne s’y est pas opposé, même si celui-ci était censé lier les États-Unis « et leurs alliés ».
À ce jour, Israël n’a pas pris part à la reprise des combats depuis la rupture du cessez-le-feu.
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