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Priti Patel : Starmer trahit Israël et fait rater à la Grande-Bretagne son rôle dans l’après-guerre à Gaza

À Jérusalem, la fervente partisane d'Israël et ministre conservatrice des Affaires étrangères du cabinet fantôme, accuse les Travaillistes de perdre toute influence au Moyen-Orient, d'encourager le Hamas et d'ignorer l'antisémitisme

Lazar Berman est le correspondant diplomatique du Times of Israël

La ministre britannique des Affaires étrangères du cabinet fantôme, Priti Patel, s'adresse au Times of Israel à la Knesset, le 25 novembre 2025. (Crédit : Bureau de Priti Patel)
La ministre britannique des Affaires étrangères du cabinet fantôme, Priti Patel, s'adresse au Times of Israel à la Knesset, le 25 novembre 2025. (Crédit : Bureau de Priti Patel)

Sous le gouvernement travailliste de Keir Starmer, le Royaume-Uni « n’a plus sa place à la table des négociations » pour les décisions clés concernant l’avenir du Moyen-Orient, a déclaré la haute responsable des Affaires étrangères de l’opposition britannique.

« Le pays n’est même pas à l’entrée des négociations – ne parlons pas de la table », a déclaré mardi Priti Patel, ministre britannique des Affaires étrangères du cabinet fantôme, au Times of Israel depuis la Knesset, à Jérusalem.

Si Starmer, le mois dernier, a assisté au sommet sur la paix à Gaza organisé par le président américain Donald Trump à Charm el-Cheikh, Londres n’a toutefois pas joué un rôle central dans la médiation entre Israël et le Hamas, ni dans l’élaboration du plan en 20 points de Trump pour Gaza. Starmer figurait parmi les dirigeants mondiaux que Trump a particulièrement félicités lors du sommet.

Le Royaume-Uni « a choisi d’abdiquer ses responsabilités et de ne pas jouer son rôle », a souligné Patel, ancienne ministre de l’Intérieur et secrétaire d’État au Développement international sous le gouvernement conservateur. « Cela s’est clairement vu lorsque la Grande-Bretagne n’a même pas été capable de prendre position sur les frappes iraniennes il y a quelques mois – ce qui est tout simplement terrible. Cela démontre que la Grande-Bretagne n’est pas un acteur d’envergure mondiale. »

En juin, après que les États-Unis se sont joints à la campagne de bombardements d’Israël contre les sites nucléaires iraniens, Starmer a affirmé qu’il ne fallait pas autoriser l’Iran à se doter de l’arme nucléaire, tout en soulignant l’importance de la désescalade et du retour à la table des négociations.

En 2024, la Royal Air Force a participé à la riposte aux deux grandes attaques iraniennes à la roquette et au drone contre Israël. Mais elle n’a pas, cette année, été sollicitée pour contribuer aux attaques qui visaient les sites nucléaires iraniens.

Soldats britanniques au travail au Centre de coordination civilo-militaire de Kiryat Gat, en Israël, le 19 novembre 2025 (Crédit : Lazar Berman/The Times of Israel)

Un porte-parole du groupe Labour Friends of Israel (LFI) a défendu le bilan de Keir Starmer sur l’Iran.

« Priti Patel a servi dans un gouvernement qui n’a pratiquement rien fait pour lutter contre la menace posée par l’Iran », a indiqué le porte-parole du LFI au Times of Israel. « Le gouvernement de Keir Starmer, en revanche, a instauré des sanctions ‘snapback’ contre Téhéran. Il propose une législation visant à interdire le corps des gardiens de la révolution islamique, et il a mis en place de nouvelles restrictions pour lutter contre ceux qui font pression en faveur du régime. »

Patel, en tant qu’élue de l’opposition, ne prend pas de décisions sur la politique étrangère du Royaume-Uni et n’a pas d’influence directe sur la position de Londres au Moyen-Orient – ou ailleurs. Mais cette position fait d’elle une candidate au poste de ministre des Affaires étrangères dans un gouvernement dirigé par les conservateurs, et lui offre une tribune puissante pour critiquer ceux qui prennent les décisions et mobiliser l’opposition face aux décisions gouvernementales que son parti considère comme erronées.

Patel a fait savoir qu’elle considérait qu’il relevait de sa responsabilité « de demander des comptes au gouvernement sur le fait qu’il n’a plus de place à la table des négociations, aux côtés de nos amis israéliens ».

