De récentes images satellite indiquent que la Corée du Nord aurait tranquillement réactivé un de ses principaux réacteurs nucléaires, a révélé un think tank américain.

Selon un rapport (fichier PDF) publié mercredi par l’Institute for Science and International Security (ISIS) basé à Washington, des images satellites du complexe nucléaire de Yongbyon montrent des signes d’un regain d’activité.

Les analystes ont découvert des traces de neige fondue sur les bâtiments abritant les réacteurs et turbines à Yongbyon, ce qui suggère que l’intérieur du réacteur pourrait évacuer de l’eau chauffée.

Le rapport a également mis en évidence des images d’un faible courant d’eau chaude évacué par la canalisation de décharge du réacteur, ainsi que ce qui semblerait être de la vapeur s’élevant du bâtiment des turbines.

Le rapport a analysé les images récentes du complexe, prises de janvier à mars, et les a comparées aux images d’août et de septembre de l’année dernière.

L’ISIS affirme que les images « n’apportent pas une preuve claire que le réacteur a repris une pleine activité » mais qu’elles suggèrent que le réacteur « fonctionne peut-être à faible puissance ou par intermittence ».

Lorsqu’il est pleinement opérationnel, le réacteur de cinq mégawatts de Yongbyon peut produire six kilos de plutonium par an, suffisament pour une charge nucléaire.

La Corée du Nord avait fermé l’installation en 2007 dans le cadre des négociations internationales à six visant à brider dans son programme nucléaire, mais l’a rouvert en 2013, soi-disant afin de procéder à des travaux de rénovation.

Selon une récente étude de chercheurs américains, la Corée du Nord dispose déjà de centaines de missiles balistiques qui peuvent atteindre ses voisins en Asie du Nord et a assez de matières fissiles pour au moins 10 bombes atomiques.

Le Wall Street Journal a écrit la semaine dernière que, dépassant de loin toutes les estimations américaines, les experts chinois estiment que la Corée du Nord pourrait déjà posséder 20 ogives nucléaires et fabriquer assez de plutonium de qualité militaire pour doubler son arsenal d’ici l’année prochaine.