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Un principal du Massachusetts critiqué pour s’être excusé après un cours sur l’antisémitisme

Une lettre ambiguë a suscité l'indignation, semblant regretter la tenue d'un cours sur la Shoah ; elle portait en fait sur un cours sur l'antisémitisme moderne qui avait été donné via une ONG pro-Israël

Capture d'écran du site Internet de TribeTalk, le 26 juin 2026. (TribeTalk)
Capture d'écran du site Internet de TribeTalk, le 26 juin 2026. (TribeTalk)

JTA — Cette semaine, un cours sur l’antisémitisme a mal tourné lorsque le principal d’un collège des environs de Boston a envoyé une lettre d’excuses ambiguë aux parents d’élèves.

Suite à l’incident survenu au collège William Diamond de Lexington, dans le Massachusetts, des comptes juifs, sur les réseaux sociaux, et des médias conservateurs américains ont conclu que le principal, le Dr Johnny Cole, présentait des excuses parce qu’un cours sur la Shoah avait eu lieu dans son établissement.

Jeudi, un média local a rapporté que les excuses de Cole n’avaient rien à voir avec la Shoah et que les excuses se rapportaient à un cours sur l’antisémitisme moderne, qui avait été confié à un groupe juif tiers des environs.

Selon le Lexington Observer, c’est à l’issue de ce cours qu’une dizaine de familles se sont opposées à l’utilisation par ce groupe de matériel provenant de la Blue Square Alliance, un groupe de veille de l’antisémitisme, car son fondateur, le propriétaire des New England Patriots Robert Kraft, est ouvertement pro-Israël.

C’est cela qui aurait poussé Cole à écrire « Nous sommes désolés » aux élèves qui, selon ses écrits, « ont eu l’impression que leur propre histoire, leur identité ou leur communauté avait été laissée de côté ou effacée ».

Cole a poursuivi : « Chacun d’entre vous a le droit de venir dans cette école et de sentir qu’il compte — que vous soyez arabes, juifs, libanais, musulmans, palestiniens —. » Le Lexington Observer a vérifié et publié ses excuses.

Le Conseil des relations de la communauté juive de Boston (JCRC) a apporté un éclairage supplémentaire au sujet de ces excuses.

« Nous comprenons maintenant que la lettre elle-même — qui, telle qu’elle était écrite, était assez troublante et offensante pour de nombreux membres de notre communauté juive — était en fait mal rédigée et qu’elle ne reflétait ni les faits, ni le contexte », a déclaré le JCRC dans un communiqué partagé avec la JTA.

Ni Cole, ni plusieurs représentants du comité du collège, ni le surintendant du district, ni l’association des parents d’élèves de l’école n’ont répondu aux demandes de commentaires de la JTA.

Aucun des membres du personnel associés à TribeTalk, le groupe d’éducation sur l’antisémitisme mandaté par le district scolaire, n’avait répondu aux multiples demandes de commentaires de la JTA, jeudi. Les représentants de la Blue Square Alliance n’ont pas non plus donné suite à une demande de commentaire.

L’explication de la raison pour laquelle TribeTalk a été mandaté dans cette école, et le contenu précis du cours, ont été donnés par l’Observer. Citant des propos tenus par Cole et par d’autres responsables scolaires, le journal a rapporté que la visite de TribeTalk avait été motivée par la découverte récente, ce printemps, d’un graffiti représentant un symbole néo-nazi, ainsi que « une épithète raciste anti-Noirs », a dit Cole, dans les toilettes des garçons de l’école.

Selon son site Internet, TribeTalk est financé par plusieurs donateurs juifs, dont certains entretiennent des relations avec Israël, notamment Combined Jewish Philanthropies of Greater Boston, la branche de la fédération régionale ; le Jewish National Fund USA, qui finance des projets fonciers en Israël ; le Jewish United Fund et plusieurs fondations familiales. Le personnel de TribeTalk a consulté les professeurs d’histoire-géographie et d’éducation civique de l’école sur le contenu du cours, a rapporté l’Observer.

