Un chef druze israélien demande des garanties aux États-Unis pour ses pairs syriens
Après les effusions de sang à Soueida, cette année, cheikh Muafak Tarif a affirmé que Washington devait remplir son "devoir" de protection des minorités, soulignant la nécessité de l'autodétermination pour les Druzes
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GENÈVE, Suisse (Reuters) — Cheikh Muafak Tarif, un chef druze israélien, a exhorté les États-Unis à garantir la sécurité de la communauté druze en Syrie afin d’éviter une nouvelle flambée de violences, similaire à celle qui avait endeuillé Soueida, une province à majorité druze dans une Syrie dominée par les sunnites, cette année.
Washington doit remplir son « devoir » en matière de protection des droits des minorités syriennes afin de favoriser la stabilité, a dit Tarif à Reuters lors d’une visite officielle à l’ONU à Genève, qui a eu lieu dans la journée de mardi. Il a ajouté que le soutien américain permettrait également d’éviter une intervention israélienne dans le sud de la Syrie.
« Nous espérons que les États-Unis, le président Trump et l’Amérique en tant que grande puissance, garantiront les droits de toutes les minorités en Syrie… afin d’empêcher de nouveaux massacres », a-t-il déclaré.
Le président américain Donald Trump s’est engagé, au mois de novembre, à faire tout son possible pour assurer le succès de la Syrie après des échanges historiques avec le président syrien Ahmed al-Sharaa.
Affrontements sanglants en juillet
Les Druzes sont un groupe minoritaire dont la religion est une branche de l’islam. Les membres de la communauté sont principalement répartis entre la Syrie, le Liban et Israël.
Au mois de juillet, des affrontements entre Druzes et bédouins avaient éclaté à Soueida après une série d’enlèvements et de représailles, entraînant une semaine de violences qui avaient fait voler en éclats des générations de coexistence fragile.
Les violences s’étaient aggravées quand les forces gouvernementales qui avaient été envoyées pour rétablir l’ordre s’étaient rangées aux côtés des Bédouins – de nombreuses informations avaient alors fait état de pillages, d’exécutions sommaires et d’autres abus.
Israël était entré dans la mêlée avec le soutien de sa minorité druze, attaquant les forces gouvernementales avec pour objectif déclaré de protéger les Druzes syriens.
Des dizaines de milliers de personnes issues des deux communautés ont depuis été déracinées, les troubles ayant pratiquement mis fin à la présence des Bédouins dans une grande partie de Soueida.
Des centaines de civils, dans leur majorité des Druzes, ont été tués. Un grand nombre ont été assassinés par les forces gouvernementales.
À la suite de ces événements, les chefs druzes ont demandé la création d’un corridor humanitaire entre le Golan israélien et Soueida et ils ont exigé l’autodétermination, ce que refuse le gouvernement.
« Il faut rétablir la confiance »
Alors qu’il était interrogé sur les propositions qui ont été faites par Hikmat al-Hajari , un chef influent de la communauté, visant à séparer Soueida de la Syrie, Tarif a souligné la nécessité de l’autodétermination, ainsi que la nécessité des droits pour toutes les minorités – y-compris le droit à la sécurité.
Il était inconcevable de demander aux Druzes de rendre leurs armes, a-t-il noté. Les négociations qui ont porté sur l’intégration des anciennes forces de police de Soueida dans les effectifs de Damas – les Druzes auraient aussi pu, dans ce contexte, conserver une large autonomie au niveau local – étaient en progrès réguliers jusqu’à ce que les événements sanglants du mois de juillet viennent les faire dérailler.
Al-Sharaa, un ancien commandant d’Al-Qaïda qui était à la tête des factions rebelles qui avaient renversé l’ancien dictateur de longue date Bachar al-Assad au mois de décembre dernier, s’est engagé à protéger les Druzes. Hajari a toutefois insisté sur le fait qu’il représentait une menace existentielle pour sa communauté et il a rejeté, au mois de septembre, une feuille de route en 13 points qui avait été négociée par les États-Unis pour résoudre le conflit.
Interrogé sur la nécessité de relancer les pourparlers, Tarif a répondu que la confiance devait être rétablie en permettant aux habitants de retourner chez eux et en autorisant un accès humanitaire complet à Soueida.
« Il n’y a pas de confiance aujourd’hui… La confiance doit être rétablie », a-t-il dit.
la Communauté du Times of Israël !







