Une « trend » antisémite montre des Juifs réclamant des biens « promis il y a 3 000 ans »
Une vague de vidéos générées par l'IA montre des Juifs revendiquant la propriété de villes, de voitures et de chiens, ridiculisant l'attachement historique à la terre d'Israël
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Une « trend » (tendance) de mèmes antisémites générés par l’IA, dépeignant les Juifs comme cupides, malhonnêtes ou délirants, déferle sur les réseaux sociaux, a rapporté l’organisation à but non lucratif CyberWell, qui collabore avec les réseaux sociaux pour lutter contre l’antisémitisme en ligne.
La tendance « Promis il y a 3 000 ans » consiste à relayer des caricatures générées par l’IA représentant des hommes juifs orthodoxes, souvent accompagnées du morceau folklorique « Hava Nagila », pour se moquer de l’identité juive et renforcer des stéréotypes nuisibles, selon CyberWell. Les mèmes représentent des personnages juifs revendiquant la propriété d’objets absurdes parmi lesquels des villes, des voitures, des canettes de soda, des bébés et même la Lune, tout en exagérant les traits physiques associés aux tropes antisémites.
Différents types de messages antisémites ont envahi les réseaux sociaux ces dernières années, particulièrement depuis que le Hamas a attaqué Israël le 7 octobre 2023, déclenchant la guerre en cours. Des plateformes comme Facebook, X, Instagram et TikTok ont tenté d’améliorer la modération des messages qui enfreignent leurs normes, mais les mesures prises restent souvent insuffisantes. Même Wikipédia, l’encyclopédie collaborative en ligne, a du mal à lutter contre les préjugés antisémites.
Dans ce nouveau trope, les liens religieux et historiques qui unissent les Juifs à la terre d’Israël, qui constituent un élément central du conflit qui oppose actuellement l’État hébreu aux Palestiniens, sont tournés en ridicules et banalisés, selon CyberWell. Ce trope laisse en outre entendre que les Juifs déforment des revendications anciennes pour affirmer leur domination, faisant de la formule un raccourci désignant l’illégitimité, la cupidité et l’illusion.
Dans une vidéo largement partagée sur Instagram par Mohamed Hadid, suivi par 1,5 million d’abonnés, on peut voir des Juifs s’emparant de chaises de jardin, de sandwichs, de montres et d’un bébé. Elle se termine sur un plan représentant un Juif hassidique déclarant : « On m’avait promis six millions d’abonnés sur TikTok il y a 3 000 ans », une référence indirecte aux six millions de Juifs assassinés pendant la Shoah.
Dans une autre vidéo générée par l’IA, un homme juif s’empare du chien d’une femme, affirmant que l’animal lui avait été « promis il y a 3 000 ans ».
????????Knn, everything was promised to them 3000 years ago… pic.twitter.com/ZuAFU8BqWr
— ❌️ (@MotulX22) August 7, 2025
CyberWell a indiqué que les plateformes de réseaux sociaux ne classaient actuellement pas cette tendance utilisant l’IA comme une violation de leurs conditions en matière d’intimidation ou de harcèlement, estimant que les règles existantes ne peuvent s’appliquer à des personnages fictifs. L’organisation a toutefois précisé que les règles des plateformes interdisaient explicitement la diffusion de stéréotypes historiquement préjudiciables, ainsi que la moquerie à l’égard de la mort de groupes spécifiques.
« Cette dernière tendance met en évidence un défi plus vaste auquel sont confrontées les plateformes de réseaux sociaux : avec les outils d’IA, la surveillance et le contrôle à grande échelle des contenus préjudiciables sont de plus en plus difficiles », a expliqué Tal-Or Cohen Montemayor, fondateur et PDG de CyberWell.
« Le fait de compter sur les utilisateurs pour signaler les contenus haineux s’est avéré être un échec total, contribuant à des vagues de violence dans le monde réel, elles-mêmes amplifiées par des algorithmes qui se nourrissent de l’indignation. Aujourd’hui, les antisémites et les extrémistes tirent parti des outils d’IA pour diffuser et intensifier la haine. »
Cohen Montemayor a exhorté les plateformes à revoir leurs conditions, afin de les adapter pour un meilleur contrôle de ce type de vidéos.
« Sans investissement des plateformes de réseaux sociaux dans des mécanismes de réponse plus efficaces et plus rapides, à l’instar des efforts qu’elles ont déployés pour lutter contre le ‘revenge porn’, l’utilisation abusive des créations de l’IA continuera d’affecter des milliards de personnes », a-t-elle ajouté. « À l’ère de l’IA, il n’est plus acceptable que l’application et l’actualisation des conditions régissant la sécurité et la confidentialité soient si lentes et si peu réactives. »
la Communauté du Times of Israël !







