WASHINGTON – Un groupe bipartisan de membres du Congrès a approuvé mercredi à l’unanimité l’ajout d’un amendement autorisant la recherche et le développement d’un système de défense anti-tunnels pour la protection d’Israël à la législation de défense la plus importante de l’année.
 
L’amendement est la combinaison de deux propositionss de loi pré-existantes – l’une parrainée par la démocrate Gwen Graham et l’autre par le républicain Doug Lamborn- en un amendement bipartisan à la National Defense Authorization Act (NDAA), un texte de loi qui doit être voté chaque année qui fixe le budget et les dépenses du ministère de la Défense.

L’amendement a été ajouté au NDAA par un vote unanime, au cours d’une séance marathon de la Commission des forces armées de la Chambre des Représentants et restera probablement dans le cadre du projet de loi qui va venir en séance plénière de la Chambre.

Le NDAA est considéré comme une loi obligatoire, puisqu’elle fixe le financement de la défense nationale américaine, depuis les projets de grande envergure à long terme et les marchés jusqu’au financement des opérations au jour le jour de l’armée la plus chère du monde.

Selon ses promoteurs, l’amendement Lamborn-Graham autorisera la R&D d’un système de défense anti-tunnels pour protéger Israël contre les attaques terroristes, telles que les incursions par les terroristes de Gaza qui ont terrifié les communautés du Sud d’Israël à l’été 2014.

Les résidents israéliens le long de la frontière Nord avec le Liban ont également exprimé à plusieurs reprises les craintes que le Hezbollah creuse des tunnels qui arriverait dans les localités israéliennes dans le but de lancer des attaques terroristes de grande ampleur.

Des tunnels ont été utilisés pour lancer l’attaque du Hamas de 2006 qui a conduit à l’enlèvement de Gilad Shalit, ainsi que l’enlèvement du corps du lieutenant Hadar Goldin lors de l’opération Bordure protectrice de l’été dernier à Rafah. Rien que l’été dernier, l’armée israélienne a découvert 32 tunnels, dont 14 qui atteignaient Israël.

L’amendement Lamborn-Graham a été conçu pour être semblable à l’autorisation législative de 2011 pour le systême anti missile Dôme de Fer – un projet conjoint américano-israélien innovateur.

« Notre plus proche allié au Moyen-Orient – Israël – vit sous la menace constante des attaques terroristes par des tunnels souterrains » a écrit mercredi Graham dans un communiqué. « Le texte de loi sur la coopération israélo-américaine de défense anti-tunnel va lancer une nouvelle initiative sans précédent pour protéger Israël de cette menace dangereuse. Pour assurer la paix, nous devons d’abord aider Israël à sécuriser leur état contre les attaques. Le Dôme de Fer a sauvé d’innombrables vies civiles, et un bouclier de défense anti-tunnel permettra d’en sauver encore plus ».

Lamborn a décrit les tunnels comme « une menace antique qui a ré-émergé de manière très dangereuse ».

« Nous savons que si le Hamas a utilisé des tunnels dans des attaques terroristes réussies, il est seulement une question de temps avant que les terroristes utilisent aussi ailleurs tunnels » a-t-il ajouté. « Les tunnels sont une menace pour les bases américaines et les ambassades à travers le monde, et sont déjà une menace grave sur notre propre frontière Sud. Pour toutes ces raisons, il est logique de collaborer avec Israël, comme nous l’avons fait pour la défense antimissile, d’apprendre avec eux sur la façon de se défendre contre des tunnels ».

Les auteurs de l’amendement ont souligné que le Hamas a dépensé environ 100 millions de dollars pour construire des tunnels, qui sont utilisés pour la contrebande d’armes, d’argent et des fournitures à Gaza depuis le Sinaï, ainsi que pour lancer des attaques terroristes en Israël.

L’AIPAC (American Israel Public Affairs Committee) soutient l’amendement, affirmant qu’il sera en mesure « d’aider tant les Etats-Unis qu’Israël pour se défendre contre les menaces futures venant de tunnels ».

Dans leur lettre d’approbation, les dirigeants de l’AIPAC pour les affaires gouvernementales ont écrit que le projet de loi « favorise une réelle coopération et le partage des coûts entre Washington et Jérusalem sur ce défi majeur ».

Le processus visant à approuver le NDAA est cependant loin d’être achevé – un intense travail parlementaire sur les amendements est susceptible de se poursuivre jusqu’au vote final sur cette législation clé.