Le résumé du cours qui avait été validé, et qu’a publié l’Observer, donne un aperçu de la manière dont les groupes juifs soutenus par des institutions enseignent l’antisémitisme et le sionisme aux élèves des écoles publiques dans l’après-7 octobre, sur fond de la guerre sur plusieurs fronts déclenchée par le pogrom du Hamas en 2023.

Le cours définit l’antisémitisme comme des « suppositions ou opinions négatives visant la communauté juive » et le sionisme comme le fait de « reconnaître le peuple juif comme peuple » et « de reconnaître ses liens profonds avec sa patrie d’origine en Israël ».

Le cours donne ensuite des exemples de situations dans lesquelles la critique d’Israël n’est pas antisémite : selon TribeTalk, « la critique du Premier ministre ou d’autres politiciens », « le fait de plaider en faveur d’un État palestinien distinct » et « le fait de plaider pour des cessez-le-feu » ne sont « PAS antisémites ».

Le résumé du cours décrit ensuite des sessions de groupe au cours desquelles les élèves ont discuté de façon à savoir si des situations hypothétiques étaient ou non antisémites. Deux d’entre elles s’inspiraient d’incidents réels survenus dans les environs : une équipe de football utilisant « Auschwitz » comme annonce de tactique de jeu et un adolescent publiant « #FreePalestine » sous une photo de challah. La discussion a par ailleurs porté sur l’histoire de la croix gammée.

Un adolescent trouve un post-it avec les mots « sale juif » sur son sac à dos dans la publicité diffusée lors du Super Bowl 2026 par la Blue Square Alliance de Robert Kraft. (Crédit : Capture d’écran via JTA)

Aucun élève ne s’est plaint ou n’a fait part d’un quelconque malaise pendant les cours, explique l’Observer. Dans des notes de commentaires publiées par le journal, certains élèves ont indiqué qu’ils souhaitaient en savoir plus sur des sujets tels que le « sionisme », la « Palestine » et « l’histoire de l’antisémitisme ». La tonalité générale des commentaires venus de centaines d’élèves a été positive, exprimant de la reconnaissance.

L’école a déclaré avoir été ultérieurement contactée par 12 parents d’élèves inquiets « dont les enfants se sont sentis blessés par la présentation parce qu’ils n’ont pas eu l’impression que leur point de vue, leur histoire ou leurs antécédents familiaux étaient pris en compte », a déclaré Cole au journal. Ce seraient ces inquiétudes, a-t-il dit, qui ont motivé les excuses présentées par l’école.

Selon l’Observer, des parents se sont inquiétés du fait que TribeTalk avait « renvoyé les élèves chez eux avec des autocollants de la Blue Square Alliance après la discussion ».

Ces autocollants, a dit Cole à TribeTalk, ont pu être perçus comme « problématiques pour certaines familles ».

« S’il y a un amalgame entre ces différentes choses, j’ai peur que cela ne fasse que susciter du ressentiment chez les gens et qu’ils associent le judaïsme aux actions d’une armée », a déclaré à l’Observer Andrew Harris, un parent d’élève du district.

Dans sa déclaration, le JCRC de Boston n’est pas entré dans les détails du cours en question mais il a remercié le district scolaire pour sa
« lutte contre l’antisémitisme et toutes les formes de haine », tout en notant que de telles conversations étaient « difficiles et complexes ».

Les demandes de commentaires de la JTA qui ont été adressées à deux groupes locaux d’activistes contre l’antisémitisme, Lexington United Against Antisemitism et Massachusetts Educators Against Antisemitism, ainsi qu’à la branche de l’Anti-Defamation League en Nouvelle-Angleterre, sont restées sans réponse dans le temps imparti.

StopAntisemitism, un compte X populaire qui a été l’un des premiers vecteurs d’informations inexactes au sujet de l’histoire survenue à Lexington, a maintenu ses positions jeudi après-midi, des heures après la publication de l’article de l’Observer et de la déclaration du JCRC.

« Où est le surintendant ? Où est le conseil scolaire ? » pouvait-on lire sur le compte en faisant référence à un article de Fox News datant de la veille, lequel affirmait, à tort, que les excuses s’adressaient aux « élèves offensés par le cours sur la Shoah ».

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