Un juge ordonne à l’administration Trump de lever les restrictions imposées aux étudiants anti-Israël de Tufts
Le tribunal a conclu que Rumeysa Ozturk pourrait prouver que les services de l'Immigration avaient illégalement supprimé son dossier de la base de données des étudiants étrangers
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BOSTON (Reuters) — Lundi, une juge fédérale américaine a permis à Rumeysa Ozturk, doctorante à l’université Tufts et militante pro-Palestine, de revenir travailler sur le campus, après avoir ordonné à l’administration Trump de changer son statut dans la base de données utilisée pour suivre les étudiants étrangers.
La juge en chef du district, Denise Casper, a émis cette injonction après avoir conclu qu’Ozturk pourrait prouver que les services de l’Immigration [NDLT : Immigration and Customs Enforcement] avait illégalement supprimé son dossier de la base de données le jour-même où des agents en civil et masqués l’avaient arrêtée, en mars dernier.
Cette base de données des services d’Immigration – le Système d’Information des Étudiants en Échange et des Visiteurs – leur sert à suivre les étudiants étrangers entrés aux Etats-Unis avec un visa. La suppression du dossier d’un étudiant la prive de toute chance de trouver un emploi.
Dans un communiqué, Ozturk s’est dite reconnaissante de la décision et espérer « que personne d’autre ne soit en butte aux mêmes injustices ».
Le Service américain de la Sécurité intérieure, qui supervise les services d’Immigration, n’a pas répondu à la demande de commentaire.
L’arrestation d’Ozturk dans une rue de la banlieue de Somerville, dans le Massachusetts, près de Boston, a été filmée dans une vidéo devenue virale qui s’est attirée des critiques de la part des organisations de défense des droits civiques.
Elle a été détenue après que le département d’État a révoqué son visa étudiant alors que l’administration Trump se lançait dans la répression des activistes étrangers anti-Israël et pro-Palestine sur les campus.
La seule raison donnée par les autorités pour révoquer son visa est l’éditorial qu’elle a coécrit dans le journal étudiant de Tufts, un an plus tôt, pour critiquer la réaction de son Université à la guerre Israël-Hamas à Gaza.
Celle qui fut boursière Fulbright a été détenue pendant 45 jours dans un centre de détention en Louisiane jusqu’à ce qu’un juge fédéral du Vermont, où elle avait également et brièvement été détenue, ordonne sa libération immédiate, jugeant fondés les arguments selon lesquels sa détention était une mesure de représailles illégale, contraire à la liberté d’expression protégée par le Premier Amendement de la Constitution américaine.
A sa libération, Ozturk, qui est chercheuse en développement de l’enfant, a repris ses études à Tufts, dans le Massachusetts. Mais le refus de l’administration de corriger son dossier SEVIS l’a empêchée d’enseigner ou de travailler comme assistante de recherche, raison pour laquelle ses avocats ont demandé à Casper d’ordonner sa réintégration afin que sa carrière universitaire ne soit pas davantage compromise dans les derniers mois avant l’obtention de son diplôme.
Nommée par le président démocrate Barack Obama, Casper a déclaré que l’administration avait donné des « explications changeantes » pour clôturer le dossier SEVIS d’Ozturk, affirmant parfois, à tort, qu’elle n’était pas en règle vis-à-vis de son statut d’étudiante étrangère.
Dans la mesure où l’administration reconnaît désormais qu’elle est en règle avec le statut des étudiants étrangers, « il est d’autant plus incompréhensible que le gouvernement lui ait imposé des sanctions incompatibles avec ce dernier », a conclu Casper.
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