Menaces de Trump contre l’Iran, vols annulés, Turquie : ce qu’a dit Huckabee en interview
Selon l'ambassadeur US en Israël, la décision d’attaquer l'Iran n'a pas encore été prise ; l'ambassade a été surprise par l'annulation des vols vers Israël ; la Turquie ne recevra pas les F-35
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Samedi, dans une interview télévisée accordée à la chaîne N12, l’ambassadeur américain en Israël, Mike Huckabee, a déclaré que le président américain, Donald Trump, ne décevrait pas le peuple iranien qui risque sa vie en manifestant contre le régime.
« C’est un président qui a fait beaucoup de promesses ; vous aurez du mal à en trouver une qu’il n’ait pas tenue », a déclaré Huckabee.
« Il ne fait pas de menaces en l’air. »
« Ce que je dirais [au peuple iranien], c’est : écoutez attentivement ce que dit le président, croyez-le sur parole. Il tiendra sa promesse », a-t-il ajouté.
Dans le même temps, Huckabee a estimé qu’aucune décision n’avait été prise concernant une attaque américaine contre Téhéran, car le président Trump espère toujours une solution pacifique qui permettrait au régime iranien de cesser de menacer Israël et les États-Unis, et de renoncer à son programme nucléaire.
« Je dirais que la décision doit encore être prise », a déclaré l’ambassadeur.
« Le président Trump espère toujours obtenir le meilleur résultat possible. N’oublions pas qu’il est, en effet, passé maître dans ‘l’art de la négociation’. Et s’il parvient à obtenir ce résultat, alors ce sera l’idéal. »
« Mais s’il n’y parvient pas, il n’hésitera pas à faire ce qu’il a prouvé être capable de faire l’été dernier lorsqu’il a lancé l’Opération Midnight Hammer », a ajouté Huckabee, faisant référence aux frappes américaines contre les installations nucléaires iraniennes en juin 2025.
Tout en restant évasif sur la question de savoir si les États-Unis allaient frapper l’Iran, ce qui risquerait de provoquer une riposte iranienne contre Israël, Huckabee a expliqué que l’ambassade américaine avait été prise de court lorsque certaines compagnies aériennes ont annulé leurs vols vers Israël en raison des tensions imminentes avec l’Iran.
« Le week-end dernier, des compagnies aériennes du monde entier ont commencé à annuler leurs vols, et honnêtement, notre réaction à l’ambassade a été : ‘Mais qu’est-ce qui se passe ?’ », a-t-il déclaré.
« Cela nous a complètement pris au dépourvu », a-t-il ajouté.
« Nous ne voyons aucune raison. Nous ne demandons pas à nos employés de l’ambassade de rester chez eux et de ne pas se déplacer. »
Huckabee a affirmé ne pas connaître le calendrier d’une éventuelle attaque américaine contre l’Iran, ni savoir si l’Iran déciderait de lancer une offensive contre Israël.
Il a toutefois souligné qu’à l’heure actuelle, il n’entendait pas le président Trump évoquer de date butoir ou d’ultimatum concernant cette décision, et que les Israéliens devaient continuer à vivre normalement, « et s’ils entendent les sirènes, ils doivent réagir ».
L’Iran a déclaré qu’il riposterait contre Israël s’il était attaqué par les États-Unis et a également menacé les bases militaires et les porte-avions américains dans la région.
Trump a menacé à plusieurs reprises d’intervenir si l’Iran continuait à tuer des manifestants dans le cadre de la répression des manifestations anti-régime. Les États-Unis ont envoyé plusieurs navires de guerre dans la région, qui sont arrivés la semaine dernière.
Les États-Unis ont affirmé qu’un accord avec l’Iran devra inclure l’interdiction de l’enrichissement d’uranium en Iran, le retrait de l’uranium déjà enrichi d’Iran, un plafonnement des stocks de missiles à longue portée de l’Iran et un recul du soutien de l’Iran à ses mandataires dans la région – autant de conditions que Téhéran a déclaré ne pas accepter.
La Turquie ne recevra pas de F-35
Huckabee a également indiqué à la chaîne N12 que la Turquie, dont le gouvernement est très hostile à Israël, ne pourra pas acheter de chasseurs F-35 américains, malgré les déclarations contraires de Trump le mois dernier.
« Quiconque pense qu’il y a une égalité ici, qu’il s’agit d’un ami A, d’un ami B, se trompe complètement », a-t-il déclaré.
« [La Turquie] ne les obtiendra pas », a-t-il poursuivi.
