Suite aux affreuses images d’otages, des milliers d’Israéliens exhortent à un accord global
Le père de Rom Braslavski n'a pas reconnu son fils dans la vidéo du Jihad islamique palestinien ; le frère d'Evyatar David : le Hamas utilise les otages comme "un outil pervers pour sa propagande dépravée"
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Samedi soir, environ 10 000 personnes se sont rassemblées sur la Place des Otages à Tel Aviv pour réclamer la libération des otages, après la publication par des groupes terroristes de Gaza d’images montrant les otages Evyatar David et Rom Braslavski gravement amaigris et David contraint de creuser ce qu’il craint être sa propre tombe dans un tunnel à Gaza.
Des milliers d’autres ont manifesté à proximité, devant l’entrée de la rue Begin qui mène aux quartiers généraux de l’armée, ainsi que lors d’autres rassemblements à travers le pays, enregistrant l’une des plus fortes mobilisations de ces dernières semaines.
S’exprimant en anglais sur la Place des Otages, le frère aîné de David, Ilay, a déclaré que le groupe terroriste palestinien du Hamas utilisait les otages comme « cobayes vivants » et il a exigé qu’Evyatar et les autres otages reçoivent enfin de l’aide.
« Je me tiens devant vous aujourd’hui en tant que frère et fils », a déclaré Ilay, quelques heures après que la famille David a autorisé la publication d’une vidéo du Hamas montrant Evyatar en train de creuser ce qu’il craint être sa propre tombe dans un tunnel souterrain.
« Un frère et un fils dont le cœur est déchiré, impuissant, de voir mon jeune frère, Evyatar David, et son compagnon d’infortune Guy Gilboa-Dalal s’éteindre peu à peu. Ils sont au bord de la mort. »
« Dans leur état actuel inimaginable, il ne leur reste peut-être que quelques jours à vivre », a déclaré Ilay.
« Le Hamas utilise Evyatar dans l’une des campagnes les plus horribles et les plus calculées qui soient », a-t-il poursuivi.
« Ils l’affament délibérément, utilisant systématiquement ses souffrances atroces comme un outil pervers pour leur propagande dépravée. »
« Ce n’est pas seulement une violation du droit international, c’est une atteinte à toute décence humaine fondamentale », a souligné Ilay.
« Un acte si ignoble qu’il marque l’âme même de l’humanité. »
Il a exhorté le gouvernement israélien et les dirigeants mondiaux, en particulier le président américain Donald Trump, à obtenir la libération des otages « par tous les moyens nécessaires ».
« Garder le silence aujourd’hui, c’est se rendre complice de leur mort lente et douloureuse », a-t-il déclaré.
Yeela, la sœur cadette d’Evyatar, s’est adressée à son frère en hébreu : « Maman est effondrée et incapable de fonctionner, papa entend ta voix la nuit et ne ferme pas les yeux, mais Ilay et moi prenons soin d’eux. Nous attendons tellement ton retour et de pouvoir nous reconstruire ensemble. »
L’ancien otage Omer Wenkert, qui a été détenu pendant environ 250 jours avec David et Gilboa-Dalal, s’est dit surpris par la description des médias qui ont présenté la vidéo de David comme un « signe de vie ».
« Vraiment ? Comment osons-nous appeler cela un signe de vie ? », a déclaré Wenkert, ajoutant qu’il « s’était effondré en larmes » en voyant la vidéo.
« Tant qu’il y aura des otages à Gaza, je ne pourrai jamais sortir de là », a-t-il ajouté.
« Je suis prisonnier dans mon propre pays. »
Ofer, le père de Braslavski, a accusé le gouvernement d’avoir abandonné son fils, affirmant qu’il ne l’avait pas reconnu sur les images diffusées jeudi par le groupe terroriste du Jihad islamique palestinien.
« Rom est un héros, et notre pays l’a abandonné depuis maintenant 666 jours. Il y a deux jours, nous avons tous vu le prix de cet abandon », a-t-il déclaré, faisant référence à la vidéo.
« J’ai vu mon fils et je ne l’ai pas reconnu. Mon Rom a faim, il a soif, il est physiquement brisé et mentalement détruit. Mon enfant est en train de mourir. »
Il a exigé que le Premier ministre Benjamin Netanyahu cherche un accord global pour mettre fin à la guerre et libérer tous les otages.
« Assez ! La stratégie des accords partiels a échoué », a-t-il déclaré, faisant référence aux accords de trêve temporaire qui ont permis la libération de certains otages.
