GB: L’interdiction de Palestine Action pourrait entraîner le retrait des livres d’une auteure irlandaise
Ayant promis ses droits d'auteur au groupe anti-Israël, Sally Rooney craint que la désignation "terroriste" ne criminalise son soutien et empêche les éditeurs et les producteurs de la rémunérer
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La romancière irlandaise Sally Rooney craint que la décision britannique d’interdire le groupe Palestine Action en le désignant comme organisation terroriste ne l’empêche de percevoir ses droits d’auteur et n’entraîne même le retrait de ses livres de la vente en raison du soutien qu’elle apporte à ce groupe anti-Israël.
L’auteure à succès a expliqué dans une déclaration rendue publique jeudi, au deuxième jour d’une procédure judiciaire visant à faire annuler l’interdiction, que la société de production Element Pictures avait fait part de ses inquiétudes quant au fait que le paiement de ses droits d’auteur pourrait constituer un délit.
Element Pictures, qui a produit les adaptations de romans de Rooney, Normal People et Conversations with Friends, pour la BBC, avait écrit à son agent, en septembre, après que l’auteure a déclaré qu’elle utiliserait ses droits d’auteur pour soutenir Palestine Action.
Rooney a également dit dans sa déclaration soumise à la Haute Cour de Londres que la loi n’était pas claire quant à la possibilité pour son éditeur, Faber & Faber, de lui verser des droits d’auteur sur les ventes de livres, ce qui signifie que « mes œuvres existantes pourraient devoir être retirées de la vente » en Grande-Bretagne.
« La disparition de mes œuvres des librairies marquerait une intrusion vraiment extrême de l’État dans le domaine de l’expression artistique », a-t-elle ajouté dans sa déclaration.
Element Pictures et Faber & Faber n’ont pas répondu à une demande de commentaires.
La déclaration de Rooney a été fournie au tribunal au nom du cofondateur de Palestine Action, Huda Ammori, qui soutient que le fait de désigner son groupe comme une organisation terroriste constitue une restriction autoritaire à la liberté de manifestation.
L’auteure critique ouvertement Israël depuis longtemps, appelant au boycott des institutions israéliennes. Elle avait refusé que ses œuvres soient traduites en hébreu en 2021.
Palestine Action a été interdite en juillet, ce qui le place au même niveau que le groupe terroriste sunnite État islamique (EI) et Al-Qaïda et rend l’adhésion à ce groupe passible d’une peine maximale de quatorze ans de prison.
Le groupe anti-Israël avait de plus en plus ciblé les entreprises liées à Israël en Grande-Bretagne par des « actions directes », bloquant souvent les entrées, brisant les vitres ou pulvérisant de la peinture rouge sur les locaux.
Le ministère britannique de l’Intérieur a décidé d’interdire ce groupe après une série d’actions de plus en plus violentes, qui ont culminé en juin avec une effraction à la base aérienne de la RAF à Brize Norton, où des militants avaient endommagé deux avions.
Les opposants à l’interdiction affirment que les actes de protestation qui causent des dégâts matériels ne constituent pas du terrorisme et que cette mesure restreint le droit de manifester.
Une vidéo diffusée au tribunal cette semaine montre un membre du groupe qui s’était introduit l’an dernier dans une filiale britannique de la société d’armement israélienne Elbit, frappant une agente dans le dos avec une masse alors qu’elle était agenouillée sur le sol pendant l’effraction, lui fracturant la colonne lombaire.
Depuis son interdiction en juillet, plus de 2 000 personnes ont été arrêtées pour avoir brandi des pancartes sur lesquelles on pouvait lire « Je m’oppose au génocide, je soutiens Palestine Action », dont plus d’une centaine devant le tribunal mercredi, selon la police.
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