Le président américain Donald Trump sur le podium lors d’un sommet sur la paix à Gaza, sous les applaudissements de dirigeants tels que le Premier ministre britannique Keir Starmer, à droite, dans la station balnéaire égyptienne de Charm el-Cheikh, le 13 octobre 2025. (Crédit : AP Photo/Amr Nabil)

Dimanche, Patel s’est rendue au Centre de coordination civilo-militaire (CMCC) de Kiryat Gat, le quartier général de l’effort international mené par les États-Unis pour mettre en œuvre le plan en 20 points proposé par le président américain Donald Trump pour Gaza. S’il n’y joue pas un rôle de premier plan, le Royaume-Uni y a toutefois envoyé du personnel militaire et civil.

Patel a rencontré le général de division Tom Bateman, chef de la mission britannique sur place, ainsi que des représentants de l’armée israélienne du Coordinateur des activités gouvernementales dans les territoires (COGAT).

Elle a appelé à une présence britannique accrue au CMCC, afin de garantir « l’élimination du Hamas ».

« Seule l’élimination du Hamas nous intéresse », a indiqué Patel. « Cela doit être le point de départ, et ce dès maintenant. Le Hamas ne peut pas continuer d’exister, point final. Il ne doit plus rien rester de lui. »

« Nous disons tous, eh bien, ils ne peuvent, ne doivent pas gouverner, etc. Nous ne devrions même pas prononcer cette phrase. Le Hamas doit être éliminé », a-t-elle souligné.

Des terroristes du Hamas gardant une zone où ils recherchent les corps d’otages avec l’aide du Comité international de la Croix-Rouge (CICR), à Gaza-City, le 3 novembre 2025. (Crédit : Omar al-Qattaa/AFP)

Six semaines après l’entrée en vigueur du cessez-le-feu à Gaza, la frustration d’Israël face à ce que l’État juif qualifie de violations répétées de l’accord par le Hamas a atteint son paroxysme.

Samedi, Israël a mené des frappes meurtrières à travers l’enclave côtière. Une frappe sur Gaza-City a notamment visé le chef de la branche armée du Hamas.

La première phase du plan en 20 points de Trump pour un cessez-le-feu a servi de base à l’accord de trêve et d’échange d’otages conclu le 9 octobre entre Israël et le Hamas.

La phase suivante du plan prévoit notamment un retrait plus important d’Israël de l’enclave, la mise en place d’une autorité de transition pour gouverner Gaza, le déploiement d’une force de sécurité multinationale destinée à prendre le relais de l’armée israélienne et le désarmement du Hamas. Le début de la reconstruction doit également intervenir dans le cadre de la phase deux.

Sur cette photo fournie par la Chambre des communes, des députés de l’opposition écoutent le procureur général britannique Geoffrey Cox s’exprimer au Parlement à Londres, le mercredi 25 septembre 2019. Les législateurs britanniques sont retournés à la Chambre des communes mercredi, exprimant leur colère refoulée face à la tentative ratée du Premier ministre Boris Johnson de suspendre le Parlement et avertissant que la démocratie elle-même est menacée par le gouvernement. (Crédit : Jessica Taylor/Chambre des communes via AP)

« L’éradication et l’élimination du Hamas sont au centre de toutes les préoccupations », a déclaré Patel à propos du CMCC. « Et s’il existe une volonté collective d’œuvrer dans ce sens, alors nous devons lui apporter notre soutien et notre appui. Je pense par ailleurs que le Royaume-Uni devrait s’impliquer dans ce processus et agir de même. »

Patel a toutefois précisé ne pas être favorable à l’envoi de troupes britanniques à Gaza.

En septembre, Starmer s’est joint aux nombreux pays occidentaux qui ont reconnu un État palestinien dans le cadre d’une campagne qui visait à pousser Israël à mettre fin à la guerre à Gaza et à commencer à travailler à un accord de paix global avec l’Autorité palestinienne. Une décision qui, pour Patel, avait allégé la pression exercée sur le Hamas pour qu’il accepte de libérer les otages et d’accepter une proposition de cessez-le-feu soutenue par les États-Unis.

« Cette décision les a très certainement enhardis », a-t-elle estimé. « Cela ne fait aucun doute. »

Image diffusée par le bureau des médias du Hamas montre l’otage Gadi Mozes lors de sa remise à une équipe de la Croix-Rouge à Khan Younès, dans la bande de Gaza, le 30 janvier 2025 (Crédit : Hamas Media Office/AFP)

Starmer a annoncé la reconnaissance officielle d’un État palestinien par le Royaume-Uni le même jour que le Canada, l’Australie et le Portugal, affirmant avec fierté que cela « raviverait l’espoir de paix pour les Palestiniens et les Israéliens, et la possibilité d’une solution à deux États ».

