Priti Patel nommée secrétaire britannique à l’Intérieur
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Priti Patel nommée secrétaire britannique à l’Intérieur

L'ancienne ministre du Développement international avait démissionné après avoir tenu des réunions secrètes avec des responsables israéliens

La députée conservatrice Priti Patel à son arrivée au 10 Downing Street, à Londres, le 24 juillet 2019. (AP Photo / Matt Dunham)
La députée conservatrice Priti Patel à son arrivée au 10 Downing Street, à Londres, le 24 juillet 2019. (AP Photo / Matt Dunham)

Priti Patel, qui a démissionné de son poste de ministre du Développement international en 2017 suite à des réunions non autorisées avec de hauts responsables israéliens, a été nommée ce mercredi secrétaire de l’Intérieur par le Premier ministre britannique Boris Johnson.

Patel a démissionné en novembre 2017 après qu’il a été révélé qu’elle avait participé à une série de réunions avec des dirigeants israéliens – y compris le Premier ministre Benjamin Netanyahu – sans en informer le gouvernement. Les réunions avaient pour sujet l’attribution d’une aide à l’armée israélienne dans ses efforts humanitaires en Syrie.

Patel s’était excusée pour la tenue de 12 réunions distinctes lors d’un voyage en famille en Israël en août de cette année-là, sans en informer préalablement le bureau des Affaires étrangères ou Downing Street.

Le Jewish Chronicle avait à l’époque rapporté que Patel avait informé le 10 Downing Street de ses réunions et qu’il lui avait été conseillé de ne pas révéler l’une d’elles – avec le responsable du ministère des Affaires étrangères israélien, Yuval Rotem, à New York – afin de sauver la face du bureau des Affaires étrangères. Downing Street a nié les affirmations, les définissant comme « catégoriquement fausses ».

Le député conservateur Dominic Raab arrive au 10 Downing Street, à Londres, le 24 juillet 2019. (AP Photo / Matt Dunham)

Dominic Raab, qui a été nommé mercredi par Johnson en tant que nouveau ministre des Affaires étrangères du Royaume-Uni – le plus haut diplomate du pays – a démissionné de son poste de ministre du Brexit au sein du gouvernement de Theresa May l’année dernière, affirmant que l’accord de divorce qu’elle avait conclu avec Bruxelles offrait trop de compromis.

Diplômé d’Oxford et de Cambridge, âgé de 45 ans et fils d’un Juif tchèque qui a fui les nazis, Raab aurait passé l’été 1998 dans une université proche de Ramallah et s’est impliqué très tôt dans le conflit israélo-arabe, travaillant en Cisjordanie avec un ancien négociateur palestinien du processus de paix d’Oslo.

Raab a causé la polémique sur les réseaux sociaux pour avoir avoué lors d’une conférence qu’il « n’avait pas tout à fait compris » l’importance du port trans-manche de Douvres pour l’économie britannique. L’année dernière, Douvres a traité 17 % des échanges commerciaux internationaux de la Grande-Bretagne – un chiffre qui risque de s’effondrer dans un scénario de « non-accord » au sujet du Brexit, que Raab avait déclaré ne pas craindre. Pour aggraver les choses, Raab a semblé suggérer qu’il n’avait découvert que récemment cette « entité économique géographique particulière » de son pays.

Raab remplace Jeremy Hunt, rival de Johnson dans la course au leadership, qui a déclaré qu’il s’était « gentiment » vu proposer un rôle différent au sein du gouvernement, a déclaré Sky News, mais a décidé de siéger plutôt à l’arrière-plan, d’où le Premier ministre bénéficierait « de tout [son] soutien ».

Sajid Javid a été nommé chancelier de l’Echiquier, responsable des dépenses et de la politique économique, et a quitté son poste de secrétaire de l’Intérieur, le laissant vacant pour Patel.

Javid a effectué un voyage de trois jours en Israël et en Cisjordanie plus tôt ce mois-ci. Il a notamment visité le mur Occidental et le mont du Temple de Jérusalem.

Le ministre, issu d’une famille musulmane, s’est couvert d’une kippa alors qu’il visitait le site sacré du mur Occidental et a placé une note entre les pierres de l’ancien mur de soutènement.

Le ministre britannique de l’Intérieur, Sajid Javid, au centre, visite le mur Occidental à Jérusalem, le 1er juillet 2019. (Avec la permission des Fondations du patrimoine du mur Occidental)

Il a rappelé que son père croyait profondément en la coexistence juive et musulmane. « Nous aimons beaucoup l’héritage juif », avait déclaré le secrétaire d’Etat à l’Intérieur lors de sa visite privée.

Javid s’est également rendu à la mosquée Al-Aqsa sur le mont du Temple et à l’église voisine du Saint-Sépulcre.

Durant son mandat de ministre de l’Intérieur, Javid a classé l’aile politique du Hezbollah comme organisation terroriste et a critiqué le dirigeant du Parti travailliste, Jeremy Corbyn, suite à des photos sur lesquelles on voit ce dernier porter une gerbe sur des tombes de terroristes palestiniens lors d’une visite en 2014.

Johnson a limogé plusieurs membres du cabinet de May mercredi. Le secrétaire du Brexit, Stephen Barclay, garde néanmoins son poste dans l’équipe gouvernementale.

Le nouveau Premier ministre britannique Boris Johnson, à Varsovie, en Pologne, le 21 juin 2018. (Crédit : AP Photo/Czarek Sokolowski)

Michael Gove, qui a mené la campagne de 2016 en vue de quitter l’Union européenne aux côtés de Johnson avant leur séparation politique, a été nommé chancelier du duché de Lancaster, un poste puissant sans portefeuille spécifique au sein du gouvernement.

Ben Wallace, ancien ministre de la Sécurité, a été nommé secrétaire à la Défense.

Les secrétaires de May pour la Défense, le Commerce, l’Education, les Transports, les Gouvernements locaux et le Commerce international ont tous annoncé leur départ du gouvernement. Ces démissions surviennent quelques heures après celle de Philip Hammond, ministre des Finances, de David Gauke, secrétaire à la Justice, de Rory Stewart, secrétaire au Développement international, et de David Lidington, ministre d’État au Bureau du cabinet.

Certains de ces démissionnaires avaient annoncé préféré quitter leur poste que de servir sous Johnson, qui souhaite quitter l’Union européenne même si aucun accord sur le Brexit n’est mis en place pour faciliter la transition.

Johnson a insisté sur le fait que le pays quitterait l’UE d’ici le 31 octobre – « Le faire ou mourir ».

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