Un bâtiment Bauhaus historique de Tel Aviv endommagé par un missile iranien
Ce monument classé situé à côté d’un immeuble résidentiel a été détruit le premier jour de la guerre, tuant une aide-soignante philippine et faisant plusieurs blessés
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Jessica Steinberg est responsable notre rubrique « Culture & Art de vivre »
La frappe iranienne qui a tué la soignante philippine Mary Anne Velasquez de Vera et blessé plus d’une vingtaine d’autres personnes samedi soir, détruisant un immeuble entier, a également dévasté le bâtiment historique voisin, l’un des trésors architecturaux de Tel Aviv, la « Ville blanche ».
« Personne ne peut y vivre pour le moment », a déclaré l’architecte Alon Bin Nun, dont le cabinet s’était chargé de la restauration de l’immeuble il y a plus de dix ans. « Toutes les fenêtres sont brisées ; le bâtiment est inhabitable pour le moment. »
Bin Nun a indiqué que quelqu’un lui avait envoyé un message samedi soir pour l’informer que la roquette avait frappé le pâté de maisons où se trouve l’immeuble.
« Je l’ai vu à la télévision et je l’ai immédiatement reconnu », a déclaré Bin Nun.
Le café situé au rez-de-chaussée, Grasyani House, une boulangerie-café très appréciée du quartier, a également été détruit dans l’explosion.
Le Commandement du Front intérieur a déterminé qu’un missile balistique iranien complet – et non des fragments – avait frappé l’immeuble d’habitation, causant des dégâts importants et creusant un large cratère. Le missile transportait une ogive de plusieurs centaines de kilogrammes, selon l’évaluation du Commandement du Front intérieur.
L’immeuble était relativement ancien et ne disposait pas de ses propres abris. La plupart des résidents étaient allés s’abriter dans un abri anti-bombes public situé à proximité, selon le commandement du Front intérieur.
Le bâtiment historique voisin constituait un repère familier dans le quartier, connu pour ses deux escaliers extérieurs aux murs arrondis et son café très fréquenté au rez-de-chaussée.
« Ces maisons représentaient bien plus que du béton et des balcons », a écrit le Bauhaus Center de Tel Aviv sur Instagram. « Elles étaient les symboles de la survie, de la modernité et de la reconstruction de la vie à Tel Aviv, la Ville blanche. Leurs lignes épurées et leurs formes simples véhiculaient un message puissant : l’architecture comme refuge, l’architecture comme espoir. Nous pleurons la perte de ce patrimoine culturel et nous nous engageons à préserver la mémoire et les valeurs incarnées par ces bâtiments. »
Ce bâtiment historique avait initialement été désigné pour être préservé dans le cadre du plan Lev HaIr, ou plan du centre-ville, associé à la désignation de Tel Aviv comme « Ville blanche » en raison de sa concentration de bâtiments de style international (Bauhaus), ce qui lui a valu d’être inscrite au patrimoine mondial de l’UNESCO en 2003.
L’immeuble avait à l’origine été construit pour Fruma Gourevitz, dont les descendants possèdent encore une grande partie, a indiqué Bin Nun.
Les trois premiers étages appartiennent toujours à la famille, et certains des héritiers de Fruma Gourevitz y vivent encore, a ajouté Bin Nun, même après la rénovation et la restauration.
Le bâtiment situé au 123 rue Yehuda Halevi a été conçu et construit entre 1935 et 1937 dans le style Bauhaus, un courant architectural introduit en Israël avant la création de l’État par des architectes juifs allemands.
Il a été conçu par les architectes Mordechai Zabrudsky et Yitzhak Belkes (qui a ensuite changé son nom de famille en Bonneh, « constructeur » en hébreu), formés au Technion, qui se sont associés après avoir immigré en Israël avant la création de l’État, respectivement depuis l’Ukraine et la Pologne.
Les deux hommes ont dirigé leur cabinet pendant environ six ans, à une époque où la demande de logements était en forte hausse à Tel Aviv.
Le bâtiment Gourevitz est situé près de l’intersection des rues Yehuda Halevi et Shenkin, en face d’un parc municipal et dans l’une des rues historiques d’Ahuzat Bayit, le noyau initial de Tel Aviv qui s’est ensuite étendu.
Bin Nun a fait remarquer que les appartements ne disposaient pas de pièces sécurisées, même après la récente restauration.
« Elles peuvent être ajoutées au détriment de l’espace des appartements existants, mais cela nécessiterait de modifier les unités actuelles », a expliqué Bin Nun. « Dans ce cas, les propriétaires des appartements existants ont refusé. »
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