La France a été la première à reconnaître un État palestinien. Au mois de juillet, Paris avait indiqué qu’il s’engagerait en ce sens lors de l’Assemblée générale des Nations unies, en septembre.

« Lorsqu’il a annoncé la reconnaissance, il s’est caché derrière [le Premier ministre canadien] Mark Carney et [le président français Emmanuel] Macron, les autres gouvernements de gauche. »

Le Premier ministre britannique Keir Starmer, à gauche, et le président français Emmanuel Macron lors d’une conférence de presse conjointe à Londres, le 10 juillet 2025. (Leon Neal/Pool Photo via AP)

Pour sa part, le ministre en charge du Moyen-Orient, Hamish Falconer, a vivement critiqué Patel pour son compte-rendu du bilan du gouvernement Starmer.

« Le gouvernement britannique récuse totalement la description de la diplomatie britannique faite par la ministre des Affaires étrangères du cabinet fantôme. Elle devrait s’abstenir de dénigrer ainsi la Grande-Bretagne à travers le monde », a affirmé Falconer au Times of Israel.

Selon Patel, la politique du gouvernement britannique à l’égard d’Israël « lui est dictée par les députés d’arrière-ban du Parti travailliste ».

« Ils critiquent tous ceux qui défendent Israël. Tous ceux qui affirment que le Hamas est responsable des violences qui ont eu lieu, tous ceux qui disent que le Hamas est responsable, ils les huent au Parlement », a-t-elle expliqué à propos des députés travaillistes. « Ils ne comprennent absolument rien à cette partie du monde, mais ils choisissent de se ranger idéologiquement du côté des mauvaises organisations, avec les mauvaises personnes. »

Patel a de surcroît accusé les députés britanniques d’établir une – fausse – équivalence entre la gestion de Gaza par Israël et l’expérience du Royaume-Uni avec le processus de paix en Irlande du Nord, dans les années 1990.

Le Premier ministre britannique Tony Blair, le sénateur américain George Mitchell et le Premier ministre irlandais Bertie Ahern, après la signature de l’accord de paix en Irlande du nord, le 10 avril 1998. (Crédit :AP Photo)

Le gouvernement de Starmer, a déploré Patel, « utilise le terme de ‘désarmement’. Mais nous ne sommes pas en Irlande du Nord. La situation n’est absolument pas comparable. Ils doivent cesser cette comparaison. Vraiment. »

L’accord de Belfast, en 1998, prévoyait la création d’une commission internationale indépendante chargée de procéder au désarmement total de tous les groupes paramilitaires. Le processus a été achevé en 2006.

« C’est une insulte à Israël », a souligné Patel à propos de cette comparaison. « C’est aussi une insulte au conflit qu’Israël mène seul et courageusement depuis de nombreuses années. C’est une situation sans précédent, un ensemble de circonstances absolument différentes. »

Les troupes de l’armée israélienne déployées le long de la frontière entre Israël et la bande de Gaza prennent position dans leurs véhicules blindés près de la barrière frontalière, le 21 octobre 2025. (Crédit : Jack GUEZ / AFP)

Durant le conflit à Gaza, qui a débuté avec l’invasion dévastatrice du sud d’Israël par le Hamas le 7 octobre 2023, Israël n’a pas violé les lois de la guerre, a affirmé Patel sans aucune équivoque. Des organisations de défense des droits de l’homme et des organes des Nations unies ont accusé Israël de mener un « génocide » à Gaza – une accusation fermement rejetée par Israël.

De telles accusations, a-t-elle ajouté, « émanent de la gauche idéologique et d’organisations internationales qui sont devenues des militants politiques » et qui utilisent l’argent des contribuables britanniques pour mener campagne contre Israël.

La lutte contre l’antisémitisme

Patel, 53 ans, est née à Londres de parents ougandais et indiens. C’est en 2010 qu’elle a été élue pour la première fois au Parlement. Elle est ensuite devenue ministre de l’Emploi en 2015, figure de proue des eurosceptiques.

L’année suivante, Patel a obtenu le portefeuille du ministère britannique de l’Aide au développement. Elle a été contrainte de démissionner en novembre 2017, après qu’il a été révélé qu’elle avait tenu une série de réunions avec des dirigeants israéliens, notamment le Premier ministre Benjamin Netanyahu, au sujet de l’octroi de fonds à l’armée israélienne pour fournir de l’aide aux Syriens, sans en avoir correctement informé le gouvernement.

