Le tribunal du district de Jérusalem a reconnu lundi matin l’ancien Premier ministre Ehud Olmert coupable de fraude et d’abus de confiance, deux ans après qu’il ait été acquitté dans la même affaire de corruption.
 
L’audience s’est tenue quelques mois après que la Cour suprême ait ordonné la réouverture du procès sur l’affaire dite Talansky, affirmant qu’elle permettait à l’ancienne assistante d’Olmert Shula Zaken de deposer un nouveau témoignage, y compris des enregistrements de conversations entre Olmert et Zaken, qui au printemps dernier ont servi de base pour la réouverture du procès.

Revenant lundi sur sa décision antérieure, le tribunal a conclu à l’unanimité que l’ancien Premier ministre était coupable de fraude et d’abus de confiance.

Son avocat a déclaré qu’Olmert fera appel de la décision de la Cour suprême.

La condamnation d’Olmert pour fraude, abus de confiance et corruption devrait être annoncée le 5 mai.

En 2012, la Cour de district de Jérusalem avait acquitté Olmert des accusations de fraude, d’évasion fiscale et de falsification de documents dans les affaires connues sous les noms de Talansky et Rishon Tours.

Il a été accusé d’avoir accepté des enveloppes pleines d’argent de l’homme d’affaires américain et collecteur de fonds Morris Talansky en échange de faveurs politiques.

La bataille juridique s’est concentrée sur la question de savoir si les fonds étaient des cadeaux personnels ou en échange de faveurs politiques.

Les enregistrements audio fournis par Zaken ont étayé la thèse selon laquelle Olmert, alors maire de Jérusalem, avait accepté les « enveloppes d’argent » de Talansky pour faire avancer les intérêts de l’homme d’affaires et qu’il avait omis de déclarer aux autorités compétentes le compte bancaire dont lequel les sommes étaient gérées .

Les avocats d’Olmert ont réagi par le communiqué suivant : « Nous sommes contrariés et déçus par le verdict. La décision d’aujourd’hui a été acquise malgré les mensonges flagrants de Shula Zaken devant la Cour, et bien que la défense ait clairement démontré que les enregistrements de Zaken ont été modifiés et édités de façon manipulatrice et que les bandes ne sont pas fiables, pour dire le moins. »

Le procureur Uri Korb a qualifié le verdict de victoire dans la lutte contre la corruption publique.