Nasser aurait dit en 1970 qu’il ne portait pas d’intérêt à la cause palestinienne – enregistrement
Contrastant avec ses déclarations publiques de l'époque, le président égyptien a affirmé à Kadhafi qu'il n'avait d'intérêt que dans le Sinaï, capturé par Israël en 1967, et qu'il préférait ne plus combattre Israël
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Lazar Berman est le correspondant diplomatique du Times of Israël

Un enregistrement du président égyptien Gamal Abdel Nasser datant de 1970 et témoignant d’un manque d’intérêt pour la cause palestinienne suscite l’émoi en Égypte depuis qu’il a été rendu public, il y a quelques jours, a rapporté le journal Haaretz.
« Nous ne nous intéressons pas à la question palestinienne. Nous ne parlerons que du Sinaï. Lorsque [les Israéliens] quitteront le Sinaï, il y aura un accord », aurait-il déclaré au dictateur libyen Mouammar Kadhafi dans l’extrait audio.
Des enregistrements qui contredisent l’image publique de Nasser – qui avait menacé à plusieurs reprises de détruire Israël dans ses discours, qui avait créé l’Organisation de libération de la Palestine, qui avait pris la tête de la partie arabe lors de la guerre des Six jours menée à l’encontre d’Israël en 1967, et qui avait emprisonné des centaines de Juifs après la victoire d’Israël.
Mais dans l’enregistrement de 1970, diffusé sur la chaîne YouTube du fils d’Abdel Nasser, il ne semble montrer aucun intérêt pour la lutte contre Israël : « Si quelqu’un veut lutter — qu’il lutte, et si quelqu’un veut se battre — qu’il se batte. Mais aujourd’hui, les Irakiens nous disent — Toute la Palestine, du fleuve à la mer, ou rien ».
Il semble penser que vaincre Israël au combat est une chimère.
« Si nous voulons atteindre nos objectifs, nous devons être réalistes », aurait-il déclaré à Kadhafi. « Vous pouvez mobiliser les forces, aller à Bagdad et essayer de vous battre contre Israël. Nous resterons à l’écart de cette opération, laissez-nous tranquilles — nous choisirons une solution non violente et défaitiste. Je peux m’en accommoder. »
A recently released bombshell recording has sparked major controversy in Egypt and the Arab world.
In 1970, former Egyptian President Gamal Abdel Nasser told Gaddafi:
"I am ready to normalize with Israel, and I have nothing to do with the Palestinian cause." pic.twitter.com/BvtGYJUn52
— Xumas (@xumas_iq) April 28, 2025
Les médias égyptiens cités par Haaretz ont fait savoir que les enregistrements se trouvaient en possession de la famille Nasser. La bibliothèque publique d’Alexandrie a démenti les affirmations qui laissaient entendre que ces séquences audios étaient issues de ses archives, a ajouté le journal.
Selon le quotidien, les partisans de Nasser en Égypte – et notamment son fils – ont pris la défense de l’ancien président, affirmant que ces enregistrements démontraient qu’il était un homme d’État sérieux sommé de naviguer dans une réalité difficile.
Ses détracteurs, en revanche, ont estimé que les enregistrements mettaient en lumière la différence entre son idéologie personnelle et son image publique de leader militant.
Le site d’information Walla a signalé que les députés du parlement égyptien plaidaient en faveur d’une législation sur la liberté d’information qui autoriserait l’accès à d’autres enregistrements historiques.
Nasser était décédé en septembre 1970 d’une crise cardiaque, environ un mois après la conversation qui avait été enregistrée.
La veille de sa mort, Nasser était parvenu à faire signer un cessez-le-feu au roi Hussein de Jordanie et au chef de l’OLP, Yasser Arafat, mettant ainsi un terme à un conflit connu sous le nom de « Septembre noir ».
Sa plus grande victoire avait été la nationalisation du canal de Suez en 1956 – qui avait déclenché une crise au cours de laquelle la Grande-Bretagne, la France et Israël s’étaient préparés à attaquer l’Égypte.
Après dix jours de combats et alors que les tensions grimpaient en flèche, les pays avaient cédé et le canal avait été rouvert sous contrôle égyptien en 1957.
Nasser avait également supervisé la construction du haut barrage d’Assouan, qui avait été inauguré en 1964.
Il avait essuyé sa plus grande défaite au mois de juin 1967, lors de la guerre des Six Jours. Israël avait vaincu l’Égypte, la Jordanie et la Syrie et le pays avait pris le contrôle, entre autres, de la péninsule égyptienne du Sinaï.
Nasser avait été remplacé par Anwar Sadat, qui avait déclenché la guerre du Kippour en 1973, surprenant Israël. Il avait signé un traité de paix avec Israël en 1978 – l’État juif s’était alors retiré du Sinaï en échange de la normalisation des relations diplomatiques avec Le Caire.
L’équipe du Times of Israel a contribué à cet article.
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