« Cela doit passer par le Sénat, et cela a peu de chances d’aboutir. De plus, en vertu de la loi, la Turquie ne pourrait pas les obtenir à moins d’apporter des modifications majeures au matériel qu’elle a reçu de la Russie, » en référence aux S-400 achetés par Ankara en 2017.
L’ambassadeur a également déclaré que la Turquie et le Qatar, dont la présence au sein du Comité exécutif de Gaza inquiète Israël, ne joueront aucun rôle dans la gouvernance de la bande de Gaza, mais qu’on espère plutôt qu’ils contribueront à forcer le groupe terroriste palestinien du Hamas à désarmer.
Huckabee est convaincu que le groupe terroriste finira par désarmer à mesure que le plan Trump pour Gaza entrera dans sa deuxième phase.
« Le président a déclaré qu’ils allaient désarmer et qu’ils n’auraient aucun rôle à jouer à Gaza », a-t-il ajouté.
« Comment cela se passera-t-il ? Quand cela se passera-t-il ? Qui s’en chargera ? Il reste quelques points d’interrogation quant aux réponses à ces questions. Je suis convaincu que tout cela se produira. »
« Tous les pays arabes du monde ont signé l’accord, affirmant que cela allait se produire. Le Hamas a signé l’accord », a-t-il ajouté.
« Je ne fais pas confiance au Hamas pour quoi que ce soit, mais je fais confiance au reste du monde pour lui dire : vous avez signé. Vous êtes responsable. Si vous ne respectez pas vos engagements, le monde entier se soulèvera et vous renversera. »
Selon Huckabee, même si Israël pourrait jouer un rôle dans ce scénario, le désarmement du Hamas ne sera pas uniquement laissé à Israël.
« Ce sera l’affaire de tous », a-t-il déclaré.
Interrogé sur la poursuite de l’expansion des Accords d’Abraham et sur les efforts de normalisation en cours, Huckabee a déclaré s’attendre à ce que d’autres nations rejoignent ces accords de paix historiques.
Les Saoudiens « ont fait des déclarations contradictoires, mais c’est leur décision », a-t-il déclaré.
Huckabee a ajouté que même le Liban pourrait adhérer à ces accords, citant une récente rencontre avec son homologue à Beyrouth au cours de laquelle ils ont discuté de « la manière dont nous, Américains, pouvons aider nos pays hôtes à mieux se comprendre, à apaiser les tensions et, espérons-le, à progresser vers l’objectif du président d’adhérer aux Accords d’Abraham ».
Journée au tribunal
Interrogé sur sa présence controversée au tribunal lors du procès pour corruption du Premier ministre Benjamin Netanyahu l’an dernier, Huckabee a répondu que les États-Unis n’avaient pas l’intention d’interférer dans le procès, mais qu’ils prenaient position.
« Les Américains sont aussi directs que les Israéliens quand il s’agit de s’exprimer », a déclaré l’ambassadeur.
« Oui, je pense que nous avons pris position, mais il ne s’agissait pas de remettre en cause l’intégrité de la Cour suprême, mais plutôt de reconnaître que ce qui se passait reflétait en grande partie ce que nous avons vu aux États-Unis à l’encontre du président Trump. »
L’envoyé, un proche allié de Trump, faisait référence aux nombreuses affaires pénales visant le président américain, le premier dirigeant américain à avoir été condamné pour un crime.
Huckabee a nié que Netanyahu lui ait demandé de se présenter au tribunal. Il n’a pas non plus voulu révéler l’endroit où il s’était procuré le Bugs Bunny qu’il a brandi à l’extérieur du tribunal, en référence à l’une des accusations portées contre Netanyahu : « Je dirai simplement qu’il est apparu. »
L’envoyé américain a déclaré à la chaîne N12 que l’ambassade n’avait eu aucun contact avec le président Isaac Herzog au sujet d’une éventuelle grâce accordée à Netanyahu, et a affirmé que Trump respectait Israël en tant que nation souveraine dotée de son propre système judiciaire.
En novembre, Trump a envoyé une lettre ouverte à Herzog, l’appelant à utiliser son pouvoir de grâce en faveur du Premier ministre inculpé. Le président américain a ensuite déclaré que Herzog lui avait dit qu’une grâce était « en cours », ce que ce dernier a démenti.
Interrogé sur la question de savoir si Trump tenterait de soutenir ouvertement Netanyahu lors des prochaines élections législatives, qui doivent avoir lieu au plus tard en octobre 2026, l’ambassadeur a répondu que cela n’arriverait pas.
« Je ne pense pas que le président va s’impliquer dans les élections. »
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