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Report des élections : La France appelle les dirigeants palestiniens à « revenir sur leur décision »

Quatre factions palestiniennes, dont le Fatah et le Hamas, s’étaient entendues au Caire pour tenir un « dialogue national » avant les élections législatives

Le dirigeant de l'Autorité palestinienne, Mahmoud Abbas, arrivant pour rencontrer le président français Emmanuel Macron, à l'Élysée, à Paris, le 11 novembre 2025. (Crédit : Ludovic Marin/AFP)
Le dirigeant de l'Autorité palestinienne, Mahmoud Abbas, arrivant pour rencontrer le président français Emmanuel Macron, à l'Élysée, à Paris, le 11 novembre 2025. (Crédit : Ludovic Marin/AFP)

La France, l’un des principaux soutiens de l’Autorité palestinienne (AP), a appelé dimanche ses dirigeants à « revenir sur leur décision » de reporter à septembre 2027 les élections législatives et présidentielles, et à « organiser au plus vite » ces scrutins, dans un communiqué du ministère des Affaires étrangères.

Ce report « prive à nouveau le peuple palestinien du droit de s’exprimer démocratiquement par les urnes », vingt ans après le dernier scrutin national et cinq ans après le report des législatives prévues en 2021, a déclaré le porte-parole du Quai d’Orsay dans ce communiqué.

« Il est urgent de lui redonner la parole et de lui permettre de choisir ses représentants dans le cadre d’élections libres et transparentes, comme s’y était engagé le président [de l’Autorité palestinienne Mahmoud] Abbas », dit-il.

Les élections législatives, qui n’ont pas eu lieu depuis 2006, devaient se tenir le 28 novembre, tandis que l’élection présidentielle était attendue au début de l’année 2027.

Leur tenue s’inscrit dans le cadre de réformes demandées par la communauté internationale, dont l’Union européenne (UE).

Mais le dirigeant palestinien a convoqué ces deux élections par décret le 11 septembre 2027, imputant leur report aux « obstacles » dressés par Israël ainsi qu’à la « nécessité de créer des conditions politiques, sécuritaires et concrètes appropriées ».

Quatre factions palestiniennes, dont le Fatah et le Hamas, s’étaient entendues au Caire pour tenir un « dialogue national », une source proche des discussions ayant indiqué à l’AFP qu’elles allaient demander un report du vote.

Le report des élections législatives palestiniennes constitue un sérieux revers pour la diplomatie française qui avait fait du renouvellement démocratique de l’Autorité palestinienne l’un des piliers de sa stratégie.

La reconnaissance d’un Etat palestinien annoncée l’an passé par le président Emmanuel Macron n’était pas formellement conditionnée à la tenue du scrutin, mais les autorités françaises avaient largement présenté ces élections comme une étape-clé et avaient rappelé à maintes reprises ces derniers mois qu’il s’agissait d’un engagement d’Abbas – un engagement sur lequel il est revenu à de multiples reprises.

Depuis des semaines, le chef de la diplomatie Jean-Noël Barrot exhortait à la tenue de ces élections, assurant qu’un leadership palestinien renouvelé contribuerait à la solution à deux Etats.

« Ces élections permettent à la direction palestinienne de pouvoir porter, avec une légitimité renouvelée, les aspirations légitimes de son peuple en préservant la solution à deux États », avait répété jeudi Pascal Confavreux, porte-parole du Quai d’Orsay.

Paris s’était en outre félicité cette semaine d’une mission européenne d’observation du bon déroulement des scrutins.

Le militant palestinien Samer Sinijlawi à Jérusalem, le 27 mai 2024 (Crédit : Gianluca Pacchiani/Times of Israel)

« La France a été l’un des alliés les plus solides de l’Autorité palestinienne, déployant d’énormes efforts diplomatiques pour la reconnaissance de l’État palestinien et le soutien à la solution à deux États », rappelle Samer Sinijlawi, fondateur du parti New Path (Nouveau chemin) qui propose une alternative démocratique aux Palestiniens.

Le report des élections « constitue un sérieux camouflet à cet appui et à l’engagement que notre direction avait pris en faveur d’un renouveau démocratique », déplore-t-il.

Pour autant, il estime que Paris doit maintenir la pression pour que les engagements pris pour le renouvellement démocratique soient tenus, alors qu’il soupçonne le vice-président de l’Autorité palestinienne Hussein al-Sheikh de vouloir favoriser une succession interne plutôt qu’une confrontation électorale.

« La France doit insister pour que l’engagement à organiser des élections soit respecté », dit-il. « La présidence palestinienne doit être obtenue dans les urnes, non héritée par des arrangements politiques. »

Ce report place désormais la France dans une position délicate : maintenir son exigence de renouvellement démocratique au risque d’apparaître déconnectée des réalités du terrain ou reconnaître l’impossibilité d’un scrutin à court terme, au risque d’affaiblir l’argument de légitimité qu’elle cherche à conférer à l’Autorité palestinienne.

Israël, qui tiendra ses propres élections le 27 octobre, a pour sa part contesté toute responsabilité.

« Le renouvellement démocratique palestinien est indissociable de la préservation de la solution à deux États, en faveur de laquelle la France reste indéfectiblement engagée », rappelle le Quai d’Orsay, qui ajoute que la France a porté cette solution à l’Assemblée générale de l’ONU en septembre 2025 en reconnaissant un État de Palestine.

« Il y va du respect des principes démocratiques qui sont au fondement même de l’État de Palestine » et « de la capacité des dirigeants palestiniens à porter avec une légitimité renouvelée les aspirations du peuple palestinien à la dignité, à la liberté et à l’autodétermination ».

« La France est prête, en lien avec ses partenaires européens, à accompagner le bon déroulement de ce processus » et « reste disposée à soutenir les efforts de consolidation des institutions de l’État de Palestine, pour autant que les engagements pris dans le cadre de la reconnaissance soient tenus », affirme le ministère.

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