Un laboratoire national cesse de tester l’eau potable faute de financement
L'organisation de défense de l'environnement Adam Teva VeDin menace d'une action en justice et exige une réponse immédiate de la Santé et de l'Autorité de l'eau
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Sue Surkes est la journaliste spécialisée dans l'environnement du Times of Israel.
Les avocats d’un groupe de défense de l’environnement ont menacé mercredi le ministère de la Santé et l’Autorité de l’eau de poursuites judiciaires, après avoir appris que le laboratoire du ministère avait cessé de tester l’eau potable pour y détecter certains contaminants en raison d’un manque de financement.
Le laboratoire a arrêté les analyses portant sur plusieurs substances chimiques, notamment les PFAS, la chlorite, le chlorate et le perchlorate, qui peuvent toutes représenter un risque pour la santé lorsqu’elles sont présentes en quantités excessives. Cette situation nouvelle a été détaillée dans une lettre envoyée ce mois-ci par la directrice du laboratoire, Noa Tejman Yarden, à de hauts responsables du ministère de la Santé.
À moins que les fonds nécessaires ne soient fournis, le laboratoire cessera tous les tests chimiques et microbiologiques au début de l’année prochaine. Les tests microbiologiques recherchent des traces de bactéries d’origine hydrique qui provoquent des maladies telles que la légionellose et le choléra.
Ces tests sont normalement effectués à la source d’eau, dans le système d’alimentation en eau, et dans les établissements médicaux.
La lettre de Tejman Yarden fait état d’un « grave manque de ressources » telles que réactifs, substrats et équipements, et souligne l’absence de budget pour de nouveaux approvisionnements, sans perspective de financement.
Face à cette situation, l’organisation Adam Teva VeDin a envoyé une lettre au ministre de la Santé par intérim, Haim Katz, et au directeur de l’Autorité de l’eau, Yechezkel Lifshitz, demandant la reprise immédiate des ressources et des tests.
Le groupe a exigé une réponse avant le 1ᵉʳ décembre, « afin que nous puissions envisager les prochaines étapes, y compris une action en justice ».
La lettre rappelait que le ministère de la Santé est légalement responsable de la supervision de la qualité sanitaire de l’eau potable et de l’eau de mer sur les plages officielles, tandis que l’Autorité de l’eau est tenue par la loi de garantir la disponibilité et la qualité de l’eau.
« Des études épidémiologiques montrent que l’exposition à des contaminants et à des toxines dans l’eau potable peut avoir des effets graves sur la santé, notamment un risque accru de cancer et des troubles du développement cognitif », indiquait la lettre.
Une porte-parole d’Adam Teva VeDin a confié au Times of Israel que l’organisation envisageait de saisir la Cour suprême si les autorités ne prenaient pas rapidement des mesures.
Un porte-parole de l’Autorité de l’eau a déclaré que la qualité de l’eau relevait « exclusivement du ministère de la Santé ». De son côté, une porte-parole du ministère de la Santé a assuré que les tests « ne s’arrêteraient pas », sans être en mesure d’expliquer comment ni de fournir davantage de détails.
Dans sa lettre, Adam Teva VeDin a souligné que l’importance des tests liés aux PFAS (acronyme de perfluoroalkyl and polyfluoroalkyl substances, substances perfluoroalkylées et polyfluoroalkylées) était illustrée par les actions passées du ministère de la Santé. Le groupe citait plusieurs cas où le ministère avait ordonné la fermeture de forages en raison de niveaux anormaux de ces contaminants.
« La possibilité que les Israéliens consomment une eau contaminée provenant de puits qui n’ont pas encore été testés, et qui auraient pu être fermés si des analyses de routine avaient été effectuées, est inacceptable et nécessite une attention urgente », a déclaré Adam Teva VeDin.
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