Benjamin Netanyahu a jusqu’à mercredi pour former un nouveau gouvernement israélien mais il doit pour cela tenter de concilier les intérêts des différents partis avec lesquels il discute pour former une coalition.

Après la victoire du Likud, son parti de droite qui a remporté 30 sièges sur 120 aux législatives du 17 mars, Netanyahu s’efforce de constituer avec cinq partis nationalistes et religieux une majorité de 67 députés sur 120.

Il a conclu cette semaine des accords avec deux alliés potentiels : le parti de centre droit Koulanou (10 sièges) et Yahadout HaTorah (6 sièges), ultra-orthodoxe.

Voici l’état des lieux des discussions sur les principaux points en débat :

Des concessions aux ultra-orthodoxes

L’accord avec Yahadout HaTorah prévoit l’annulation des réductions des allocations familiales et la reprise du versement des subventions pour son réseau d’écoles indépendant. Du pain bénit pour un parti dont les électeurs sont pour la plupart des familles nombreuses et pauvres.

Les jeunes ultra-orthodoxes qui refusent de faire le service militaire ne seraient plus poursuivis. Ces poursuites avaient été imposées par le précédent gouvernement au nom de l’équité avec les laïcs, contraints à trois ans de service pour les hommes, deux pour les femmes. Des milliers de jeunes orthodoxes bénéficiaient auparavant d’une exemption.

La réforme du logement et des banques

Aux termes de l’accord avec Koulanou, Moshé Kahlon, le dirigeant de ce parti, ancien ministre du Likud, va obtenir le portefeuille des Finances. Il s’est engagé à des réformes dans les secteurs du logement et des banques, pour réduire le coût de la vie et les inégalités sociales.

Son parti pourrait hériter aussi des ministères du Logement et de l’Environnement.

Les Affaires étrangères et le processus de paix

Les négociations sont toujours en cours avec Yisrael Beiteinou (six sièges), parti du ministre des Affaires étrangères sortant Avigdor Lieberman. Il devrait garder son poste. Il réclame l’entière responsabilité du dialogue, crucial, avec les Etats-Unis. Il veut la haute main sur un futur processus de paix au Moyen Orient qui devrait être, selon lui, un effort régional et non plus seulement une discussion bilatérale avec les Palestiniens.

Les deux dossiers relèvent jusqu’à présent du domaine réservé de Netanyahu.

Lieberman exige en outre que le gouvernement adopte comme objectif stratégique l’éviction du pouvoir du Hamas dans la bande de Gaza.

Les pouvoirs de la Cour suprême

Netanyahu est soumis aux pressions pour limiter les possibilités de la Cour suprême d’invalider des lois que voterait le parlement mais qu’elle jugerait contraires aux lois fondamentales du pays.

Les pressions portent également sur la procédure de nomination des juges de la Cour. Les désignations seraient assurées par une majorité d’hommes politiques et non plus de juristes.

Le procureur général Yehuda Weinstein s’est fermement opposé à de telles initiatives susceptibles selon lui de porter atteinte à l’indépendance de la Cour.

Moshé Kahlon aurait obtenu un droit de veto sur tout projet de loi qui rognerait les pouvoirs de la Cour suprême, ou qui définirait Israël comme un Etat juif. Une telle loi, selon de nombreux juristes, institutionnaliserait les discriminations contre les minorités, notamment les Arabes israéliens (17% de la population).

La réforme des médias

Netanyahu exige un droit de veto sur toute réforme touchant aux médias, en particulier Israel Hayom, le quotidien le plus diffusé du pays, qui soutient totalement le Premier ministre sortant. Netanyahu n’était pas parvenu fin 2014 à empêcher un vote préliminaire du parlement visant à interdire la diffusion gratuite d’Israel Hayom.

L’éducation

Naftali Bennett, dirigeant de HaBayit Hayehudi (8 députés), parti nationaliste religieux, devrait obtenir le ministère de l’Éducation, qui représente le deuxième budget de l’Etat après la Défense.
Ce parti devrait également obtenir le portefeuille de Agriculture et prendre le contrôle de la division de l’Organisation sioniste mondiale chargée du transfert de fonds publics aux colonies israéliennes de Cisjordanie et du plateau du Golan occupés, ont indiqué les médias.