Un chef du Lahav 433 brièvement interpelé pour refus de signature des conditions de libération
L'avocat de l'officier supérieur placé sous enquête reproche au service d'enquête du bureau du procureur de l'État d'avoir agressé son client, ce que le service d'enquête juge "infondé"
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Dimanche, les enquêteurs ont brièvement interpelé, avant de le relâcher, le chef de l’unité des crimes majeurs Lahav 433, suite à son refus de signer les conditions de sa libération après un long interrogatoire, a fait savoir son avocat.
Le commissaire adjoint Manny Binyamin a été interrogé pendant huit heures par les enquêteurs du Service des enquêtes internes de la police, et pour la troisième fois depuis le début de l’enquête criminelle sur des faits de corruption.
L’avocat de Binyamin, Uri Korb, a indiqué que son client avait été forcé de signer les conditions de sa libération et même agressé par un enquêteur du Service des enquêtes internes de la police, à la fin de son interrogatoire, au moment où il s’entretenait au téléphone avec son avocat.
Le célèbre avocat a qualifié d’illicite et injustifiée l’imposition soudaine de nouvelles conditions de libération, dans la mesure où il était resté libre, sans aucune restriction, pendant dix jours.
Binyamin a malgré tout accepté ces conditions, à l’exception de l’interdiction de « voir un officier subordonné qui travaille dans le même bâtiment que lui ».
C’est alors que les enquêteurs ont décidé de l’interpeler, ce que Korb a qualifié d’abus d’autorité et de confiance — les mêmes infractions dont Binyamin est soupçonné. Sous la menace de l’arrestation, Binyamin a cédé et accepté les conditions, a précisé son avocat.
L’officier supérieur avait déjà été interrogé le mois dernier, soupçonné d’être intervenu, en violation de la loi, dans une enquête de son unité impliquant un homme d’affaires dont il est proche. La semaine passée, des médias israéliens ont rapporté qu’il était également soupçonné d’avoir tenté de faire obtenir un haut poste à un membre de sa famille.
Dimanche, dans un communiqué publié peu de temps après le sien, le Service des enquêtes internes de la police a qualifié les affirmations de Korb selon lesquelles l’un de ses enquêteurs aurait agressé Binyamin de mensonge totalement infondé.
« Nous regrettons que les faits aient été déformés et aient donné lieu aux accusations graves portées par l’avocat du commissaire adjoint Binyamin. L’accusation d’agression physique par un enquêteur du Service des enquêtes internes de la police est totalement infondée ; aucune violence n’a eu lieu », a précisé l’agence en ajoutant que les enquêteurs « se sont assurés que toutes les conditions requises soient réunies tout au long de l’interrogatoire, à commencer par plusieurs consultations avec son avocat. »
Selon ce communiqué, Binyamin a été libéré sous conditions restrictives, dont une interdiction de contacter les personnes impliquées dans l’enquête pénale – interdiction garantie personnellement.
« Le retard pris dans cette procédure est uniquement dû au refus répété du commissaire adjoint Binyamin de signer ses conditions de libération ; dès qu’il les a acceptées, il a immédiatement été libéré », précise l’agence.
L’avocat de Binyamin a déclaré à Ynet que son client avait l’intention de se rendre à son travail, lundi, dans les bureaux de son unité de Lod, le chef de la police, Danny Levy, l’ayant autorisé jeudi dernier à reprendre ses fonctions.
Korb a conclu sa déclaration sur une tonalité politique en demandant aux « autorités externes » de tenir le Service des enquêtes internes de la police, sous l’autorité du bureau du procureur de l’État.
« Il semble que, dans sa conduite dans cette affaire, le Service des enquêtes internes de la police ait dépassé toutes les bornes », a déclaré Korb en demandant « l’intervention immédiate des autorités externes » pour fixer des limites à l’agence.
Actuellement en cours de délibération au sein de la commission de la sécurité intérieure de la Knesset, un projet de loi polémique entend précisément placer le Service des enquêtes internes de la police sous le contrôle direct du ministre de la Justice et conférer à ce dernier l’autorité pour enquêter sur les procureurs d’État.
Les contempteurs de ce projet de loi, voté en lecture préliminaire de la Knesset en 2023, y voient la dernière étape d’une campagne de la coalition pour déposséder les organes judiciaires de leurs pouvoirs et les inféoder aux intérêts politiques.
L’auteur de ce projet de loi, le député du Likud Moshe Saada, a lui assuré qu’il visait à « protéger l’État d’Israël et ‘surveiller les gardiens’ » mais les parlementaires de l’opposition y voient un risque de politisation des enquêtes criminelles sur la police, de fin de l’indépendance de l’agence et de menace sur les procureurs d’État à la merci d’enquêtes menées par des politiciens.
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