GB : Procès d’un activiste de Palestine Action qui avait violemment battu une policière
La cour a visionné une vidéo filmée par la caméra portée par un agent lors de la prise d'assaut des locaux d'Elbit par le groupe, à Bristol ; la victime affirme ne plus pouvoir travailler, conduire ou s'habiller seule
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Des images difficiles tournées par la caméra corporelle d’un policier ont été diffusées lundi, lors du procès de six membres de Palestine Action qui avaient pris d’assaut, l’an dernier, une filiale britannique de la société d’armement israélienne Elbit. Dans la séquence, un individu frappe dans le dos une agente, qui est tombée au sol, à l’aide d’une masse.
La victime a souffert de fractures du rachis lombaire.
« Je n’avais aucune idée de ce qui était en train de se passer jusqu’à ce que je me retourne et que je voie un homme avec une masse, qui se tenait derrière moi », a déclaré la sergente Kate Evans, la femme qui apparaît dans la vidéo, lors du procès des membres du groupe anti-israélien dorénavant interdit au Royaume-Uni, a fait savoir Sky News. « J’ai dit quelque chose comme : ‘Vous venez de me frapper avec une masse’, et cet homme ne l’a pas reconnu. Il a simplement recommencé à me dire que j’étais complice de génocide ».
Quand les autres agents ont arrêté les six individus, l’agresseur présumé d’Evans, Samuel Corner, 23 ans, s’est plaint en disant à sa victime que ses menottes étaient trop serrées, a-t-elle dit à la Cour royale de Woolwich.
« Nous avons le devoir de veiller à ce que personne ne soit en souffrance… Ils me semblaient avoir l’air parfaitement bien », a indiqué Evans qui, a noté Channel 4 News, avait tenté de venir en aide aux autres policiers présents, « se déplaçant sur les fesses » parce qu’elle était dans l’incapacité de se tenir debout.
Evans ne peut plus conduire, s’habiller ou se doucher sans aide depuis cette agression, a-t-elle expliqué, ajoutant qu’elle prenait des analgésiques pour supporter « la douleur intense ».
Elle n’a pas pu travailler pendant trois mois et ses horaires de service sont dorénavant limités, a noté la BBC.
???? Palestine Action activist ‘broke police officer’s back with sledgehammer’
The alleged attack is said to have fractured Sgt Kate Evans’ spine
Watch here ⬇️ pic.twitter.com/RlNEzccYQQ
— The Telegraph (@Telegraph) November 25, 2025
Corner est accusé d’avoir causé de graves blessures à Evans. Avec ses coaccusés Charlotte Head, 29 ans, Leona Kamio, 30 ans, Fatema Rajwani, 21 ans, Zoe Rogers, 22 ans, et Jordan Devlin, 31 ans, il doit également répondre devant la justice de cambriolage aggravé, de dommages criminels, de troubles et de violences dans les locaux d’Elbit UK à Bristol.
Tous les prévenus n’ont cessé de clamer leur innocence.
Les six accusés ont été arrêtés au mois d’août dernier sur le site de Bristol, qui appartient à une filiale du fabricant d’armes israélien Elbit Systems, l’un des plus grands fournisseurs de l’armée israélienne.
Lors de leur procès, les accusés ont évoqué leur opposition aux agissements d’Israël en Cisjordanie et à Gaza, ont signalé les médias britanniques.
Les policiers qui sont intervenus lors de l’intrusion dans le bâtiment ont apporté leur témoignage, lundi. Ils ont déclaré avoir vu un agent de sécurité de l’usine qui était couvert de mousse alors que les activistes, qui étaient vêtus de combinaisons rouges et éclaboussés de peinture rouge, brandissaient des masses pour détruire tout ce qui était dans le bâtiment, a rapporté Sky News.
L’un des agents, le policier Aaron Buxton, a indiqué que Corner lui avait également « asséné plusieurs coups de masse » alors qu’il faisait face à un autre intrus.
« J’avais peur. Je pense que le marteau a touché mon mollet droit et ma radio de service. J’ai ressenti une douleur assez intense dans cette partie de ma jambe après cela et j’ai également eu des ecchymoses », a dit Buxton.
Le témoin a raconté qu’il avait ensuite vu Corner attaquer Evans, qui était à genoux et qui tentait d’arrêter un autre activiste.
Evans s’est souvenue que l’un de ses collègues, l’agent Peter Adams, avait été sous le choc quand il avait vu la masse s’abattre sur le dos de la policière.
« Je me souviens avoir levé les yeux et avoir vu que l’agent Adams avait, pour une raison quelconque, un visage choqué, puis j’ai ressenti une douleur dans le dos », a-t-elle indiqué. « Cela a été un choc énorme qui a fait vibrer tout mon dos, un coup sourd dans le dos qui s’est propagé ensuite dans tout mon corps et jusqu’à mes jambes ».
Adams a renchéri en disant que « je me souviens qu’elle hurlait de douleur et qu’elle est tombée à terre sur le dos ».
Il a ajouté que, selon ses souvenirs, Evans avait été frappée à deux reprises. Evans, de son côté, ne se rappelle que d’un seul coup, a expliqué la BBC.
Ce procès devrait durer jusqu’au mois de janvier. Comme les accusations lancées dans le cadre de cette affaire avaient été formulées avant que le Royaume-Uni n’interdise Palestine Action, au mois de juillet dernier, l’interdiction du groupe pour terrorisme n’est pas pertinente dans le cadre de ce dossier précis, ont dit les procureurs.
Les autorités britanniques ont inscrit Palestine Action sur la liste noire des groupes terroristes après que des membres de l’organisation ont fait irruption dans une base de la Royal Air Force dans le centre de l’Angleterre, au mois de juin dernier, vandalisant des avions.
L’interdiction a entraîné des centaines d’arrestations lors de manifestations qui ont été organisées en soutien au groupe, ses partisans affirmant qu’il mène des actions pacifiques.
Certains militants d’extrême droite britanniques se sont emparés, lundi, des images diffusées lors du procès pour critiquer ceux qui avaient accusé les forces de l’ordre d’avoir réprimé avec brutalité certains manifestants anti-israéliens qui étaient descendus dans les rues après le pogrom commis par le Hamas dans le sud d’Israël, le 7 octobre 2023, l’attaque sanglante qui avait été à l’origine de la guerre à Gaza.
« Tous ces politiciens et toutes ces ‘célébrités’ qui les soutiennent et qui les qualifient de ‘non violents’ ? Dites cela à cette WPC ! », a écrit l’activiste d’extrême droite Tommy Robinson dans un post publié sur le réseau social X, faisant référence à Evans par l’abréviation du titre Woman Police Constable, un grade qui a été supprimé par la police britannique dans les années 1990.
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