Une journaliste de la télévision publique russe a été expulsée d’Ukraine pour « activités destructrices » après avoir diffusé un reportage montrant une fillette qui promet d' »égorger » les Russes sur fond de croix gammée, ont annoncé jeudi les autorités ukrainiennes.

Il s’agit d’un nouvelle épisode dans la guerre de l’information que se livrent les deux pays avec en toile de fond le conflit armé opposant dans l’est de l’Ukraine les forces loyales à Kiev et les séparatistes prorusses.

La journaliste de la chaîne russe Pervy Kanal, qui se trouvait en Ukraine depuis le 19 juin, a été expulsée mercredi et interdite d’entrée dans le pays pour trois ans, ont indiqué les services de sécurité ukrainiens (SBU), qui assurent avoir « stoppé une campagne de propagande des services spéciaux russes ».

Dans son reportage diffusé le 24 juin, Alexandra Tcherepnina accuse les autorités pro-occidentales de Kiev de favoriser le nationalisme « antirusse », voire de répandre la haine à l’égard de la Russie parmi les jeunes Ukrainiens.

Elle utilise des séquences vidéo dont l’origine n’est pas toujours indiquée sur lesquelles on peut voir notamment une fillette filmée sur fond de croix gammée en train de faire le salut nazi et lancer qu’elle « ira égorger les Ruskoffs », ou encore des images de défilés aux flambeaux à la mémoire d’un héros nationaliste ukrainien controversé.

Dans une interview accordée à sa chaîne, la journaliste a indiqué avoir été brièvement interpellée par le SBU et interrogée sur ses activités en Ukraine, puis expulsée.

Le Kremlin a dénoncé une expulsion « inacceptable ». « Nous constatons une intolérance absolue à l’égard de la liberté de la presse » en Ukraine, a lancé Dmitri Peskov, porte-parole du Kremlin, cité par les agences russes.

Le Comité d’enquête russe a ouvert une enquête pour « détention illégale » et « entraves aux activités professionnelles d’un journaliste », dénonçant de « nombreux crimes commis par les autorités ukrainiennes contre les journalistes ».

L’Ukraine, dont les relations avec la Russie sont au plus bas, a privé d’accréditation de nombreux médias russes et expulsé plusieurs dizaines de leurs journalistes, accusés de propagande et désinformation.

Ces décisions ont valu à Kiev des critiques des ONG défendant les médias. Pour sa part, le Parlement européen a adopté mercredi une résolution qui demande aux gouvernements européens des actions et des aides financières pour « contrer la propagande et la désinformation russes au sein et en dehors de l’Union européenne ».