Hussein Dawabsha, dont le petit-fils Ali a été brûlé à mort dans une attaque terroriste juive présumée dans le village palestinien de Duma vendredi, a déclaré qu’il espérait que son petit-fils sera la « dernière victime de cette guerre terroriste ».

Dans une colonne dimanche dans le quotidien Yediot Ahronot, Dawabsha raconte comment sa femme avait choisi de dormir sur le toit jeudi soir en raison de la chaleur. Au milieu de la nuit, elle a remarqué que la maison de leur fille non loin était en flammes.

« Elle m’a réveillé en criant, » écrit-il. « Je me suis dit, c’est impossible. »

« J’ai sauté dans la voiture et j’ai accouru là-bas. Je refusais de le croire. Quand je suis arrivé, j’ai été accueilli par une scène que je ne pourrai jamais oublier : la maison était totalement brûlée, il y avait de la suie partout, et la puanteur était terrible. Je suis devenu fou… Je me suis assis sur le sol et j’ai pleuré. Ma famille avait disparu. »

Dawabsha a déclaré que les médecins l’ont informé qu’Ali a « probablement pleuré et crié de douleur – mais que personne n’a pu le sauver ».

« Le feu l’a atteint tandis que sa mère le portait sur son dos, et il a été brûlé vif, » écrit-il.

Le fils de Dawabsha, l’oncle d’Ali, a déclaré samedi que la mère du bébé, Riham, a attrapé une couverture dans laquelle elle croyait qu’Ali se trouvait. Seulement une fois à l’extérieur, elle a compris qu’il n’y était pas.

« Nous sommes des gens simples, qui poursuivent et cherchent la paix, » a écrit Dawabsha. « Nous ne voulons pas de terrorisme de chaque côté, et nous le condamnons. »

Dawabsha affirme qu’il a travaillé comme ouvrier du bâtiment dans la construction du Centre médical Sheba – l’hôpital près de Tel-Aviv, où sa fille et son petit-fils de quatre ans sont soignés.

« Mes amis sont juifs. J’ai travaillé ici, et j’ai participé à la construction des bâtiments du Centre médical Sheba où mes proches sont maintenant hospitalisés », écrit-il.

« Nous voulons vivre. Priez avec nous pour leur guérison – Juifs et Arabes – pour que mon petit-fils soit la dernière victime de la guerre terroriste ».

Samedi soir, Nasser Dawabsha – l’oncle d’Ali Dawabsha – s’est adressé à une foule d’Israéliens lors d’un rassemblement contre l’incitation, la haine et la violence à Tel-Aviv. Il a parlé en arabe et ses paroles ont été traduites simultanément en hébreu.

« Ils [la famille] étaient assis ensemble [jeudi soir], puis chacun est rentré chez lui. Une demi-heure plus tard, l’engin explosif a été jeté. Le carburant dans l’explosif était puissant ; il ne restait rien [de la maison] à la fin », a-t-il dit.

« Mon frère est sorti, brûlé, avec sa femme. Il a fait sortir son fils de quatre ans », a déclaré Nasser, en pleurs.

« Riham pensait qu’Ali était dans la couverture, mais plus tard ils ont compris qu’il n’y était pas et qu’il est resté à l’intérieur. Quand elle est sortie, elle était stupéfaite qu’Ali ne soit pas avec elle et elle a demandé où il était. Et puis Ali a été brûlé », a-t-il dit.

L’oncle a ensuite utilisé la scène pour s’adresser au Premier ministre : « Je veux demander [au Premier ministre Benjamin] Netanyahu, et je veux une réponse… Pourquoi Ali a-t-il été assassiné ? Dix-huit mois. Il est innocent. Qu’a-t-il fait à l’armée israélienne et aux colons ? Ali est un martyre. Nous demandons et espérons que ce sera la fin de la souffrance de notre peuple. »

« Il y a eu Mohammed Abu Khdeir » – un Palestinien de 16 ans qui a été brûlé vif l’été dernier par un gang juif après que trois adolescents juifs ont été enlevés et tués par une cellule du Hamas en Cisjordanie – « et maintenant Ali, et nous ignorons qui sera le prochain. Nous voulons que ces mises à feu prennent fin », a-t-il dit.

Plus tôt samedi, Nasser et d’autres parents se sont rendu à l’hôpital Soroka de Beer Sheva, où son frère Saad, le père d’Ali, est hospitalisé avec des brûlures au troisième degré.

« Selon ce que nous disent les médecins, la mère est en très mauvais état et le fils commence à aller mieux », a-t-il dit. Parlant à Ynet, Nasser a déclaré que le gouvernement israélien doit « nous accorder une protection en tant que nation vivant sous occupation, arrêter les assassins et les traduire en justice ».

« C’est un gouvernement qui encourage les colons qui scandent tout le temps ‘Mort aux Arabes’ ; c’est pourquoi ce gouvernement est une partie à l’origine de l’incitation à la haine », a-t-il dit depuis l’hôpital.