Qatargate: La cour rejette la demande de prolongation des restrictions contre Urich
Le juge dit que la police n’a pas justifié l’interdiction faite à Urich de travailler au cabinet du Premier ministre, mais suspend sa décision trois jours pour permettre un appel
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Le tribunal de première instance de Rishon Lezion a rejeté jeudi la demande de la police visant à prolonger les restrictions imposées à Jonatan Urich, suspect clé dans l’affaire du Qatargate, qui lui interdisaient de contacter d’autres personnes impliquées. Il a également refusé une nouvelle demande visant à lui interdire de travailler au cabinet du Premier ministre.
La cour a toutefois repoussé l’application de sa décision de trois jours, afin de permettre à la police de faire appel.
Cette décision fait suite à une audience tenue la veille, au cours de laquelle la police avait demandé de prolonger les restrictions imposées à Urich pour 60 jours supplémentaires et d’interdire son emploi au sein du cabinet de Benjamin Netanyahu, arguant que ses activités liées au Qatar constituaient une menace pour la sécurité de l’État.
Urich, ainsi que l’ancien porte-parole de Netanyahu, Eli Feldstein, auraient mené une campagne de relations publiques en faveur du Qatar afin de présenter ce pays sous un jour favorable pendant plus d’un an après le pogrom perpétré par groupe terroriste palestinien du Hamas dans le sud d’Israël le 7 octobre 2023, malgré les liens étroits entre cet État du Golfe et le groupe terroriste.
Urich est soupçonné de plusieurs infractions dans cette affaire, dont l’acceptation d’un pot-de-vin du Qatar, des contacts avec un agent étranger et un abus de confiance.
Rejetant la demande jeudi, le juge Menahem Mizrahi a vivement critiqué la police, affirmant qu’aucune justification n’avait été apportée pour interdire à Urich, un proche collaborateur de Netanyahu, de travailler au cabinet du Premier ministre.
Selon lui, un projet de document de synthèse sur la menace présumée qu’il représenterait pour la sécurité nationale n’était toujours pas finalisé par les services de sécurité, malgré plusieurs mois d’attente. En l’absence d’un tel document, aucune base professionnelle ne venait étayer l’affirmation de la police selon laquelle Urich constituait une menace justifiant une telle interdiction.
Le juge a qualifié « d’exigence sévère » l’interdiction faite à Urich d’accéder à son lieu de travail, estimant qu’elle portait atteinte à ses droits constitutionnels.
« Je ne pense pas que les preuves présentées justifient la crainte alléguée que le suspect porte atteinte à la sécurité de l’État ou qu’il commette à nouveau des infractions similaires », a déclaré Mizrahi.
Il a ajouté que la police n’avait pas demandé de restriction comparable pour d’autres suspects, pourtant soupçonnés d’infractions plus graves.
« Il s’agit d’une enquête floue qui avance à l’aveuglette, ce que le tribunal ne peut accepter », a déclaré Mizrahi.
Le juge a également critiqué la gestion de la procédure, notant que la police avait initialement demandé une prolongation de 30 jours avant de passer à 60 jours, puis d’ajouter l’interdiction de travailler au cabinet du Premier ministre.
Il a recommandé que la police se concentre sur la possibilité qu’Urich fasse obstruction à la justice si ses restrictions de contact avec les autres suspects du Qatargate étaient levées, rappelant que la Cour suprême avait déjà formulé des observations similaires dans le cadre d’un appel.
Le tribunal de Rishon Lezion avait déjà rejeté une précédente demande de prolongation des restrictions, mais cette décision avait été annulée le 19 août à la suite d’un appel devant la cour centrale de Lod.
Lors de cette audience, l’enquêteur de police Aviv Porat avait évoqué un « soupçon substantiel » selon lequel, après les atrocités commises par le Hamas le 7 octobre, des responsables israéliens avaient œuvré à un plan orchestré pour redorer l’image du Qatar, critiqué pour son financement du Hamas.
En annulant la décision du tribunal de première instance, le juge du tribunal de district avait estimé qu’il existait bien un soupçon raisonnable qu’Urich ait commis les infractions de corruption et d’abus de confiance qui lui sont reprochées.
La police a à plusieurs reprises fait appel des décisions de Mizrahi, et le tribunal central de Lod a statué en sa faveur à quatre reprises, critiquant à maintes reprises le juge de Rishon Lezion.
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