Le Premier ministre britannique Boris Johnson (2e à droite), la ministre de l’Intérieur Priti Patel (2e à gauche), la commissaire de la police métropolitaine Cressida Dick (à gauche) et le commissaire de la police de la City de Londres Ian Dyson arrivent sur les lieux d’une agression à l’arme blanche, sur le London Bridge dans la City de Londres, le 30 novembre 2019. (Crédit : SIMON DAWSON / POOL / AFP)

Selon le Jewish Chronicle, l’ancienne lobbyiste du tabac entretenait depuis longtemps des liens avec des groupes pro-Israël. Elle a notamment occupé les fonctions de responsable des Conservative Friends of Israel au Parlement.

En 2022, lors d’un rassemblement des CFI, elle a fait part du caractère « profondément personnel » de son soutien à Israël, ajoutant que l’État juif et le Royaume-Uni partageaient une « foi inébranlable en la liberté, la démocratie et la sécurité ».

Nommée secrétaire à l’Intérieur par le Premier ministre Boris Johnson en 2019, elle a conduit la décision britannique de classer l’ensemble du Hamas comme étant un « groupe terroriste islamiste », avertissant en 2021 que ses membres, ainsi que ses sympathisants et soutiens, pourraient être condamnés à de lourdes peines de prison.

En tant que secrétaire à l’Intérieur, Patel s’est exprimée sans détours sur la menace de l’antisémitisme, appelant les entreprises de réseaux sociaux à agir plus rapidement pour supprimer les contenus antisémites de leurs plateformes.

Le gouvernement travailliste, en revanche, a échoué dans la lutte contre l’antisémitisme, a-t-elle déclaré lundi.

« Ce parti a toujours été associé à l’antisémitisme », a précisé Patel.

Jeremy Corbyn, à gauche, est assis en attendant de parler à côté de Keir Starmer lors de leur événement de campagne électorale sur le Brexit à Harlow, en Angleterre, le 5 novembre 2019. (Crédit : Matt Dunham/AP)

Le Parti travailliste, avant Starmer, était placé sous la direction de Jeremy Corbyn, dont les critiques virulentes à l’égard d’Israël et les liens avec des partisans du terrorisme palestinien ont conduit à une profonde fracture avec la communauté juive britannique ainsi qu’à de graves accusations d’antisémitisme. Corbyn a finalement été reconnu coupable de discrimination antisémite par l’organisme britannique de lutte contre le racisme. Il a alors été exclu de la direction du Parti travailliste, ainsi que plusieurs autres membres de son camp.

Patel a toutefois reproché à Starmer de ne pas avoir suffisamment cherché à se distancier, tant lui que son parti, de Corbyn.

« Keir Starmer a fait partie du cabinet fantôme de Jeremy Corbyn », a-t-elle déclaré. « Il n’a pas critiqué Jeremy Corbyn. Il n’a pas menacé de démissionner. Il ne s’est pas démarqué. Il ne s’est pas joint aux condamnations massives qui ont visé le Parti travailliste pour son antisémitisme. »

Élu pour remplacer Corbyn au début de l’année 2020, Starmer a passé une grande partie de sa carrière de parlementaire à débarrasser le Parti travailliste de l’héritage d’extrémisme et de racisme de l’extrême gauche et à se rapprocher du centre électoral. Après avoir été élu chef du parti, sa première action a été de présenter ses excuses aux Juifs britanniques et de s’engager à débarrasser le parti de l’antisémitisme, contribuant ainsi à rétablir les relations avec la communauté juive.

C’est avec une large avance sur les conservateurs que le leader travailliste a remporté les élections législatives de juillet 2024, remplaçant Rishi Sunak et ramenant son parti au pouvoir pour la première fois depuis 2010.

Mais ces dernières semaines, il a obtenu des résultats presque sans précédent dans les sondages d’opinion britanniques. Ipsos a ainsi qualifié son taux d’approbation de 13 % comme le plus bas jamais enregistré depuis le début des sondages en 1977.

