Un chef du Hamas quitte une interview après une question sur le bien-fondé de l’attaque du 7-Octobre
Quand une chaîne panarabe lui demande si l'offensive a réussi à "libérer la Palestine", Moussa Abu Marzouk rétorque : "Posez des questions respectueuses"
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Nurit Yohanan est la correspondante du Times of Israel pour le monde arabe et palestinien.

Samedi, Moussa Abu Marzouk, haut responsable du Hamas, a précipitamment quitté une interview qu’il avait accordée à la chaîne panarabe al-Ghad à la suite d’une question sur l’impact sur la population de Gaza de l’invasion et du massacre du 7 octobre 2023.
Lorsque l’animateur lui a fait remarquer que le Hamas « avait affirmé que le 7 octobre libérerait la Palestine », Abu Marzouk lui a rétorqué qu’il était « totalement illogique que 1 500 hommes armés puissent libérer la Palestine ».
« Posez des questions respectueuses », a-t-il intimé. L’animateur lui a alors répondu qu’il « s’agissait d’une question que se posait la rue palestinienne, la question de la bande de Gaza ».
Abu Marzouk a refusé de répondre, exigé que la diffusion soit interrompue avant de mettre fin à l’interview.
Après le départ précipité du responsable du Hamas, l’animateur a souligné que cette attitude « reflète hélas le mode de raisonnement du Hamas, et son refus de répondre aux questions relatives à la nature de la phase actuelle, au vu de l’état de destruction du peuple palestinien ».
למי שפספס: מוסא אבו מרזוק מחמאס נוטש בזעם ראיון בערוץ אל-רד:
מגיש: אמרתם שה-7.10 ישחרר את פלסטין
אבו מרזוק: זה לא הגיוני ש-1,500 לוחמים ישחררו את פלסטין, תשאל שאלות מכובדות
מ: אני שואל את שאלת הרחוב הפלסטיני
המגיש אחרי הנטישה: זה משקף לצערי את המחשבה של חמאס והבריחה מתשובות pic.twitter.com/QkLhKxBLYx— Nurit Yohanan (@nurityohanan) October 11, 2025
Malgré ses déclarations, ce haut responsable du bureau politique du Hamas a déclaré en février au New York Times que, s’il avait su quelles en seraient les conséquences pour la bande de Gaza, il n’aurait pas apporté son soutien à l’attaque du 7 octobre.
« Si nous avions pu prédire ce qui allait se passer, il n’y aurait pas eu de 7 octobre », a indiqué Abu Marzouk. Il a par ailleurs affirmé ne pas avoir eu connaissance des détails exacts de l’attaque prévue, et déclaré qu’il n’aurait pas pu se résoudre à l’approuver, sachant ce qu’il sait aujourd’hui.
Ses propos d’alors, qui allaient à l’encontre des précédentes déclarations des responsables du Hamas, n’ont pas été bien accueillis par le groupe terroriste, qui a publié plusieurs communiqués fustigeant les commentaires d’Abu Marzouk.
Au cours des deux dernières années, le Hamas a par ailleurs perdu de sa popularité à Gaza, de nombreux habitants reprochant au groupe d’avoir par ses attaques déclenché cette guerre dévastatrice.
Au début de l’année, des manifestations sporadiques contre le groupe terroriste avaient été organisées dans la bande de Gaza. Le Hamas avait alors tenté d’arrêter et de blesser les dissidents. Ces protestations n’avaient pas reçu le soutien des militants qui assurent être pro-palestiniens à travers le monde.
L’attaque du 7 octobre, au cours de laquelle des milliers de terroristes dirigés par le Hamas ont franchi la frontière séparant Gaza et Israël, tuant plus de 1 200 personnes, en majorité des civils, et en prenant 251 autres en otages, dans un contexte d’actes de brutalité et d’agressions sexuelles généralisés, a déclenché la guerre qui a suivi à Gaza, un conflit qui a rasé une grande partie de l’enclave côtière et fait des dizaines de milliers de morts.
Selon le ministère de la Santé de Gaza administré par le Hamas, plus de 66 000 personnes ont été tuées ou sont présumées mortes dans les combats jusqu’à présent. Ce bilan est toutefois invérifiables, et ne fait pas la distinction entre civils et hommes armés. En août, Israël a annoncé avoir tué plus de 22 000 hommes armés au combat, auxquels viennent s’ajouter les 1 600 autres terroristes abattus sur le sol israélien lors du pogrom du 7 octobre.
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