Certaine que le Hamas continuera à gouverner la bande de Gaza à l’avenir, l’armée israélienne se prépare à une possible reconquête de l’ensemble du territoire côtier palestinien en cas de confrontation future avec l’organisation islamique.

Malgré le coup dur essuyé par le Hamas et le Jihad islamique lors de l’opération Bordure protectrice en juillet et août dernier, le commandement militaire israélien est convaincu qu’une nouvelle série de combats à Gaza n’est qu’une question de temps.

Les dirigeants israéliens ne voient aucunement l’Autorité palestinienne reprendre le contrôle de la bande, et préféreraient affronter un Hamas affaibli plutôt qu’une anarchie d’organisations indisciplinées, dont certaines défendent des idéologies extrémistes islamistes.

Le Hamas et le Jihad islamique ont perdu 1 000 hommes armés dans les 50 jours de combats avec Israël, y compris de nombreux commandants. Les 1 100 victimes palestiniennes restantes dans la guerre seraient des civils innocents pris dans la ligne de feu.

Le Hamas avait voulu surprendre Israël au début de l’opération de l’été dernier par une attaque terroriste massive sur une communauté israélienne près du passage de Kerem Shalom via un tunnel creusé sous la frontière.

Mais le leadership politique de l’organisation a décidé de reporter l’attaque, laissant Israël frapper en premier. Cette décision a engendré une crise de confiance entre l’aile militaire du Hamas – qui prônait une action décisive – et la branche politique, plus prudente.

Le fossé entre les deux branches est manifeste dans le choix de leurs alliés régionaux. Alors que l’aile militaire opte pour des liens plus étroits avec l’Iran (qui continue à la financer à hauteur de millions de dollars en espèces via une contrebande d’Egypte), l’aile politique, dirigée par Khaled Meshaal depuis le Qatar, souhaite un rapprochement avec l’Arabie saoudite et l’Egypte.

Marwan Issa, haut commandant des Brigades Izz al-Din al-Qassam (qui dans de nombreux rapports étatit considéré comme le chef de l’aile militaire après l’annonce de l’élimination de son commandant Mohammed Deif dans une frappe israélienne pendant la guerre – démentie par le Hamas) émerge comme l’un des hommes les plus puissants du Hamas. Il sert d’intermédiaire entre les branches politique et militaire.

Huit mois après le cessez-le-feu, le Hamas a repris de plus belle ses constructions de tunnels, employant plus de 1 000 mineurs qui travaillent par tranches de trois gardes, six jours par semaine. Les matériaux utilisés pour les tunnels en béton ont été achetés au marché noir, ainsi que du bois et du plastique dur.

En outre, le Hamas entraîne une force d’élite navale et terrestre, connue en arabe sous le nom de Nukhba, et développe de nouveaux drones et missiles de longue portée financés par Téhéran.

Sur le front égyptien, le Hamas contribue de former des forces offensives dans la péninsule du Sinaï pour mener des attaques coordonnées contre Israël. Fournissant des armes et une assistance médicale aux membres de l’État islamique dans le Sinaï, le Hamas respecte strictement le cessez-le-feu avec Israël dans la bande de Gaza, empêchant le lancement de missiles.

Citant une source responsable de la sécurité égyptienne, l’agence de presse palestinienne Ma’an a rapporté mardi que l’Egypte prend des mesures plus énergiques pour empêcher la construction de nouveaux tunnels de Gaza vers le Sinaï, comme le pompage d’eau souterraine à l’aide de 50 machines pour inonder les tunnels, provoquant leur écroulement. L’Egypte prolonge également la zone tampon à la frontière avec Gaza de un à cinq kilomètres.

Dans les prochains mois, l’Egypte envisage de creuser un canal d’eau de la Méditerranée vers la pointe sud de Gaza, dans l’espoir d’éradiquer les tunnels souterrains une fois pour toutes.

Selon l’agence palestinienne Maan, Israël a également permis à l’Egypte d’introduire de l’artillerie lourde et des avions de combat F-16 dans le Sinaï, dans sa guerre contre les cellules terroristes locales, pour la première fois depuis la signature des Accords de paix de Camp David en 1979.

Israël comprend que la clé du calme durable dans la bande de Gaza réside dans une dissuasion militaire efficace alliée à une relative prospérité économique. Avec la frontière égyptienne fermée indéfiniment, la bande de Gaza, pauvre et dévastée, devient de plus en plus dépendante d’Israël.

Le nouveau gouvernement israélien va bientôt être prié de permettre à des centaines de journaliers de franchir Gaza, pour la première fois depuis des années.