Les efforts de réforme sont entravés par les mesures israéliennes contre Ramallah – Premier ministre de l’AP
Mohammad Mustafa assure que Ramallah reste engagée dans les réformes exigées par la communauté internationale ; Israël accuse l'Autorité palestinienne de mentir
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Jacob Magid est le correspondant du Times of Israël aux États-Unis, basé à New York.

Le Premier ministre de l’Autorité palestinienne (AP), Mohammad Mustafa, a appelé mercredi à une intervention internationale pour contourner les restrictions israéliennes sur l’installation d’abris temporaires à Gaza, où des centaines de milliers de personnes vivent dans des tentes.
Lors d’une interview sur scène au Forum économique mondial de Davos, en Suisse, Mustafa a déclaré que les Gazaouis étaient prêts à attendre la reconstruction complète de l’enclave, où environ 85 % des infrastructures ont été détruites pendant la guerre déclenchée par le pogrom perpétré par le groupe terroriste palestinien du Hamas le 7 octobre 2023 , selon les estimations des Nations unies.
« Mais les gens ne peuvent pas attendre de simples abris temporaires pour pouvoir se réunir en famille et commencer à reconstruire leur vie », a-t-il déclaré.
Israël a limité l’aide entrant à Gaza à l’aide jugée vitale, tout en maintenant des interdictions strictes sur les articles dits à « double usage », qui, selon lui, peuvent être utilisés par le Hamas pour fabriquer de nouvelles armes. Jérusalem refuse également de rouvrir complètement le passage de Rafah tant que le corps du dernier otage, le sous-officier de l’unité d’élite de police Yassam, Ran Gvili, n’aura pas été restitué et que le groupe terroriste n’aura pas déposé ses armes.
« Ma première requête à tout le monde est la suivante : concentrez-vous sur ce qui importe. Commencez par ouvrir les frontières et demandez à Israël de contourner cette doctrine dite de ‘double usage’ afin de permettre la mise en place d’autant de logements temporaires que possible », a déclaré Mustafa.
Le Premier ministre de l’AP a profité de l’occasion pour souligner le fait qu’Israël continue de retenir plus de 4 milliards de dollars de recettes fiscales qu’il perçoit au nom de Ramallah, sans les transférer depuis le mois de mai, comme l’exigent les Accords d’Oslo.
Israël retient une partie de ces fonds, correspondant, selon lui, au montant des allocations versées par l’AP aux familles des prisonniers palestiniens incarcérés pour atteinte à la sécurité en Israël et aux terroristes morts. En février, le dirigeant de l’AP, Mahmoud Abbas, a signé un décret mettant fin au système de paiements aux prisonniers du « Pay-to-Slay » (payer pour tuer), mais Israël a rejeté cette initiative.
Le ministre des Finances, Bezalel Smotrich, retient également une partie des recettes fiscales qui, selon lui, correspondent au montant des fonds utilisés par l’AP pour payer les fonctionnaires de Gaza, qui, selon Jérusalem, risquent de parvenir au groupe terroriste palestinien du Hamas.
« En conséquence, notre capacité à gouverner, notre capacité à fournir des services de base à notre peuple, a été compromise », a déclaré Mustafa.
Il a ensuite déploré les mesures punitives prises par Israël à l’encontre du système bancaire palestinien, qui ont provoqué une crise de liquidité persistante en Cisjordanie. Cela s’ajoute à l’interdiction faite à 200 000 travailleurs palestiniens de continuer à travailler en Israël depuis le 7-Octobre, qui a fait passer le taux de chômage en Cisjordanie de 15 % avant la guerre à environ 34 %. Israël a déclaré avoir pris cette mesure pour des raisons de sécurité.
Mustafa a également souligné la multiplication des postes de contrôle de l’armée israélienne – environ un millier à travers la Cisjordanie, selon les chiffres de l’ONU – qui compliquent encore davantage l’économie et les moyens de subsistance des Palestiniens, ainsi que la violence rampante des extrémistes juifs et l’expansion de la présence juive.
Les opérations antiterroristes de Tsahal dans les camps de réfugiés de Cisjordanie auraient par ailleurs déplacé quelque 40 000 Palestiniens.
« Il est très triste de voir la Cisjordanie en arriver à un point où les gens ont du mal à survivre », a poursuivi le Premier ministre de l’AP.
« Les efforts internationaux en faveur de Gaza sont très importants et indispensables, mais nous devons également accorder la même attention à ce qui se passe en Cisjordanie. »
Mustafa a déclaré que Ramallah restait engagée dans les réformes exigées par la communauté internationale et qu’elle était en train de mettre en œuvre de nombreuses mesures dans ce sens.
Israël continue, pour sa part d’accuser l’AP de mentir au sujet des réformes internes présumées concernant les paiements aux terroristes et à leurs familles.
En novembre, une nouvelle étude réalisée par l’Institut IMPACT-SE qui s’est penchée, pour la première fois depuis quatre ans, sur les manuels scolaires utilisés par l’AP a révélé qu’il n’y avait eu aucun changement dans les contenus, malgré les promesses de réforme de Ramallah.
Cependant, Mustafa fait valoir que l’AP ne peut pas faire grand-chose tant que sa capacité à fournir des services aux Palestiniens est autant entravée par Israël.
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