La Turquie ne remplit pas encore les conditions requises pour l’acquisition de F-35, selon les US
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Jacob Magid est le correspondant du Times of Israël aux États-Unis, basé à New York.

L’administration du président américain Donald Trump a soutenu que la Turquie ne remplissait pas actuellement les critères nécessaires à l’achat d’avions de chasse de type F-35 auprès des États-Unis.
Le Département d’État américain a fait cette révélation dans une lettre qui était adressée au député républicain Wesley Ball en début de semaine. Ball avait contacté la Maison Blanche pour s’enquérir de la question après que Donald Trump a indiqué, lors d’une rencontre avec le président turc Recep Tayyip Erdogan, qu’il était enclin à soutenir la vente de F-35, qui était restée longtemps bloquée.
La Turquie avait rejoint un programme multinational visant à acquérir des avions de combat F-35 auprès des États-Unis, mais elle en avait été exclue en 2020 après avoir acquis des systèmes de défense antiaérienne russes S-400.
L’acquisition des S-400 avait déclenché des sanctions américaines à l’encontre de la Turquie, conformément aux dispositions de la loi CAATSA (Countering America’s Adversaries Through Sanctions Act). Si Trump avait annoncé, lors de sa rencontre du 7 juillet avec Erdogan, qu’il lèverait ces sanctions, la lettre du Département d’État a indiqué que cela n’a pas encore eu lieu.
« Notre politique concernant l’achat de F-35 par la Turquie reste inchangée et pleinement conforme à l’article 231 de la loi CAATSA et à l’article 1245 de la loi de finances de l’exercice 2020 relative à l’autorisation de la défense nationale (FY 2020 NDAA) », est-il écrit dans la lettre adressée à Bell.
« Cela implique notamment de résoudre la question du S-400 en veillant à ce que la Turquie ne possède plus ce système ni les équipements associés, en fournissant des garanties quant à la non-acquisition future de ce système et en respectant les autres exigences légales en matière de certification », poursuit-elle.
« La Turquie n’a pas encore rempli ces conditions », ajoute-t-elle, sans pour autant exclure la possibilité qu’Ankara puisse y parvenir ultérieurement.
Pour répondre aux préoccupations des États-Unis, la Turquie est en pourparlers avec Washington au sujet de la cession du système S-400.
Toutefois, la lettre indique qu’un tel transfert n’a pas encore eu lieu.
Cette lettre semble constituer un nouvel exemple du décalage entre les déclarations publiques qui peuvent être faites par Trump et les politiques menées par les agences de son propre gouvernement.
En début de semaine, le secrétaire à l’Énergie Chris Wright a signé un accord visant à mettre en place un programme nucléaire civil avec l’Arabie saoudite, avant que Trump ne déclare le lendemain que cet accord, pourtant déjà signé, était en réalité subordonné à l’adhésion de Riyad aux Accords d’Abraham.
Dans sa lettre adressée à Bell, le Département d’État exprime également ses inquiétudes concernant les relations de la Turquie avec le Hamas, tout en reconnaissant que ces liens se sont avérés être essentiels pour convaincre le groupe terroriste d’accepter l’accord de cessez-le-feu à Gaza qui avait été négocié par l’administration Trump l’année dernière.
Dans le courrier, le Département d’État félicite également la Turquie d’être devenue membre fondateur du « Conseil de la paix » de Trump, qui est chargé de superviser la gestion de l’après-guerre de Gaza.
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