Un Bédouin palestinien affirme que des résidents d’implantations lui ont volé 200 chèvres
La police a classé l'affaire sans mener d'enquête, déclarant : « Maintenant que l’armée a saisi le bétail, nous n’intervenons plus. Adressez-vous au tribunal civil »
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Nurit Yohanan est la correspondante du Times of Israel pour le monde arabe et palestinien.

La police a classé sans suite la plainte déposée par un berger bédouin palestinien, sans mener d’enquête. Ce berger affirme que des résidents d’implantations, avec l’aide de soldats de l’armée israélienne, lui ont volé près de 200 chèvres dans la région de Ramallah.
Le 13 mai, des soldats israéliens et des résidents d’implantations sont arrivés dans le village de Jiljilya, proche de Ramallah ; ils ont été filmés en train d’emporter du bétail hors du village. À l’époque, l’armée israélienne avait expliqué que des forces avaient été dépêchées sur place suite à un signalement selon lequel des civils israéliens étaient entrés dans la zone « après que du bétail a été volé dans un avant-poste illégal situé en zone A ». Aux termes des accords d’Oslo, la zone A relève de l’autorité civile et sécuritaire palestinienne.
Malgré les déclarations de l’armée israélienne, plusieurs habitants de la région ont porté plainte auprès de la police dans les jours qui ont suivi, alléguant que le bétail leur avait été volé, et qu’il n’existait aucune preuve que les animaux appartenaient aux résidents d’implantations. Selon les Palestiniens, ce sont environ 600 têtes de bétail qui ont été emportées.
Des résidents d’implantations extrémistes s’en prennent presque quotidiennement aux Palestiniens de Cisjordanie, sans que les autorités ne réagissent – ou presque.
Parmi les plaignants, Ibrahim Saraya, un Bédouin de la communauté de Khatroura vivant dans la région, a rapporté qu’on lui avait dérobé 185 chèvres, d’une valeur de plusieurs dizaines de milliers de shekels.
Environ un mois après le dépôt de la plainte, l’affaire a été classée sans suite. L’avocat Eitan Lehman, qui représente Saraya, a reçu le dossier d’enquête. Celui-ci ne contenait que la plainte déposée par Saraya le lendemain de l’incident, et rien d’autre. Au bas de l’avis l’informant que l’affaire avait été classée, la police a écrit : « Il convient de noter que cette affaire a été étudiée, et qu’il est apparu que des bergers juifs soutenaient que les animaux leur avaient été volés. »
Lehman a déclaré au Times of Israel qu’un enquêteur de la police lui avait dit : « Maintenant que l’armée a saisi le bétail, nous n’intervenons plus. Adressez-vous au tribunal civil. »
La police n’a pas répondu à la demande de commentaires du Times of Israel.
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