L’ancien président américain Bill Clinton a déclaré mercredi que les Palestiniens se sont vu offrir le contrôle sur le mont du Temple au sommet de Camp David en 2000, avant que l’accord n’achoppe sur une bande de terre près du mur Occidental.

Dans un discours prononcé à l’Université de Georgetown à Washington, où il s’est engagé à donner une série de conférences, Clinton a évoqué dans un premier temps des questions de politique intérieure, avant de se pencher sur la politique étrangère américaine et les défis auxquels son administration a été confrontée – en particulier le conflit israélo-palestinien et le sommet de 2000.

Il chapeautait à l’époque les négociations entre le Premier ministre d’alors, Ehud Barak, et le défunt chef de l’Autorité palestinienne Yasser Arafat.

Ces déclarations font état d’une percée dans les négociations entre Israël et les Palestiniens en 2000, en particulier sur la question controversée de la division de Jérusalem.

Et de qualifier le sommet de Camp David de « succès retentissant ». Le sommet en question a donc enregistré des succès plus importants que ce que le public imaginait.

Israël, raconte Clinton, a accepté de céder le contrôle du mont du Temple aux Palestiniens, le lieu le plus saint du judaïsme qui abrite également la mosquée al-Aqsa, à la condition que la zone entourant le mur Occidental reste sous le contrôle d’Israël.

De son côté, Arafat a accepté de céder à Israël le contrôle sur le mur Occidental, ainsi que sur les quartiers juifs de Jérusalem-Est, mais a exigé de conserver le contrôle sur une zone de 16 mètres de terre menant à l’entrée des tunnels du mur Occidental.

Une condition rejetée par l’Etat hébreu, au motif que le tunnel donne accès aux vestiges des temples juifs. Rétrospectivement, explique Clinton, le refus israélien était probablement justifié car « si vous y pénétrez, vous pourriez créer le chaos sous les ruines des temples. »

En définitive, les parties ne sont pas parvenues à un accord sur Jérusalem et le mont du Temple.

Concernant ses tentatives d’arracher un accord de paix avant la Seconde Intifada, Clinton a déclaré : « Avons-nous échoué ? Quatre ans après avoir quitté mon fauteuil, trois fois plus de Palestiniens et d’Israéliens ont été tués dans des actes de violence que dans les huit années sous ma présidence. Nous devons toujours tenter – moins de gens mourront ».

« D’une certaine manière, vous devez trouver un moyen d’établir la confiance entre les adversaires », a déclaré Clinton. « L’accord en soi est moins important que la confiance. »

Clinton a également évoqué son implication dans la signature des Accords d’Oslo II en 1995, qui ont abouti à la division de la Cisjordanie en trois unités administratives.

Et de qualifier cette expérience de modèle à suivre pour les négociateurs et les médiateurs.

Dans une situation de conflit, a-t-il expliqué, les deux parties doivent apprendre à travailler ensemble et à se faire confiance plutôt que de compter sur la médiation extérieure.

Quelques semaines à peine après la signature de l’accord, l’ancien Premier ministre Itzhak Rabin est assassiné par un « colon en colère » qui, selon l’ancien président, fait encore l’objet de vénération aujourd’hui en Cisjordanie.

Une référence à l’assassin de Rabin, Yigal Amir, qui n’était pas un résident d’une implantation de Cisjordanie.

Cela fait « treize ans », a déclaré Clinton, depuis qu’Arafat lui a demandé de faciliter un accord de paix avec Israël – treize années durant lesquelles des changements politiques sont intervenus en Israël et dans l’Autorité palestinienne.

Les questions de sécurité concernant la Cisjordanie et la division de la Vieille Ville de Jérusalem ont été discutées dans « les moindres détails » et pour la plupart « à peu près résolues ».

Pourtant, conclut Clinton, aucun accord n’a été conclu sous son égide. Et pour cause : si Israël, sous le leadership de Barak, a accepté de renoncer à 96 % de la Cisjordanie, les Palestiniens, sous Arafat n’ont
« jamais dit oui. »