« Pendant que vous et votre gouvernement tergiversiez, mon fils et les autres otages en ont payé le prix. »
Après le rassemblement sur la Place des Otages, les familles des otages et leurs partisans entonné des chants traditionnels juifs de deuil et ont lu le rouleau biblique des Lamentations, conformément à la coutume du Tisha BeAv, qui a commencé samedi soir et se terminera dimanche soir cette année, pour commémorer la destruction des deux anciens temples juifs. La manifestation anti-gouvernement hebdomadaire de la Place des Otages a été annulée en raison du jeûne.
« Arrêtez tout »
Plus tôt dans la journée, l’envoyé spécial américain Steve Witkoff s’est rendu sur la Place des Otages. Il a déclaré aux proches des otages que Washington avait perdu tout espoir d’un accord partiel et cherchait désormais un accord global pour mettre fin à la guerre et libérer tous les otages en une seule fois.
Les familles des otages critiquent depuis longtemps Netanyahu pour ne pas avoir cherché à conclure un tel accord, bien qu’un haut responsable israélien ait déclaré jeudi aux journalistes qu’« il n’y aurait plus d’accord partiel sur les otages ».
S’exprimant lors de la manifestation de samedi soir sur la rue Begin, Yehuda Cohen, père du soldat captif Nimrod Cohen, a déclaré que le revirement apparent d’Israël était le résultat de la pression croissante exercée par l’Europe sur Netanyahu, notamment avec l’annonce par plusieurs pays de leur intention de reconnaître un État de Palestine.
« Seule une pression sur Netanyahu, tant à l’intérieur qu’à l’extérieur, nous permettra d’en finir [avec la guerre] et d’obtenir la libération de tous [les otages] », a déclaré Cohen.
« Ils meurent de maltraitance et de faim. Il faut exercer toutes les pressions possibles sur Netanyahu pour qu’il mette fin à la guerre et parvienne à un accord. »
Les pourparlers en vue d’un accord de cessez-le-feu et de libération des otages sont au point mort depuis plus d’une semaine, après le retrait des négociateurs israéliens et américains de Doha.
Gadi Mozes, relâché des geôles du Hamas en février dans le cadre du dernier accord de cessez-le-feu et de libération des otages, a critiqué le gouvernement pour l’enlisement des négociations et ce qu’il a qualifié de « luttes d’ego et de politique mesquine », lors d’un rassemblement du Forum des familles des otages et disparus au carrefour de Shaar HaNegev, dans le sud du pays.
Il a appelé la population à « tout arrêter, rejeter cette normalisation de la vie, rejeter la perte des valeurs et rejeter la guerre ».
La guerre à Gaza a éclaté lorsque quelque 6 000 Gazaouis dont 3 800 terroristes dirigés par le Hamas ont pris d’assaut le sud d’Israël le 7 octobre 2023, tué plus de 1 200 personnes, principalement des civils, enlevé 251 otages de tous âges, et commis de nombreuses atrocités, utilisant les violences sexuelles comme arme à grande échelle.
Les groupes terroristes de la bande de Gaza détiennent toujours 50 otages, dont 49 des 251 personnes enlevées par des terroristes du Hamas le 7 octobre 2023.
Parmi eux se trouvent les corps d’au moins 28 personnes dont le décès a été confirmé par l’armée israélienne, et 20 seraient encore en vie. Les autorités israéliennes ont fait part de leurs vives inquiétudes concernant le sort de deux autres personnes. Le Hamas détient également le corps d’un soldat de Tsahal tué à Gaza en 2014.
Le Hamas a relâché 30 otages – 20 civils, 5 soldates et 5 ressortissants thaïlandais – ainsi que les corps de huit otages israéliens au cours de l’accord de cessez-le-feu en vigueur entre janvier et mars, puis un autre otage, un citoyen américaino-israélien, en mai, en guise de « signe de bonne volonté » envers les États-Unis.
Il avait précédemment libéré 105 civils au cours de la semaine de trêve de la fin novembre 2023, et quatre otages avaient été libérées auparavant, au cours des premières semaines de la guerre.
En échange, Israël a libéré quelque 2 000 terroristes palestiniens emprisonnés, des prisonniers sécuritaires et des suspects de terrorisme gazaouis arrêtés pendant la guerre.
Huit otages vivants ont été secourus par les soldats et les dépouilles de 49 otages ont été récupérées, notamment celles de trois Israéliens qui ont été tués accidentellement par Tsahal, ainsi que le corps d’un soldat tué en 2014.
Le corps d’un autre soldat tué en 2014, le lieutenant Hadar Goldin, est toujours détenu par le Hamas et compte parmi les 5O otages.
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