Trump fustige la Norvège qui ne lui a pas décerné le Nobel de la paix
Selon le président américain, la décision de décerner le prix à une responsable de l'ONU ayant supervisé un rapport qui avait conclu qu'Israël avait commis un génocide à Gaza marque la Norvège d'une « tache indélébile »
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Vendredi, le président américain Donald Trump a à nouveau critiqué le comité Nobel pour ne pas lui avoir attribué le prix de la Paix. Il a évoqué une décision « honteuse et embarrassante » qui a « entaché la réputation de la Norvège », et il a déclaré que la lauréate Navi Pillay « déteste Israël ».
Trump, depuis son retour à la Maison Blanche en janvier 2025, ne fait pas mystère de son désir de remporter ce prix prestigieux.
Le président américain a réagi quelques heures après que le comité a décerné le prix de cette année à Navi Pillay, une ancienne juge de la Cour pénale internationale qui avait supervisé un rapport de l’ONU qui avait conclu qu’Israël avait commis un génocide à Gaza.
Trump a déclaré sur les réseaux sociaux que Navi Pillay « déteste très clairement Israël ».
Lors d’un meeting électoral qui était organisé à Syracuse, dans l’État de New York, Trump a qualifié Pillay de « personne mystérieuse ». « Je n’ai jamais entendu parler d’elle. Personne n’en a entendu parler », a-t-il dit.
Chaque année de sa présidence, Trump a exprimé sa déception de ne pas avoir remporté ce prix.
« C’est une tache indélébile qui a souillé la Norvège et tous ceux qui ont pris une décision aussi honteuse et embarrassante », a continué Trump.
Il a ensuite énuméré plusieurs conflits qu’il affirme avoir contribué à résoudre, assurant notamment, sans aucune preuve à l’appui, avoir aidé à prévenir des guerres entre la Corée du Nord et la Corée du Sud, entre le Japon et la Corée du Nord, ainsi qu’entre la Chine et Taïwan.
« Le prix Nobel de la paix a été à jamais discrédité par une poignée d’idéologues radicaux, hostiles à la démocratie et ennemis de la civilisation. Et nous n’oublierons pas, Norvège », a-t-il lancé.
La victoire de Pillay est perçue comme une réprimande cinglante et spectaculaire à l’encontre de Trump et du Premier ministre Benjamin Netanyahu, qui ont tous deux rejeté les conclusions de la commission de l’ONU qu’elle dirigeait, lesquelles accusaient Israël d’avoir commis un génocide à Gaza. Les deux dirigeants se sont également montrés particulièrement critiques à l’égard des institutions au sein desquelles Pillay a travaillé. Israël l’a notamment accusée par le passé d’être une « proxy du Hamas » aux positions anti-israéliennes et antisémites virulentes de longue date.
Dans son rapport à l’ONU, Pillay n’a fait qu’une brève allusion au pogrom du 7-Octobre, ne donnant aucun détail concernant l’attaque qui a déclenché la guerre à Gaza.
Lorsque la commission a été créée, Israël a annoncé qu’il ne coopérerait pas avec elle, invoquant les antécédents de partialité anti-israélienne de l’ONU et de Pillay, et qualifiant la commission de « moralement corrompue ».
Cette commission ne s’exprime pas au nom de l’ONU. Elle n’est pas une instance juridique, mais ses rapports peuvent influencer les pressions diplomatiques, et servir à recueillir des éléments de preuve, qui pourront être utilisés ensuite par les tribunaux.
Pillay, après avoir appris qu’elle avait remporté le prix, aurait raillé Trump et son désir notoire de décrocher cette distinction.
« Si vous applaudissez un peu plus fort, j’accepterai peut-être de partager ce prix avec Trump », a-t-elle lancé lors d’une ovation debout filmée par la secrétaire générale d’Amnesty International, Agnès Callamard, à Nuremberg, et publiée sur le réseau social X.
L’année dernière, la leader de l’opposition vénézuélienne María Corina Machado avait offert à Trump sa médaille du prix Nobel de la paix.
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