« Qu’a-t-il fait ? », a demandé Patel, faisant référence aux mesures prises par Starmer pour lutter contre l’antisémitisme. « Starmer n’a aucun bilan à son actif. Il s’est contenté de publier des déclarations. Les ministres de son gouvernement diront : ‘Nous avons investi de l’argent pour protéger les lieux de culte.’ J’ai bien peur que cela ne soit pas suffisant. »

Des manifestants pro-palestiniens et anti-Israël brandissent des pancartes et agitent des drapeaux dans le centre de Londres, le 11 octobre 2025. (Crédit : HENRY NICHOLLS / AFP)

Pour sa part, le porte-parole du LFI a réagi aux critiques de Patel en déclarant : « Même les critiques les plus virulents de Keir Starmer reconnaissent son engagement sans faille et ses résultats remarquables dans la lutte contre l’antisémitisme au sein du Parti travailliste. Il a exclu Jeremy Corbyn et chassé l’extrême gauche. Les propos de Priti Patel montrent bien qu’elle s’intéresse davantage à lancer des attaques politiques faciles et mensongères qu’à s’engager sérieusement dans les questions mondiales complexes et difficiles auxquelles la Grande-Bretagne est confrontée. »

La Grande-Bretagne, comme la plupart des autres pays du monde, connaît une recrudescence de l’antisémitisme depuis le 7 octobre 2023. Londres a par ailleurs été le théâtre de plusieurs importantes manifestations anti-Israël.

Dimanche, des manifestants anti-israéliens se sont rassemblés devant la synagogue St. John’s Wood United, scandant « De la rivière à la mer, la Palestine sera libre », dernier signe en date de la pression à laquelle font face les Juifs britanniques.

Pour Patel, ces manifestations sont « tout simplement inacceptables ».

« À Londres, nous avons un maire travailliste qui encourage les manifestants à organiser des marches haineuses dans notre capitale. Le Parti travailliste est impliqué dans ces marches haineuses qui se déroulent dans tout le Royaume-Uni », a-t-elle affirmé, faisant référence au maire Sadiq Khan.

Les autorités ont interdit le groupe militant Palestine Action, et arrêté des centaines de personnes pour avoir défilé en soutien à l’organisation. Mais selon Patel, les manifestants anti-Israël s’étaient « enhardis parce qu’aucune sanction n’était prise à leur encontre ».

La police aurait dû faire preuve de « bien plus de sévérité » envers les manifestants, a-t-elle estimé.

« Nous devons envisager de modifier nos lois et notre législation concernant les personnes qui incitent à l’antisémitisme », a ajouté Patel. « Des poursuites judiciaires devraient être engagées contre ces personnes. Je pense qu’il devrait y avoir des lois contre elles. »

Le rabbin Daniel Walker (3ᵉ à gauche) parmi des policiers armés, discutant avec des membres de la communauté juive après une attaque terroriste meurtrière devant la synagogue de la Congrégation hébraïque de Heaton Park, à Crumpsall, au nord de Manchester, le 2 octobre 2025. (Crédit : Paul Currie/AFP)

Seul un tiers des Juifs britanniques pensent que les Juifs ont un avenir à long-terme au Royaume-Uni. La moitié ont envisagé de quitter la Grande-Bretagne en raison de l’antisémitisme au cours des deux dernières années, selon une enquête publiée en janvier par la Campaign Against Antisemitism.

« Les Juifs britanniques ont-ils un avenir ? », a demandé Patel. « Naturellement. La Grande-Bretagne est leur patrie, et elle le restera toujours. Nous aurons besoin de politiciens courageux pour remettre en cause cette normalisation de l’antisémitisme. »

Les accusations de préjugés contre les Juifs ont même envahi le football, passe-temps très prisé au Royaume-Uni.

Selon des révélations faites par les forces de l’ordre néerlandaises au journal londonien Sunday Times, la police britannique, au début du mois, a utilisé de fausses informations pour justifier l’interdiction faite aux supporters israéliens d’assister à un match à Birmingham. Un épisode que Patel a qualifié de « honte totale et absolue ».

Le mois dernier, le club de football d’Aston Villa a annoncé qu’aucun supporter du Maccabi ne serait autorisé à assister au match, à la suite d’une évaluation de la police qui a classé cette rencontre comme « à haut risque », invoquant les « affrontements violents et les crimes haineux » survenus lors d’un match de Ligue Europa à Amsterdam entre le Maccabi et l’équipe locale de l’Ajax, en novembre dernier.

Des policiers escortent une femme brandissant un drapeau israélien loin des manifestants anti-israéliens devant Villa Park à Birmingham, le 6 novembre 2025, avant le match de football de la phase de groupes de l’UEFA Europa League entre Aston Villa et le Maccabi Tel Aviv. (Crédit : HENRY NICHOLLS / AFP)

« La Grande-Bretagne aime le football », a expliqué Patel. « Nous savons comment assurer le maintien de l’ordre lors des matchs. En tant que ministre de l’Intérieur, nous avons déjà dû nous occuper du maintien de l’ordre lors de matchs de football. »

Les allégations concernant le match de football sont « réellement inquiétantes », a-t-elle ajouté. « Tout cela remet en question l’objectivité de la prise de décision. »

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