Qatargate : La police demande de prolonger de 60 jours les restrictions imposées à Urich
L'enquêteur déclare à la Cour de Rishon Lezion qu'il y a des raisons de croire que la présence du conseiller du Premier ministre constituerait une menace pour la sécurité nationale
Jeremy Sharon est le correspondant du Times of Israel chargé des affaires juridiques et des implantations.

La police a demandé au tribunal de Rishon Lezion de prolonger de 60 jours supplémentaires les restrictions imposées à Jonatan Urich, le principal suspect dans l’affaire du « Qatargate », et de l’empêcher de contacter d’autres personnes liées à l’affaire, ainsi que quiconque travaillant au cabinet du Premier ministre, y compris Netanyahu lui-même.
Lors d’une audience mercredi, un enquêteur de la police a déclaré à la Cour que la présence d’Urich, un haut conseiller du Premier ministre Benjamin Netanyahu, au sein du cabinet de ce dernier pouvait constituer une menace pour la sécurité nationale et qu’il était donc nécessaire de prolonger les restrictions qui lui étaient imposées.
L’enquêteur a déclaré que certaines des mesures d’enquête promises au tribunal de Lod d’achever avant le 10 septembre avaient été mises en œuvre, mais pas toutes. Il a expliqué que d’autres mesures « nécessitaient l’accord des plus hauts responsables du ministère de la Justice ».
Il se peut que l’enquêteur faisait allusion à son intention d’interroger, dans le cadre d’une garde à vue, les ministres du gouvernement, voire le Premier ministre, au sujet de cette affaire et du rôle joué par Urich. Ces interrogatoires et enquêtes doivent toutefois être approuvés par la procureure générale.
Urich, en collaboration avec l’ancien porte-parole de Netanyahu, Eli Feldstein, aurait mené une campagne de relations publiques en faveur du Qatar afin de présenter ce pays sous un jour favorable pendant plus d’un an après le pogrom perpétré par le Hamas dans le sud d’Israël le 7 octobre 2023, alors que les liens entre cet État du Golfe et le groupe terroriste palestinien sont étroits.
Urich est soupçonné de multiples infractions dans cette affaire, notamment d’avoir accepté un pot-de-vin du Qatar, d’avoir été en contact avec un agent étranger et d’abus de confiance.
Le 15 août, le juge Menahem Mizrahi du tribunal de Rishon Lezion a rejeté la demande de la police visant à prolonger les restrictions imposées à Urich.
Cependant, la semaine suivante, le tribunal de Lod a donné raison à la police, qui avait fait appel de cette décision, et a prolongé ces restrictions jusqu’au 10 septembre.
Le juge Amit Michles a critiqué la décision de Mizrahi, écrivant explicitement qu’il ne partageait pas son opinion selon laquelle il n’existait pas de soupçon raisonnable qu’Urich ait commis les crimes dont il est accusé.
Lors de l’audience devant le tribunal de Lod le 19 août, l’enquêteur de police, Aviv Porat, a déclaré que l’enquête sur le Qatargate avait conduit à une « forte suspicion » selon laquelle, à la suite des atrocités commises par le Hamas le 7 octobre, des responsables israéliens auraient œuvré pour mettre en place un « plan orchestré » visant à « changer le discours négatif à l’encontre du Qatar » en raison du financement du Hamas par Doha.
« Ce plan a été approuvé par les autorités qataries et mis en œuvre. Dans le cadre de ce plan, de nombreuses mesures ont été prises pour changer l’image du Qatar, y compris au sein de l’État d’Israël, et le défendeur [Urich], avec d’autres, aurait participé activement à la mise en œuvre de ce plan, tout en travaillant au cabinet du Premier ministre », a déclaré Porat à la Cour.







