50 % des espaces ouverts d’Israël voient leur reproduction aviaire perturbée par le bruit routier
Cette analyse du paysage sonore, la première du genre, suggère que les bruits de la circulation pourraient également avoir un impact négatif sur 23 % des zones protégées
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Sue Surkes est la journaliste spécialisée dans l'environnement du Times of Israel.
Selon une nouvelle étude de l’université Ben Gurion du Néguev, la pollution sonore causée par le trafic routier pourrait affecter la reproduction des oiseaux dans près de la moitié des espaces ouverts d’Israël, y compris dans un peu moins d’un quart de ses zones protégées.
Les chercheurs sont parvenus à ces conclusions en élaborant ce qu’ils présentent comme la première carte du paysage sonore axée sur la faune sauvage.
En analysant la littérature scientifique et les données spatiales, ils ont combiné les réactions comportementales des oiseaux au bruit de la circulation, les distances à partir desquelles les oiseaux étaient perturbés, le volume de trafic et la variété d’habitats à travers Israël.
Ces derniers, couvrant 18 903 km², allaient des vergers et des zones arbustives denses aux forêts de pins plantées, en passant par des champs, des prairies et des zones humides. Tous ces habitats étaient situés à proximité d’une route.
« On sait que l’exposition à la pollution sonore perturbe les comportements fondamentaux de survie, notamment la recherche de nourriture, l’évitement des prédateurs et les soins parentaux », indique l’étude, publiée dimanche dans la revue People and Nature.
« Cependant, jusqu’à présent, les défenseurs de l’environnement ne disposaient pas d’un outil permettant de quantifier exactement la superficie de terres ‘perdues’ en raison de ces changements de comportement. »
« Le fait que près de la moitié de nos environnements non urbains perdent leur attrait pour les oiseaux nicheurs devrait être un signal d’alarme pour les autorités. La technologie permettant de réduire le bruit routier existe. Il nous faut simplement un changement de politique et une gestion ciblée pour l’appliquer à la conservation de la faune sauvage », a déclaré Yael Lehnardt, l’une des chercheuses.
Selon les chercheurs, certains oiseaux évitent de se reproduire à moins de trois kilomètres des routes, avec des variations en fonction de la densité de la végétation.
Ils ont constaté que lorsque le trafic était faible, les changements de comportement des oiseaux étaient plus marqués dans les zones à végétation dense, peut-être parce que les animaux ne pouvaient pas identifier la source du bruit et étaient donc plus stressés. À l’inverse, dans les zones ouvertes, où aucun arbre ne faisait office de barrière acoustique, le bruit du trafic intense avait un impact plus important.
Les chercheurs proposent d’intégrer les techniques de réduction du bruit, couramment utilisées pour protéger les zones résidentielles humaines, à la planification environnementale afin de préserver la biodiversité. Parmi les solutions envisagées, citons l’amélioration de l’entretien des routes, l’aménagement paysager stratégique et la création de corridors acoustiques dans les zones à forte valeur écologique.
« Même si nous pouvons modéliser et cartographier les niveaux de bruit physique, ces mesures ne nous indiquent pas directement comment un animal perçoit son environnement », explique Lehnhardt, qui a mené ces recherches avec le Dr. Gopal Murali.
« En adaptant la cartographie du paysage sonore, une méthode généralement utilisée par les urbanistes pour évaluer l’expérience subjective humaine, nous pouvons enfin voir le monde du point de vue des animaux. »
« Étendre ces recherches à d’autres espèces et sources de bruit nous aidera à identifier les endroits où le bruit provoque des ‘dommages invisibles’ », a indiqué le Pr. Oded Berger-Tal, qui a supervisé ces travaux en collaboration avec le Pr. Uri Roll.
« Il s’agit d’une étape cruciale pour promouvoir des politiques qui considèrent le bruit comme un polluant environnemental majeur. »
Cette étude a bénéficié du soutien de l’Autorité israélienne de la nature et des parcs (INPA), de la Fondation israélienne pour la science (ISF) et de la Fondation israélo-américaine pour la science (BSF).
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