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7 manifestants anti-Israël condamnés pour avoir bloqué le Golden Gate Bridge en 2024

Le jury dans l'impasse sur l'accusation de « complot criminel » liée au blocage d'un axe routier lors d'une manifestation contre la guerre menée par Israël à Gaza ; les condamnés encourent jusqu'à 5 ans de prison

Aysha Abraibesh menant un chant tandis que des manifestants anti-Israël bloquent la circulation sur le Golden Gate Bridge, à San Francisco, le 14 février 2024. (Crédit : Noah Berger/AP)
Aysha Abraibesh menant un chant tandis que des manifestants anti-Israël bloquent la circulation sur le Golden Gate Bridge, à San Francisco, le 14 février 2024. (Crédit : Noah Berger/AP)

Jeudi, un jury de San Francisco a reconnu coupables de délits mineurs sept manifestants qui avaient bloqué la circulation sur le Golden Gate Bridge lors d’une manifestation anti-Israël organisée en 2024 pour dénoncer les actions d’Israël à Gaza. Le jury n’est toutefois pas parvenu à se mettre d’accord sur le chef d’accusation plus grave de complot criminel.

Le jury a reconnu chacun des sept manifestants coupable de six délits, notamment de séquestration, d’entrave à la circulation et de rassemblement illégal, a indiqué Brooke Jenkins, procureure du district de San Francisco, dans un communiqué.

L’un des accusés a également été reconnu coupable d’un autre délit, celui d’avoir refusé de se disperser, a précisé Jenkins.

Les manifestants seront condamnés en août et encourent jusqu’à cinq ans de prison dans un établissement pénitentiaire du comté.

Selon les médias locaux, les sept manifestants sont Bhavika Anandpura, River Allen, Rocky Chau, Sara Cantor, Conrad de Jesus, Sarah Ferrell et Em Tillotson.

Cette manifestation du 15 avril, à l’instar de nombreuses autres organisées par des militants anti-israéliens aux États-Unis, a conduit au blocage de routes dans tout le pays, provoquant des embouteillages et paralysant temporairement l’accès à certains des aéroports les plus fréquentés.

En 2024, des manifestations de grande ampleur ont éclaté aux États-Unis, réclamant la fin de la guerre menée par Israël contre le groupe terroriste palestinien du Hamas à Gaza et la fin du soutien apporté par Washington à Israël. Les manifestants ont également appelé les universités à retirer leurs investissements des entreprises soutenant Israël.

Le jury n’a pas pu parvenir à un verdict concernant le chef d’accusation le plus grave : le complot criminel, soit un accord entre deux personnes ou plus en vue de commettre un crime, accompagné d’un acte manifeste, qui aurait pu entraîner une peine pouvant aller jusqu’à quinze ans de prison en cas de condamnation.

« À ce stade, nous allons évaluer nos options et réfléchir aux prochaines étapes », a déclaré Jenkins.

Les avocats de la défense ont fait valoir que les manifestants agissaient par sens du devoir moral, considérant qu’ils devaient s’opposer aux conséquences dévastatrices de la guerre menée par Israël à Gaza et au soutien apporté par Washington à son allié.

Ils ont également souligné que les manifestants avaient choisi de bloquer le pont après que d’autres méthodes, notamment l’envoi de lettres et les appels lancés aux représentants du Congrès, se sont révélées sans effet.

Le bureau de Jenkins a, quant à lui, fait valoir que la manifestation avait paralysé la circulation pendant quatre heures, mettant en danger la sécurité des personnes bloquées dans les embouteillages.

Nuha Abusamra, qui représentait l’un des accusés, a déclaré que cette condamnation pour des chefs d’accusation mineurs constituait une victoire, a rapporté le média local KQED.

« Occuper un pont et bloquer la circulation pendant plusieurs heures il y a quelques années, c’est le minimum que nous puissions faire en tant que citoyens américains, alors que l’argent de nos impôts continue de financer le génocide de masse des Palestiniens », a-t-elle affirmé.

Israël insiste sur le fait qu’il mène ses combats dans le respect du droit international, et a rejeté les allégations de « génocide » ou d’autres crimes de guerre dans le cadre de sa campagne contre le Hamas. Jérusalem a par ailleurs souligné les appels à l’évacuation lancés avant les frappes aériennes, les efforts déployés pendant la majeure partie de la guerre pour faciliter l’acheminement de l’aide humanitaire, ainsi que le recours systématique du Hamas à des boucliers humains.

Cantor, juive et américaine, a expliqué que c’était son sentiment vis-à-vis de la Shoah qui l’avait poussée à manifester contre les actions d’Israël à Gaza.

Dans une interview accordée en mai à KQED, Cantor a déclaré : « Enfant, j’étais véritablement obsédée et troublée par la question de savoir quelle sorte de personne j’aurais été à cette époque, comment j’aurais agi. »

« J’ai décidé que si je m’étais retrouvée dans cette situation, ou si je devais un jour me retrouver dans une situation semblable, je résisterais, je ne détournerais pas le regard, et je veillerais à me battre pour l’humanité de tous », a-t-elle ajouté.

Des Gazaouis inspectant les décombres d’un bâtiment détruit lors d’une frappe aérienne israélienne à Khan Younès, dans le sud de la bande de Gaza, le 7 juin 2026. (Crédit : Abdel Kareem Hana/AP)

La guerre à Gaza a été déclenchée par l’invasion meurtrière menée par le Hamas dans le sud d’Israël le 7 octobre 2023, qui a causé la mort de plus de 1 200 personnes, pour la plupart des civils.

Selon le ministère de la Santé de Gaza, administré par le Hamas, plus de 72 000 personnes ont été tuées dans la bande de Gaza pendant la guerre, dont plus de 1 000 depuis le cessez-le-feu d’octobre 2025- un bilan qui ne fait toutefois pas la distinction entre civils et terroristes.

L’armée israélienne estime que le bilan avancé par le Hamas est globalement exact. Les responsables de Tsahal estiment en effet que deux à trois civils ont été tués pour chaque terroriste tué.

L’armée indique avoir tué plus de 23 000 terroristes à Gaza et 1 600 autres sur le territoire israélien lors du 7-Octobre.

Israël a fait savoir qu’il cherchait à limiter au maximum les pertes civiles, soulignant que le Hamas utilise les civils de Gaza comme autant de boucliers humains, menant ses attaques depuis des zones civiles, notamment des habitations, des hôpitaux, des écoles et des mosquées.

L’équipe du Times of Israel a contribué à cet article.

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